Mon élevage de lapins nains est situé dans les Yvelines (78), sur la commune de Mézières-sur-Seine, à une cinquantaine de kilomètres au Nord-Ouest de la capitale (sur un axe Paris-Rouen) ; un élevage idéalement positionné à 2 km de l'autoroute A13 (sortie Epône-Mézières), ainsi que de la gare SNCF d'Epône-Mézières.

 

Eleveur-sélectionneur de lapins depuis 55 ans, en ayant obtenu les plus hautes distinctions en concours d'aviculture avec, entre autres, le prix du Président de la République (Vase de Sèvres, comme photo ci-contre), j'élève, pour la préservation des races, des lapins nains :

 

- FEU NOIR (le manteau est noir et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont feu),


- FEU HAVANE (
le manteau est havane et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont feu),


- FEU BLEU (
le manteau est bleu foncé et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont feu),


- FEU FEH (le manteau est bleu gris clair
et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont feu clair),

 

- LOUTRE NOIR (le manteau est noir et le ventre présente un mélange de blanc et de feu),


- LOUTRE HAVANE (
le manteau est havane et le ventre présente un mélange de blanc et de feu),


- LOUTRE BLEU (
le manteau est bleu foncé et le ventre présente un mélange de blanc et de feu),


- LOUTRE FEH (
le manteau est bleu gris clair et le ventre présente un mélange de blanc et de feu clair),

 

- LOUTRE BRUN (le manteau est brun et le ventre présente un mélange de blanc et de feu),


- NOIR ET BLANC (
le manteau est noir et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont blancs),


- BLEU ET BLANC (
le manteau est bleu et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont blancs),

 

- BRUN ET BLANC (le manteau est brun et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont blancs),

 

- GRIS ET BLANC (le manteau est gris clair et le ventre, la nuque, l'intérieur des oreilles sont blancs).

 

 

Mes lapins reproducteurs, d'une extrême qualité raciale, issus de lapins achetés notamment en Allemagne, Hollande, Belgique et Luxembourg me d'obtenir des lapereaux bien typés, des lapereaux qui, de plus, ont reçu tous les traitements vétérinaires favorables à une longévité de vie maximale (coccidiose et entérocolite).

 

Mes lapins sont habitués à être manipulés, une manipulation qui en fait des animaux de compagnie très dociles... parfaitement adaptés à être les futurs compagnons de jeux de vos enfants.

 

La visite de mon élevage est possible, le week-end et jours de semaine, sur simple demande.

 

Pour me joindre, envoyez-moi un message en vous servant de l'option "Contact" de ce site ou, contactez-moi sur mon portable au 06 58 72 96 17 (en n'hésitant pas à me laisser l'objet de votre appel sur mon répondeur si, dans l'instant, je ne peux vous répondre et ce, pour me laisser la possibilité de vous rappeler) ou, en m'adressant un SMS ou, enfin, en m'appelant sur mon fixe au 01 30 95 33 71.

 

Enfin, n'hésitez pas à aller sur Facebook en indiquant dans la fenêtre de recherche : LES LAPINS NAINS DES ENTES pour voir les avis portés par des personnes ayant visitées mon élevage ou bien, en indiquant, toujours dans la fenêtre de recherche : DANIEL NOLD et ce, pour visionner les photos des lapins nains de mon élevage, photos accompagnées d'un texte mentionnant le sexe et la race exacte de chaque lapin.

 

Sur mon site Internet (*), vous trouverez, ci-après, de nombreux articles écrits par des éleveurs de réputation, ainsi que par d'éminents spécialistes du monde cuniculicole ou, par moi-même, au cours des années passées... Vous y trouverez aussi de très nombreuses photos des lapins nains de mon élevage...

 

Bonne découverte !

 

Daniel NOLD

 

(*)  Mon site Internet est à visionner, de préférence, sur ordinateur car sur tablette et sur smartphone il est possible que vous n'ayez que la vision des textes des articles. Si vous êtes dans ce cas, et si vous souhaitez accéder aux photos des races de lapins que j'élève, cliquez sur les 3 petits traits blancs se trouvant en haut et à droite de la page d'Accueil. Ensuite, choisir ''Contact'', puis faire défiler la page vers le bas... Toutes les photos sont alors à votre disposition, juste après le visuel "Contactez-nous".

 

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Un élevage situé en île-de-France



 

 

DES BRANCHES RECOMMANDEES

ET NON RECOMMANDEES POUR LES LAPINS

 

            Les incisives des lapins poussent à n’en plus finir et seule l’usure continuelle les maintient à la bonne longueur. Ce travail d’érosion est facilité par le grignotage de matériaux assez durs, comme le bois : il arrive souvent que des lapins, élevés en clapier de bois, se mettent à ronger leur logis.

Le fait de consommer du bois a aussi une action bienfaisante sur le mécanisme de la digestion. Les fibres ‘’dures’’, incluses dans le bol alimentaire, facilitent le transit intestinal.

            Il suffit de donner quelques branches aux lapins en clapier, pour se rendre compte qu’ils les apprécient et s’en régalent. Mais attention ! Toutes les essences de bois ne sont pas comestibles ; certaines sont même franchement toxiques.

 

Sont recommandés : le saule (anticoccidien), le robinier (riche en azote), l’aulne et aussi le bouleau, le charme, l’érable, le frêne, le merisier, le noisetier, le peuplier, le tilleul... genêts et ajoncs... En période de végétation, ces branchages peuvent être (c’est recommandé) distribués avec leur feuillage.

 

Parmi ceux à ne pas donner : l’if, le buis, le laurier rose, le laurier cerise et le thuya...

 

 

LE SAULE

 

            Parmi les compléments alimentaires aux vertus diététiques, voire même médicinales que sont les produits de taille d’arbres et arbustes feuillés ou non (ex : framboisier, noisetier, pommier, acacia, etc.), utilisés dans mon petit élevage, le saule a remporté la palme auprès de mes pensionnaires.

 

            Le saule, symbole de vitalité, autrefois utilisé comme succédané de l’aspirine et riche de plus de 300 variétés, dispose, à mes yeux, de maints atouts, dont pêle-mêle et sans être exhaustif : 

  1. ·      plantation possible dans divers types de terrains et cela contrairement aux idées reçues,

  2. ·      végétal se prêtant à une taille sévère,

  3. ·      aide à la diversification de l’alimentation,

  4. ·      vertus anti-coccidiennes avérées,

  5. ·      fourrage ‘’hors sol’’ à l’abri des déjections de canidés,

  6. ·      friandise ludique permettant l’entretien de la denture du lapin,

  7. ·      aliment frais riche en minéraux et vitamines.

     

                Mais, afin de mettre à profit toutes les qualités du saule et, si vous ne disposez pas de saules têtards à proximité de l’élevage, ni d’un espace important destiné à sa culture, faites comme moi l’expérience de contraindre cet arbre magique en une haie plus ou moins basse : il sera ainsi toujours disponible.

                Pour ce faire, mettez en place, à l’automne ou au printemps, 2 à 4 boutures de saule de vanniers à l’écorce souple, charnue et dorée, par mètre linéaire ; enfoncez-les à un bon tiers de leur longueur, à la main ou au moyen d’un pieu, selon leur taille (de 60 cm à 1,5 m) et leur section (10 à 100 mm).

                Ces mini-saules têtards auront tôt fait de ramifier et offriront leurs savoureuses pousses ainsi que des branches de sections diverses presque toute l’année.

                En conclusion, il ne vous reste plus qu’à faire du saule un précieux auxiliaire indispensable au bonheur de vos lapins.

 

Christophe CHARBONNIER

Cuniculteur amateur (Haute-Saône)

 

 

 

DES PLANTES AROMATIQUES POUR NOS LAPINS

 

 

LE PERSIL

 

 

            Nom latin : petroselinum crispum (persil frisé), petroselinum sativum (persil plat) ; famille des ombellifères. C’est sans doute la plante aromatique la plus connue et la plus répandue. On l’utilise depuis des millénaires, pour ses vertus culinaires et thérapeutiques. C’est une petite plante buissonnante, aux feuilles vert vif, très découpées. Le persil commun ou persil plat, est de loin le plus aromatique. Le persil frisé est très joli pour décorer les plats mais il est plus fade. Les feuilles sèchent assez bien et se conservent également congelées. Il faut éviter de récolter le persil sauvage car il peut être confondu avec la ciguë, dont les feuilles renferment un poison vénéneux. Il faut donc éviter de cueillir le persil en pleine nature car les deux plantes se ressemblent beaucoup et leurs différences (taches rouges sur les tiges, odeur fétide et fleurs blanches pour la ciguë) ne sont vraiment sensibles qu’aux yeux. Ce conseil est également valable pour le cerfeuil, autre parent de la famille des ombellifères, aux feuilles fines et découpées comme celles du persil et de la ciguë.

 

            Culture : le persil se sème au printemps mais c’est un capricieux, qui met un certain temps à lever. Cela explique sans doute toutes les superstitions qui entourent cette plante. Il aime les sols riches et les situations bien exposées. En étalant les semis, il est possible de récolter le persil pendant une grande partie de l’année. Il vaut mieux supprimer les fleurs (pendant l’été), car elles fatiguent la plante et les feuilles sont beaucoup plus dures.

 

            Cuisine : c’est le favori des herbes condimentaires. Celui qu’on vous offre avec le sourire, en même temps que la viande ou le poisson. La persillade, à base de beurre, de persil et d’ail haché est un grand classique, pour accompagner les viandes rouges grillées et surtout les escargots, qui sans ce beurre d’herbes perdraient beaucoup de leur intérêt. Il vaut mieux le consommer frais car c’est là qu’il a le plus de goût. Une fois coupé, on peut le conserver plusieurs jours au réfrigérateur, dans un bocal de verre fermé. Il est préférable d’éviter de le hacher trop fin (au mixer par exemple), car il perd une partie de son arôme. Il est aussi simple de mettre quelques tiges dans un verre et de les couper au ciseau, jusqu'à la finesse requise. Le hachoir à l’ancienne, arrondi et à deux manches, est également très utile.

 

            Médecine : le persil est très riche en vitamines C et A. La décoction de graines (30 g pour 1/4 de litre d’eau) joue un rôle bénéfique pour les femmes souffrant de troubles au moment des règles. Autrefois, quand les taches de rousseur étaient considérées comme un défaut de l’épiderme, il était conseillé de les tamponner avec un peu de suc frais, pour les atténuer. Une goutte de jus de persil frais peut aussi calmer les irritations bénignes de l’œil.

 

            Une plante aromatique utile au Cuniculiculteur : lorsque qu’une femelle, pour diverses raisons, abandonne une portée, la distribution, d’une ou de deux branches de persil, a le pouvoir de lui couper la montée de lait. Le persil, qui est une plante extrêmement odoriférante (lors du frottage de ses feuilles) peut aussi permettre à chaque éleveur que nous sommes, en s’en frictionnant les mains (afin de dissimuler toute odeur humaine), de pouvoir examiner, en toute quiétude, les lapereaux qui viennent de naître. Bien évidemment, il est hors de question, contrairement au thym, de laisser traîner des branches de persil dans la cage de la femelle, car comme précisé précédemment, la montée de lait, en cas d’absorption de ces branches de persil, par la femelle, serait stoppée.

 

 

D’après : ‘’les plantes aromatiques’’ de Laura Fronty, éditions du Chêne

 

 

 LE ROMARIN

 

 

            Nom latin : rosmarinus officinalis ; synonymes : rose marine, encensier, herbe aux couronnes ; famille des labiées. Cet arbrisseau, aux rameaux durs, couverts de petites feuilles vert cendré, très fines et pointues, est un hôte habituel des garrigues et des terres sauvages du bassin méditerranéen. Ses feuilles dégagent une odeur spéciale, un peu résineuse et très reconnaissable (qui lui a valu son surnom « d’encensier » dans certaines régions). Il fleurit de la fin de l’hiver à la fin du printemps et les fleurs suivant les espèces sont bleu azur ou bleu pâle.

 

            Culture : il vaut mieux acheter le romarin en godet, à repiquer au printemps ou à l’automne. C’est une plante très facile et qui s’acclimate à peu près partout. Il faut simplement protéger le pied des grands froids (en dessous de moins 10 degrés centigrade) et le planter dans un lieu ensoleillé. Il pousse rapidement et pour lui conserver une forme élégante, il faut tailler les branches régulièrement. Il se reproduit par bouture de tige, en cassant un rameau que l’on replante directement en terre, de préférence au printemps ou en automne. C’est une excellente plante de balcon ou de terrasse.

  

            Cuisine : il accompagne merveilleusement toutes les viandes et les poissons grillés, à condition de ne pas en abuser car son arôme est très puissant. Autrefois, comme le thym, c’était une des plantes que l’on employait systématiquement pour les marinades, car ses vertus bactéricides permettaient de conserver les viandes. En Italie, on accommode parfois pommes sautées et frites de poudre de romarin, qui donne une saveur originale aux pommes de terre.

 

            Jardin : il existe plusieurs formes de romarins. Les arbustes buissonnants peuvent former des haies dans un jardin d’herbes car il se prêtent bien à la taille. Les formes rampantes sont très décoratives sur les terrains en pente, les rebords de muret, les rocailles ou pour garnir une grande vasque.

 

            Médecine : pris en infusion, le romarin est un tonique. Il stimule les fonctions digestives et le système nerveux. Lorsqu’il y a des rhumes dans la maison, on peut désinfecter l’atmosphère en faisant bouillir du romarin dans une grande casserole d’eau ou mieux encore, dans une cocotte minute, dont le débit de vapeur se répandra mieux. On peut aussi mettre quelques gouttes d’essence sur un diffuseur posé sur une ampoule électrique. En compresse (quelques gouttes sur une compresse mouillée d’eau très chaude), l’essence de romarin soulage les douleurs articulaires et rhumatismales.

 

            Beauté : si l’on en croit la légende d’Elisabeth de Hongrie, le romarin est connu depuis fort longtemps pour ses vertus. Une infusion préparée avec 60 grammes de feuilles fraîches pour un litre d’eau, utilisée en rinçage pour les cheveux, les fortifiera et leur donnera de beaux reflets. C’est également une bonne lotion tonique pour la peau du visage, censée être antirides... Pour la peau toujours, on utilisera de l’huile de romarin, préparée en laissant macérer quelques branches fraîches dans de l’huile d’amandes douce (ou toute autre bonne huile végétale), à employer en massages réguliers. Enfin, l’essence de romarin entre dans la composition de la plupart des eaux de Cologne.

 

            Une plante aromatique utile au Cuniculiculteur : le romarin peut être donnée à nos animaux pour favoriser leur appétit. C’est, en quelque sorte, une plante apéritive.

 

 

 

D’après : ‘’les plantes aromatiques’’, de Laura Fronty, éditions du Chêne

 

 

LA MENTHE

 

 

            Nom latin : mentha viridis (menthe verte), mentha piperata (menthe poivrée), mentha pulgium (menthe pouillot) ; famille des labiées. Il existe un grand nombre d’espèces de menthe, dont la plupart poussent à l’état sauvage. Ce sont des plantes vivaces, aux tiges quadrangulaires et aux longues feuilles pointues, lisses ou poilues et plus ou moins dentées. Elles fleurissent l’été, en donnant des petites fleurs mauves, blanches ou rosées suivant les espèces et les variétés.

 

            Culture : il vaut mieux acheter la menthe en godet et la repiquer au printemps ou à l’automne. Il faut se méfier d’elle car c’est une envahisseuse au jardin, qui a tendance à tout étouffer sur son passage. Elle tolère la mi-ombre et le soleil mais déteste la sécheresse. Pour limiter les visées expansionnistes de cette plante, il faut prendre des mesures draconiennes. Comme par exemple les mettre en terre, dans un pot sans trou de drainage ; sinon, les racines s’échappent par cette issue et donnent bientôt naissance à de nouvelles menthes, qui se reproduisent comme du chiendent.

 

            Cuisine : Les français font la fine bouche devant l’habitude qu’ont les Anglais de manger du gigot à la menthe, mais en fait c’est un accompagnement délicieux. Les feuilles de menthe fraîche sont finement hachées et macèrent dans du vinaigre, avec de l’échalote émincée, du sel et du poivre. Au Maroc et dans la plupart des pays arabes, on sert le thé à la menthe bouillant et très sucré. Au Viêt-nam et en Thaïlande, les feuilles de menthe fraîche sont servies à part et accompagnent beaucoup de viandes grillées et de petits pâtés que l’on enroule dans une feuille de salade garnie de menthe, avant de les tremper dans une sauce plus ou moins pimentée ou épicée.

 

            Jardin : comme il existe un grand nombre d’espèces, il peut être intéressant de les mélanger. Les plus connues sont la menthe verte et la menthe poivrée, que les Anglais appellent peppermint. La menthe-citron, M. citrata, dégage une odeur un peu citronnée. Il existe aussi une variété à feuilles panachées de jaune et de vert : M. variegata, à la senteur un peu épicée. Quant à la menthe pouillot, ses feuilles sont plutôt petites, arrondies et velues, de couleur cendrée et elle fleurit en rose. C’est une bonne espèce pour les rocailles car c’est une plante à port rampant.

 

            Des qualités insecticides : il est conseillé de mettre des feuilles de menthe dans la litière des chiens et dans leur niche, ou d’en frotter le pelage des animaux infestés de parasites (en outre, ils sentiront très bon !).

 

            Maison : Depuis l’antiquité, la menthe pouillot est censée éloigner les puces, d’ou son nom dérivant de pulex, le nom latin de la puce.

 

            Médecine : la menthe est l’une des plantes médicinales les plus employées et les plus cultivées. En France, c’est Milly-La-Forêt, en Ile-de-France, qui est un peu sa capitale. On l’utilise sous forme d’essence ou d’infusions. Toutes les menthes sont toniques, stimulantes et anti-spasmodiques. Elles soulagent les digestions difficiles et les maux d’estomac. Il faut la prendre à petites doses (10 à 20 g pour un litre d’eau bouillante).

 

            Une plante aromatique utile au Cuniculiculteur : la menthe peut être donnée à nos animaux pour favoriser leur appétit.

 

 

D’après : ‘’les plantes aromatiques’’ de Laura Fronty, éditions du Chêne

 

 

 

MIEUX CONNAITRE LE LAPIN

 

 

 

COMMENT MANGENT LES LAPINS ?

 

 

Combien d’éleveurs connaissent, même approximativement, l’anatomie du lapin, son organisme, les fonctions digestives, le mécanisme de sa reproduction ?

 

Et cependant nul, d’entre nous, n’ignore le mécanisme de son automobile ou la réparation de sa bicyclette. Exploiter une machine fut-elle animale, sans en connaître les rouages et le fonctionnement, est une faute, une erreur.

 

Commençons donc, aujourd’hui, l’instruction de nos lecteurs, par quelques données essentiellement pratiques. Le lapin est destiné à produire de la viande, d’où l’importance de son système digestif. Pour se nourrir, il consomme des aliments qu’il commence à broyer à l’aide de ses dents.

 

C’est un rongeur une espèce animale caractérisée par la forme et la disposition de ses dents. Les rongeurs possèdent des incisives, des molaires, des prémolaires et pas de canines.

 

Les incisives des lapins sont longues, arquées, saillantes, on les aperçoit aisément. Les molaires, peu visibles, jouent un rôle important, elles aident à broyer les aliments solides et à les malaxer, alors que les incisives attaquent les fibres ligneuses et corticales. Ces incisives sont inégalement disposées : deux à la mâchoire inférieure et quatre à la mâchoire supérieure ; ces dernières présentant une disposition très particulière puisque les deux plus grandes sont placées devant les plus petites situées en arrière. En soulevant la lèvre du lapin on ne voit donc que deux incisives supérieures, alors que les postérieures exercent un rôle complémentaire utile.

 

Entre les incisives et les molaires existe un espace vide, on s’en aperçoit en dégustant, à table, la tête et la cervelle du lapin. A l’état vivant, cet espace est recouvert par un repli des lèvres

 

On se souviendra de cette particularité des lèvres, lorsque l’on voudra faire absorber aux lapins un médicament, une potion, de manière à bien placer la cuillère à café ou la seringue, utilisées pour ces traitements.

 

La dentition complète du lapin lorsque sont tombées les dents de lait, vers le 20e jour, comprend 6 molaires inférieures, 6 molaires supérieures ainsi que 4 prémolaires inférieures et 6 prémolaires supérieures. Ces dents ont une couronne large et plate dont l‘émail est sillonné de replis transversaux qui aident à la mastication.

 

Les incisives, deux en position inférieures et quatre en position supérieures, sont plus intéressantes encore à examiner. Elles présentent un biseau caractéristique qui tient à ce fait que ces dents viennent frotter l’une contre l’autre, la supérieure contre l'inférieure, de façon à s’user régulièrement et régulariser ainsi leur pousse.

 

Si cette usure ne se produit pas normalement, lorsque les incisives ne sont pas implantées régulièrement ou que l’une d’entre elles manque, l’autre se développe anormalement comme une sorte de défense ou vient s’implanter dans la gencive opposée. Il faut alors intervenir sous peine de dommage sérieux. On sectionnera l'incisive anormale avec une pince ou un sécateur et on recommencera l’opération à chaque pousse insolite.

        

              Il faut souligner que cette usure des incisives est obligatoire et qu’il faut la faciliter en fournissant aux lapins du foin, de la paille, mais encore des écorces, des branches à ronger. Ce besoin est si net que, très souvent, les lapins, d’eux-mêmes, attaquent les parois de leurs cages. Quelques éleveurs, vont même jusqu’à distribuer aux lapins des planchettes, mais il est préférable de donner aux lapins des branchettes, puisque les tiges d’arbres exercent une action tonique et salutaire, comme celles du saule, par exemple, dont l’acide salicylique combat les maladies parasitaires : la coccidiose, notamment.

 

             Le foin est indispensable au bon fonctionnement bucco-dentaire du lapin de compagnie. Il doit être riche en plantes variées, légumineuses et graminées, et séché au soleil pour un bon apport en vitamine D indispensable à la fixation du calcium. Le foin de luzerne est à éviter en raison de sa richesse excessive en calcium et, surtout, que cette luzerne est déjà présente dans les granulés. Le foin doit être distribué en petite quantité pour éviter trop de gâchis. Le foin de Crau, du nom de la plaine du même nom dans l'ancien delta de la Durance (qui s'inscrit entre Arles, Salon de Provence et Fos sur Mer), répond à toutes ces conditions grâce à ses qualités exceptionnelles. Il contient du trèfle des prés, du trèfle rampant, du dactyle pelotoné et du fromental. Arrosé et séché au soleil, il est fauché 3 fois par an et ne contient ni pesticides ni herbicides. Sa richesse en silice assure une bonne usure des dents grâce à son effet abrasif et en fait la meilleure prévention des problèmes dentaires. Le foin de Crau est le premier produit agricole non-vivrier à être préservée via une appellation d’origine contrôlée (AOC) enregistrée en 1997. Les balles sont reconnaissables grâce à une ficelle rouge et blanche.

 

 

L’ODORAT CHEZ LE LAPIN

  

 

            Considérant les sens du lapin, l’odorat est le plus développé si l’on tient compte de son rapport avec le milieu qui l’entoure et surtout de ses communications avec ses congénères. (éthologie).

 

            Nous pourrions penser que, de par la taille proportionnelle des oreilles, l'ouïe devrait être la plus importante et, certes celle-ci est très développée en tant qu’herbivore, mais la taille du pavillon auditif est plus apte à faciliter un échange calorique que l’ouïe proprement dite.

 

Il y a tellement de rapports entre l’odorat des lapins et leurs relations éthologiques que nous avons pensé qu’il était opportun de les analyser pour les appliquer à la conduite des lapins en captivité ou comme élevage organisé, pour l’améliorer, et nous l’appelons de cette façon car nous pensons que nous ne pouvons pas encore le qualifier de domestique, en particulier parce qu’il a une très grande relation éthologique avec la conduite, relation qui est à un niveau très supérieur à celle des animaux réellement domestiqués.

 

            Il n’y a pas, ou nous n’en avons pas trouvé de données d’application de cette caractéristique olfactive du lapin dans les études de “management”. Les travaux trouvés se réfèrent essentiellement à des données biologiques ou éthologiques, sans parvenir à des conclusions d’application pratique dans la conduite des opérations cunicoles. D’où l’intérêt de cette analyse. Comme c’est logique, le sens de l‘odorat n'aurait pas de raison d’être s’il n’y avait des fondements instinctifs pour vérifier et analyser des odeurs. Il y a beaucoup de produits naturels qui produisent des odeurs caractéristiques que l'odorat et la mémoire olfactive parviennent à déchiffrer, mais chez le lapin, la production d’odeurs est également très développée. Les “odeurs” produites par les lapins peuvent être classées selon trois endroits différents de production :

  1. ·        l’odeur glandulaire

  2. ·        l’odeur des urines

  3. ·        l’odeur de la mamelle

 

Odeur glandulaire

 

            Les lapins n’ont pas de glandes sudoripares qui, normalement, sont les productrices de l’attraction olfactive chez beaucoup d’autres animaux et, par conséquent, sont bien plus développées dans la production d’odeurs spécifiques, surtout, de rapport et de communication entre les animaux de la même espèce avec un substrat sexuel, dénommées “phéromones”.

 

Le lapin possède trois sortes de phéromones qui, dans leur ensemble, donnent l’identité individuelle à chaque lapin (Schalken 1976).

 

            Les phéromones sont produites par diverses glandes situées primordialement dans les environs de l’appareil sexuel et comme originalité, dans le menton. Dans les premiers jours de leur naissance, à notre avis, les lapereaux ne produisent pas de phéromo­nes et n’ont donc pas d’odeur propre, mais une odeur de groupe qui est fréquemment celle de la mère. La mère arrive à les reconnaître par leur odeur mais on peut la tromper en ajoutant des lapereaux adoptifs s’ils sont ensemble pendant quelques moments. La coutume de téter est déterminée par les phéromones maternelles. Sans ce facteur maternel, c’est-à-dire sans l’odeur de la mère éliminée par un lavage énergique, ou bien en bloquant le sens de l’odorat des lapereaux (Schellerg 1979), il a été vérifié que ceux-ci ne pouvaient pas trouver la mamelle et ne pouvaient donc pas téter.

 

            La température de la mère et les stimulants du toucher, ainsi que la réaction hormonale à l’action de la succion et de téter ont également une importance chez les lapins comme chez d’autres animaux, mais chez les lapins, l’odorat et les glandes productrices d’odeurs ont une plus grande importance, con­trairement à ce qui se produit chez d’autres espèces domestiques comme le veau ou le porcelet.

 

Au fur et à mesure que les lapereaux deviennent adultes, les ordres sociaux se définissent il y en a qui comman­dent, d’autres qui obéissent, aussi bien entre les mâles qu’entre les femelles.

 

Les mâles adultes et surtout ceux qui commandent font les “marques par grattage”, c’est-à-dire qu’ils grattent avec leur menton et imprègnent de phéromones tout objet pour le signaler ou “le marquer” comme territoire propre (Mykytowicz 1958).

 

            Les excréments propres ou d'autres lapins sont l’un des principaux objets qui se marquent de phéromones et, à défaut, les mâles marquent mieux les objets qui ne sont pas par terre et mieux avec une pointe émoussée (Vauberne 1979).

 

Quant aux femelles, les phéromones ont une importance dans leur développement sexuel outre la détermination de leur classification entre dominantes et soumises. Bien que les dominantes, comme chez les mâles, peuvent devenir soumises si elles trouvent plus dominante qu’elles et vice-versa. Il est démontré que les femelles sont mieux induites à la maturité sexuelle sous l’influence de phéromones mâles (Lombardi 1977).

  

 

Odeur des urines

  

            Tant chez le lapin sauvage que chez le “domestique”, en excrétant l’urine, celle-ci est normalement imprégnée d’odeur des phéromones, mais elle contient en outre un renseignement d’identification de chaque individu, lis parviennent à connaître le sexe, le statut social (dominance ou soumission) ainsi que le temps depuis lequel elle a été excrétée (Bell 1979).

 

            Les mâles passent davantage de temps à flairer l’urine de lapines non enceintes (même si elles ne sont pas en chaleur) que celle des femelles gestantes. Ils reconnaissent également les urines des femelles en les comparant à celles des jeunes mâles ou des vieux mâles.

 

            Cependant, lors des expériences réalisées, tous les animaux perdent de l’intérêt pour les urines au fur et à mesure que le temps passe après leur excrétion (Bell 1979).

 

Le lapin sauvage, chez les mâles dominants comme chez d’autres animaux ayant un territoire propre, indiquent une démarcation” ou propriété avec les urines outre le fait de marquer avec les phéromones du menton.

 

 

Odeur de la mamelle

 

            Comme excitant pour que les lapereaux tètent, les lapines en lactation produisent, outre les phéromones auprès de la mamelle, des odeurs propres produites par des sécrétions holocrines dans l’épithélium mammaire lui-même qui font que les lapereaux reconnaissent leur mère et les incitent à téter (Schaffer 1940).

 

            On a découvert plus récemment que, dans les conduits galactophores, il y a également des odeurs typiques et individuelles qui n’ont rien à voir avec l’odeur du lait qui devrait être la même pour toutes les lapines en raison de la composition du lait et ne devrait varier qu’avec les produits aromatiques consommés. A savoir que le lait produit par chaque lapine, surtout à la première tétée, est différent de celui des autres lapines (Müller 1978).

 

            Tout ce qui précède se réfère aux odeurs. Nous allons maintenant étudier la relation éthologique entre individus de sexe identique ou de sexe différent et qui définit leur domination ou leur soumission et nous pourrons voir la grande importance que possèdent les odeurs et lé sens de l’odorat sur toute reconnaissance de la domination (Black-Clewort 1975).

 

            Voici les définitions des différents pas et attitudes, dans l’ordre le plus fréquent où ils se produisent dans la nature :

 

Mouvements : lorsque deux individus se rencontrent, il y a une série de mou­vements, locomotion ou sauts qui augmentent si le “partenaire” s’éloigne ou qui décroissent s’il s’approche. Ces mouvements se font habituellement à une distance d’un mètre environ.

  

Exploration olfactive : ils flairent le sol, les murs, les objets qui existent et surtout les urines et excréments se trouvant dans le cercle d’exploration.

 

Marque par grattage : ils grattent avec le menton le sol, les murs, les objets, les urines, les excréments et d’autres animaux.

  

Exploration naso-nasale : ils explorent mutuellement leurs odeurs en s’appro­chant museau à museau.

 

Exploration naso-anale : le dominant explore davantage l’anus et le sexe de son partenaire.

 

Contrôle olfactif : étude des odeurs de tout le corps, mutuellement; et surtout le museau et l’anus.

 

Occupation : ils tâtent l’adversaire en se flairant mutuellement et le dominant mord le poil de son adversaire, allant jusqu’à lui tirer les oreilles, ce qui peut se terminer en lutte s’ils sont d’une domination semblable.

 

Actes sexuels : le plus dominant essaie de faire semblant de monter, il arrive même à donner des coups pelviques (hétérosexuel ou homosexuel) ce qui est le point culminant de différenciation entre dominants et soumis. Ce qui est cité par certains auteurs psychologues ou sociologues comme des actes homosexuels chez de nombreux animaux, ne correspond en réalité qu’à une démonstration de domination et ne correspond pas à des déviations sexuelles.

  

Face à tout ce qui vient d’être dit, nous pouvons parvenir à la conclusion de la grande importance de l’odorat dans la conduite des lapins et si nous l’analysons minutieusement, tout technicien en cuniculture et tout cuniculteur pourra améliorer cette conduite pour maintenir cet animal sensible dans un excellent confort et obtenir ainsi le rendement maximum.

 

            On peut croire que les réactions éthologiques des lapins sauvages et celles des animaux maintenus en captivité sont différentes ; mais il y a des études très importantes qui ont servi, outre la génétique, à démontrer que le lapin dit domestique correspond au même genre et espèce que le lapin sauvage européen (oryctolagus cuniculus).

 

            Si on laisse des lapins des variétés ou races actuelles en liberté, ils ont les mêmes réactions éthologiques et attitudes de relation, surtout les olfactives (Stodard 1964 et Mykytowycz 1979).

 

            Outre les nombreuses conclusions auxquelles on peut arriver étant donné l'importance que mérite l’étude éthologique en général et celui de l’odorat en particulier comme sens principal du lapin, nous allons signaler son rapport avec certains points de maniement quotidien et qui influent sur la productivité des élevages de lapin.

 

 

Relation éthologique avec la conduite de l’élevage

  

            Nous allons signaler deux points pour chaque étape d’exploitation, uniquement à titre d’exemple :

 

Lapereaux :     adoption (abandons)

 

          odeurs du nid (contenant et contenu)

 

Elevage remplacement :  situation des males

 

 premier accouplement (monte en groupe)

 

Reproducteurs :  groupement

 

        objets saillants

  

Engraissement :   odeur aliment

                                  pré-engraissement

 

 

Lapereaux

 

Adoption : les soins à prendre en faisant l’adoption d’individus en trop, provenant de portées excessives à des nichées moins grandes, sont déjà la norme pour les bons cuniculteurs ; mais si l’on connaît cette éthologie, on peut le faire encore mieux car il faut réaliser l’adoption dans de nombreuses portées, bien plus souvent qu’on ne le fait actuellement, car on sait que le poids et viabilité des adoptés sont pratiquement identiques que s’ils étaient nés de la mère adoptive (Lebas 1963).

  

Odeurs du nid : l’odeur spécifique du nid doit être la plus naturelle possible. Peut-être que le vice de certaines lapines d’uriner dans le nid, Outre la présence de saleté, peut être comme un symbole de marquage. Toute odeur anomale, surtout l’odeur de brûlé (rappel ancestral instinctif des incendies des prairies) et l’odeur de produits non naturels (désinfectants, produits chimiques, bois odorants, colles, etc.) sont l’une des causes principales d’abandon des portées, car la mère comme les petits n’y sont pas à l’aise (Camps 1979).

 

 

Elevage de remplacement

 

Situation des mâles : selon ce qui a été décrit, il conviendrait que les jeunes femelles soient placées près des mâles, même à côté ou au-dessus, pour qu’elles aient un “entraînement” olfactif. Leur développement sexuel et leur ultérieure acceptation de l’accouplement seraient améliorés par l’influence des phéromones des mâles.

 

Premier accouplement - Monte en groupe : Dans des élevages importants, il peut être intéressant de réaliser la monte en groupe des jeunes femelles (première fois) en laissant dix à douze femelles avec un mâle durant quelques jours. Mieux, par terre avec les excréments et les urines au même niveau pour qu’ils puissent être flairés, mais en surveillant, naturellement et avec soin l’aspect sanitaire.

 

 

Reproducteurs

  

Groupement : selon les expériences réalisées, les mâles et les femelles ont non seulement des préférences spécifiques de mutuelle attraction mais elles sont influencées dans leur cycle par le caractère de dominantes ou sou­mises et il est donc possible d’améliorer la monte en maintenant des groupes de 10-12 lapines pour chaque mâle, et toujours le même et de remplacer la femelle qui présentera des refus successifs.

 

Objets saillants : le désir de “marquer par grattage” que ressentent les mâles, contre les urines et avec des parties saillantes de la cage, parfois nuls et parfois coupants, provoque de la saleté sur la tête et des dépilations. il faudrait vérifier l’effet d’une saillie émoussée comme point de grattage. Et comme cet aspect, on peut en analyser beaucoup d’autres.

 

 

Engraissement

 

Odeur de l’aliment : aussi bien pour l’engraissement que pour la reproduction, il y a des refus de lots ou de sacs d’aliment dont ils ne veulent même pas goûter ou qu’ils jettent par terre, recherchant l’aliment qui leur plaît, simplement pour trouver une odeur qu'il nous est difficile de détecter par les moyens normaux d’analyse, soit chimique ou organoleptique. D’où la nécessité d’éviter des changements brusques de matières premières et que celles-ci soient de qualité (présence de moisissure, insecticides, etc.) plutôt que d’essayer de masquer ces odeurs à base d’un contenu excessif d’aromatisants qui peuvent être un facteur de gêne s’ils sont excessifs ou si l’on n’a pas vérifié qu’ils sont attrayants.

 

Pré-engraissement : des expériences personnelles démontrent qu’il est bon d’avoir une cage pour le pré-engraissement dans le local de maternité, si l’on en possède un séparément du local d’engraissement, pour 10-12 lapines. Dans cette cage on mettra les lapereaux qui viennent d’être sevrés durant la semaine pour les passer ensuite, à une date déterminée (moyenne du séjour 4-5 jours) au local et aux cages d’engraissement. Chaque cage peut abriter jusqu’à 20 lapereaux, s’il y a assez de place pour la mangeoire et l’abreuvoir, et outre l’odeur et la présence de leur mère voisine qu’ils perçoivent, ils ont plus chaud puisque le groupe est plus important, ce qui est économiquement intéressant pour le cuniculteur, (chaque cage économise deux cages engraissement). La mortalité par “crise de sevrage” disparaît en grande majorité avec ce système.

 

Tout le chapitre de la relation éthologique avec la conduite de l’élevage ne sont que des exemples pour voir les applications, et elles sont nombreuses, de la reconnaissance de ce grand sens de l’odorat chez le lapin et de l’adapter aux normes actuelles et futures de conduite de façon à obtenir les meilleurs résultats dans toute opération cunicole. Il faut insister sur la recherche appliquée des normes éthologiques pour pouvoir les appliquer à la pratique au bénéfice du confort de l’animal et, par conséquent, des résultats de l’opération.

 

 

Docteur Jaime CAMPS

 

 

 

TECHNIQUE D'ELEVAGE

 

 

 

LE CLAPIER

 

 

Nous sommes nombreux à élever quelques lapins, avec l’objectif d’obtenir le plus beau sujet à l’exposition. Mais combien de paramètres entrent en jeu, pour parvenir à ce résultat ? Parmi ceux-ci le clapier tient une grande place.

 

Dans la plupart des cas, l’éleveur réalise sa propre installation en fonction des lieux, des matériaux et du budget à sa disposition.

 

Encore doit-il connaître les règles essentielles, afin d’acquérir, de par la conception de cet abri, le meilleur rendement sur le plan sanitaire.

 

Un bon emplacement, des constructions spacieuses, indépendantes, une température ambiante comprise entre 14 et 18°, la tranquillité et une propreté irréprochable, sont les exigences indispensables pour réussir. Nous devons donc :

 

  1.  Fournir à nos protégés, un grand volume d’air pur et rechercher un éclairage correct, l’orientation à l’Est et Sud-Est reste idéale. L’installation de grands auvents en saillie de 70 à 80 cm inclinés vers l’arrière permet de protéger les Jeannots des rayons solaires trop ardents et l’éleveur, contre la pluie pendant les travaux d’entretien. 

  2.  Proscrire l’humidité, les courants d’air, le surpeuplement(1) et les odeurs d’ammoniaque. Dans la case les urines doivent s’écouler librement grâce à un fond pourvu d’une pente ad hoc. La litière(2) doit rester sèche et en la renouvelant toutes les trois semaines, cela reste une saine solution.

  3. Munir l’installation d’une mangeoire, d’un abreuvoir et d’un râtelier. En principe pour un petit élevage une mangeoire en béton difficilement déplaçable par un lapin, un abreuvoir de type «glou-glou » à niveau constant d’un prix abordable, facile à nettoyer et un petit râtelier suffisent.

  4.  Protéger vos lapins des visiteurs de tout poil : chiens, chats, rats, souris etc. Cela leur évitera des frayeurs nuisibles souvent cause d’avortement chez la lapine en gestation. 

Après avoir passé en revue les considérations générales qui ont fait leurs preuves, voyons quels matériaux utiliser pour obtenir des clapiers simples(3), solides et confortables.

  1.  Le bois : Les clapiers ont longtemps été construits en bois avec une épaisseur variable selon l’utilisation, extérieure ou intérieure. Ils sont très sains car le bois est le matériau le plus isotherme(4) et peuvent durer si nous prenons soin de les enduire de carbonyle. Ils peuvent être bon marché puisque, à la portée du petit bricoleur.

  2. Le ciment et le fibrociment : Plus récents de fabrication, ils sont pratiques, robustes, démontables et faciles à désinfecter. Mais, ils sont froids l’hiver et chauds l’été. Dans nos régions, leur emploi nécessite donc l’utilisation de paillassons pour réguler la température. De nos jours et dans un certain sens avec regret, nous pouvons en trouver d’occasion à des prix très intéressants.

  3. Le grillage : Convient surtout en élevage industriel, pour des animaux adaptés à ce genre de production. L’exemple du Rex est significatif, puisque son élevage dans cette condition est encore plus complexe que celui des lapins à poils normaux et son élevage, sur grillage, est franchement à déconseiller, cela à cause du raccourcissement du système pileux et de l'amincissement de la peau elle-même. Ces raisons sont souvent à l'origine des pattes dénudées ou, cas extrême, de plaies sous la plante des pattes arrières.

 

Quel que soit le matériau retenu en élevage familial ou sportif… bois ou ciment, il reste un point important à signaler : le lapin aime bien avoir un coin au calme, notamment les femelles lors de la mise bas. En conséquence, il s’avère judicieux de laisser sur la façade un côté fixe, tout en maintenant la possibilité que cette façade de case soit amovible sur son ensemble, cela facilitera les opérations d’entretien avec, au passage, un gain de temps.

 

En conclusion, le matériau importe peu si l’éleveur respecte les quelques principes précités. Sans oublier, comme dans d’autres domaines, que, généralement, le plus simple est souvent le plus pratique.

 

 

Guy CORNET

Eleveur cunicole amateur

 

 

 

L’ELEVAGE DU LAPIN

 

 

PREAMBULE

 

Le lapin est un mammifère (Oryctolagus Cuniculus). C'est un animal doux, sympathique, très facilement apprivoisable, propre, très prolifique et peu onéreux d'entretien.

 

C'est le seul mammifère qui ne soit pas un concurrent direct de l'homme, car, par son phénomène de cæcotrophie (réingestion des crottes molles), il peut digérer la cellulose et peut donc survivre en ne se nourrissant que de branchages et d'eau. De plus, dans notre monde actuel fait de micro-ondes et de hamburgers, la viande de lapin est l’une des plus diététique : pauvre en graisses (6%), bon taux de protéines (21 %), très bonne qualité gustative ; elle est l'une des plus facilement utilisable (cuisine rapide, à l'ancienne, moderne et diététique : plus de 300 recettes recensées à ce jour.

 

A l'origine sauvage, mais actuellement domestiqué, il faut se rappeler que le lapin a les incisives (4 supérieures, 2 inférieures) et les ongles qui poussent en permanence, donc, il est souhaitable que le lapin ait toujours quelque chose de dur à ronger, à sa portée (morceau de bois par exemple) et qu'il puisse s'user les ongles (cages en ciment). Si tel n’est pas le cas, l’éleveur se doit de les lui épointer régulièrement.

 

La Fédération Française de Cuniculture s’est toujours efforcée de conserver les différentes races de lapin, de les améliorer afin de préserver le réservoir et le potentiel de tous ces animaux.

 

Le premier critère de choix restant le plaisir de l’œil, puis la taille du lapin en fonction du nombre de personnes dans la famille, de la place disponible pour l'élevage, des buts recherchés (concours, expositions, revente aux particuliers, alimentation familiale ou loisirs).

 

Il faut aussi orienter son choix en fonction du climat local et des races plus ou moins adaptées à celui-ci.

 

Il faut acheter ses lapins à un éleveur réputé pour son sérieux qui vous fournira des animaux sains, de qualité et de souches différentes ou alors s’adresser à deux éleveurs.

 

IMPORTANT : tout lapin acheté ou revenant d'exposition devrait rester quelques jours en quarantaine avant de réintégrer votre clapier.

 

Il faut se rappeler que le lapin craint les fortes chaleurs (plus de 35°C) et les courants d'air. Il faudrait donc orienter le clapier dos aux vents dominants et à l'humidité en conservant un bon ensoleillement : la lumière est nécessaire et bénéfique (surtout pour les femelles) mais évitez le rayonnement solaire direct qui est préjudiciable à la fourrure de vos lapins. Les jeunes et les mâles préféreront un endroit plus ombragé.

 

 

CREATION D’UN CLAPIER

 

- Laissez si possible de la place derrière vos cages pour nettoyer les éventuelles déjections et évacuer l'urine plus facilement.

 

- Installez des cages en ciment sur deux étages pas plus afin de pouvoir jeter un œil sur chaque lapin et d'éviter le mal de dos.

 

- Pensez à installer la cage du bas à une hauteur suffisante pour que votre récipient de nettoyage (poubelle, brouette, etc.) passe en dessous. Utilisez des portes métalliques avec mangeoire et abreuvoir extérieurs (placés assez bas afin que les lapereaux puissent les atteindre) et démontables pour faciliter le nettoyage et la désinfection.

 

- Pensez à garder quelques cases isolées pour pouvoir établir une quarantaine afin de ne pas contaminer vos animaux.

 

- Si possible éloignez les mâles des femelles pour éviter une surexcitation permanente.

 

- Pour un clapier fermé prévoyez un extracteur d'air et un éclairage réglable avec un programmateur (on peut aussi y adjoindre une radio pour habituer les lapins au bruit et ainsi diminuer le risque de stress).

 

 

TAILLE DES CAGES

 

Dans l'intérêt du bien-être animal, il serait préférable d'utiliser des cases d’une taille adaptée (ou plus grandes) à l'animal.

 

CAGE

MALE

FEMELLE

Longueur

2 fois la longueur du lapin

3 fois la longueur du lapin

Profondeur

2 fois la longueur du lapin

2 fois la longueur du lapin

Hauteur

1,5 fois la longueur du lapin

1,5 fois la longueur du lapin

 

 

Ajoutez dans chaque cage une planche repose pattes de la longueur de la cage, large de 15 à 25 centimètres (suivant les lapins) pour qu’ils s'isolent du béton ou de la paille en fonction de la température extérieure.

 

Evitez, si possible, les cages en grillage car certains lapins peuvent y être sensibles et s’abîmer les pattes.

  

 

SOINS

 

Les cages seront bien empaillées avec, en plus, un râtelier contenant de la paille et du foin. Nettoyez les cages une fois par quinzaine et brûlez-les au chalumeau ou désinfectez-les avec un produit du commerce bien adapté.

 

Nourriture à distribuer une fois par jour de préférence le soir à heure régulière (le lapin mange surtout la nuit) et eau propre et fraîche à volonté.

 

On prendra l’habitude de parler aux lapins en s’approchant pour éviter de les surprendre, on évitera les gestes brusques, la nervosité excessive, la présence d’animaux (chiens, chats, etc.) ou les enfants bruyants et gesticulants.

 

On utilisera de préférence un granulé lapin qui est bien équilibré, très économique d’utilisation et de dosage facile :

 

  1. · Grandes Races 180 à 240 grammes par jour

  2. ·Races Moyennes 120 à 160 grammes par jour

  3. ·Petites Races 80 à 120 grammes par jour

  4. ·Races Naines 40 à 60 grammes par jour

     

    Les femelles gestantes et les lapereaux seront nourris à volonté.

    Si la femelle venait par accident à mourir, on peut nourrir les petits avec de la banane mure en l’épluchant au fur et à mesure qu’ils mangent.

    Il est impératif de consacrer quelques minutes chaque jour pour observer vos lapins, les mangeoires et les abreuvoirs : en effet un lapin en bonne santé aura mangé, bu viendra à votre rencontre et manifestera son contentement (ou plutôt son mécontentement s'il a faim) ; par contre un sujet douteux restera prostré, immobile au fond de sa cage : il faudra immédiatement voir ce qui ne va pas. En cas de difficulté devant l’état de santé d’un sujet, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire ou un éleveur chevronné.

      

 

PLANTES A NE PAS DONNER A VOS LAPINS

 

Aconit, delphinelle, ancolie, adonis, anémone, aristoloche, arum, belladone, bruyère, buis, chélidoine, chêne, ciguë, clématite, colchique d'automne, cytise aubour, datura stramonium, digitale pourpre, fusain d'europe, gratiole, héllebore, if, ivraie, iris et narcisses, jusquiame, laurier cerise, laitue, lupin jaune, mais (fleurs), mercuriale, ou foirole, millepertuis, moutarde (graines), mouron rouge, muguet, nérion, laurier rose, nielle des blés (graines), pavot, pigamon, , renoncules, rhinanthe (graines), rhododendron, rue, saponaire, sarrasin (fleurs), soja(feuilles), sumac, sureau, troène, yèble.

 

 

PLANTES TRES BENEFIQUES

 

Serpolet, écorce de saule et autres écorces

 

 

PLANTES POUR TOUS LES LAPINS

 

Plantes horticoles : brocoli, choux, .choux fleur, scarole, endive.

Plantes arborescentes : abricotier. Amandier, noisetier, cerisier, pécher, murier, oranger.

Plantes des prés : avoine tendre, brome, orge, trèfle, vigne.

Plantes des bois : carline, laiteron, renouée.

Légumes : fenouil, radis.

Graines et fruits : caroube, avoine, glands.

Plantes fourragères : fèves( cuites ), maïs (macéré ou cuit), écorce de blé, son.

 

 

PLANTES POUR LAPINS DE PLUS DE SIX SEMAINES

 

Plantes horticoles : blettes, artichauts, (feuilles), céleri (feuilles), cacahuètes, épinards, petits pois (plantes et gousses), fèves, haricots (plantes et cosses), melons (pousses et écorces), persil (sauf femelles gestantes ou allaitantes), poivron, radis, betteraves (racines et feuilles), pastèques (écorce), carottes, (racines et plantes).

Plantes arborescentes : acacias, caroubier tendre, alisier, micocoulier, noisettes (écorces), peuplier, frêne, grenadier, hêtre, citronnier, orme, pin (écorce tendre)

Plantes des prés : luzerne commune (sèche), luzerne arborescente, sarrasin, patates (feuilles), roseaux tendres, dahlias (plantes), sainfoin, eparcet, fraisier, vesce.

Plantes des bois : marjolaine, angélique, cardons, laiche, laurier thym, genévrier, scabieuse, fenouil sauvage, herbes aux nourrices, millet sauvage, arbousier, mauves, mélilot, menthe, romarin, pois mande-tout, thym, herbes aux puces, mure sauvage

Graines et fruits : pommes (vertes et mûres), pèches (vertes et mûres), poires (vertes et mûres), marc de raisin.

 

 

PLANTES UNIQUEMENT POUR LAPINS ADULTES

 

Caroubier, châtaignier, glycine, figuier, genets, jasmin, oranges(peau), noyer (feuilles), olivier, bananier, pourpier, lierre, marrube.

Enfin, dans tous les cas, les fruits (non pourris) constituent un régal pour les lapins et souvenez-vous que le lapin sans branchages est aussi malheureux que le chien sans os.

 

 

ORGANISATION DE L’ELEVAGE

 

Il est important de tenir un cahier d'élevage indiquant la provenance de chaque reproducteur, sa date de naissance, .les dates de saillies, (mâles et femelles), le nombre de petits nés vivants, morts, sevrés : ainsi vous pourrez différencier les bons des "mauvais" reproducteurs. Une fiche de cage individuelle est aussi recommandée.

Pour bien conserver les qualités (mais aussi les défauts) d’un animal, on peut croiser un reproducteur avec ses ascendants (parents, grand-parents) ou ses descendants (enfants, petits enfants) mais évitez les croisements type frère et sœur.

 

 

MISE AU MALE

 

On amènera toujours la femelle dans la cage du mâle (et surtout pas l'inverse) et on observe : si rien ne se passe ramenez la femelle dans sa cage et recommencez huit heures après : en cas de succès le mâle a tendance à choir sur le côté.

Si vos femelles ont tendance à refuser le mâle :

            - Quatre jours avant la mise au mâle on éclairera les cages des femelles environ seize heures par jour.

            - On donnera aux femelles un peu d'avoine germée avec une goutte d'huile végétale plus quelques légumes verts.

            - Il faut aussi surveiller vos femelles afin qu’elles n’engraissent pas trop.

Pour nos types d’élevage et pour ne pas trop fatiguer les lapines on les remettra au mâle à peu près 56 jours après la mise-bas et on fera reproduire les lapines dès l’âge de 4 a 6 mois suivant la race et les mâles dès l’âge de 6 a 8 mois.

Rappel : évitez la mise au mâle quand la température dépasse 23 a 25° C. En effet les spermatozoïdes supportent mal la chaleur.

Il faut vérifier les nids dés la mise bas. Pour ce faire il faut se frotter les mains avec du granulé ou une plante odorante (thym ou romarin), sortir la lapine de la cage ; ôtez les petits morts nés ou. faibles ou mal portants puis bien refermer le nid et. remettre la lapine dans la cage. Pensez que la lapine n'a que huit mamelles, donc limitez le nombre de petits par portée : Grandes Races 8 petits ; Races Moyennes et Petites Races 6 petits. Le sevrage se fera à l’âge de 6 à 8 semaines et isoler chaque petit lapin en cage individuelle à l’âge de 10 à 12 semaines. On peut alors faire une première sélection des lapins "bien dans le standard" et ceux et de ceux destinés à l’alimentation familiale.

Un clapier en bonne santé est un clapier dont les soins sont faits à heure régulière, avec un nettoyage chaque semaine, une bonne désinfection, suivit d’une bonne désinsectisation (peinture anti-mouches, moustiques et acariens, disponible dans le commerce, d’une durée d’efficacité de cinq ans minimum), et d’une bonne dératisation (produits du commerce à varier de temps en temps ou un mélange de plâtre et de farine avec de l’eau à portée).

Prévoyez aussi une bonne isolation par rapport aux lapins sauvages qui pourraient leur transmettre différentes maladies et évitez de leur donner de la verdure qui pourrait avoir été souillé par d'autres animal (chien, chat, Iapins sauvages).

Pour tout renseignement complémentaire (notamment myxomatose et V.H.D.) adressez-vous à votre vétérinaire, à des éleveurs compétents, aux différents clubs de races, aux sociétés avicoles existants dans votre région, à la Fédération Française de Cuniculiculture.

En respectant ces quelques règles de base, votre élevage vous apportera quiétude, réussite et satisfaction. N’est-il pas agréable de passer quelques minutes ou quelques heures à regarder vivre vos pensionnaires, des pensionnaires qui vous témoignent familiarité et affection. : tout cela vous permettant de vous évader du monde actuel, ce qui, finalement est sans doute le remède anti-stress de notre temps !

 

 

 

Fédération Française de Cuniculiculture

 

 

 

 

LES REPRODUCTEURS

 

 

AVANT LEUR ENTREE EN SERVICE, les reproducteurs doivent avoir un âge minimal de 5 mois. Certaines femelles, en très bon état, pesant plus de 75 % de leur poids adulte, par exemple 3,200 kg pour des races de format moyen ou 1,000 kg pour des races naines, peuvent être présentées au mâle à partir de 4 ou 5 mois.

 

Tous les animaux mâles et femelles doivent être élevés dans des cages individuelles de dimensions suffisantes ( 40 x 50 cm au minimum ), à partir de l’âge de 3 mois.

 

Il faut rationner ces futurs reproducteurs à 120 g de granulés par jour pour des races moyennes ou 35 g pour des races naines. De plus, une journée de jeûne par semaine est favorable au maintien d’un bon état général.

 

Bien que nous n’ayons aucune donnée précise sur la précocité sexuelle des mâles, il semble que ceux-ci ne soient utilisables avec un bon pourcentage de réussite qu’à partir de 6 mois.

 

La première saillie est une opération délicate pour le mâle. En dehors du cas rare ou la femelle présente une agressivité telle qu’elle castre le mâle, elle peut le stresser ; cela entraînant une apathie apparente d’une durée possible de 3 semaines. Il est, donc, conseillé de présenter au mâle, devant effectuer sa première saillie, de lui une femelle « réceptive »

  

EVITER A TOUT PRIX d’alimenter les futurs reproducteurs à volonté. Ils s’ensuit un état d’embonpoint tout à fait néfaste à l’activité sexuelle.

 

 

 LA SAILLIE ET LA MISE BAS

 

            DEUX MOMENTS FONDAMENTAUX, deux problèmes pratiques auxquels se heurte l’éleveur est la saillie et son résultat. Bien qu’il n’y ait, à notre connaissance, aucun moyen commode pour obtenir des saillies fécondantes systématiques, un ensemble de facteurs favorisants existent. Tout d’abord au niveau des rythmes lumineux une photopériode claire de 14 à 16 heures, appliquée très tôt en saison ( à partir du 15 juillet ), limite l’incidence de la « mauvaise saison » ( de septembre à novembre ).

 

            Les saillies doivent, toujours, être réalisées à la même heure et très tôt le matin ( au début de la période claire ) semblent donner de meilleurs résultats.

 

            Une femelle qui refuse un mâle peut accepter son voisin, mais si elle refuse le 3e, c’est inutile d’insister. Il est inutile d’attendre plus de 5 minutes l’accouplement avec un mâle donné ; il vaut mieux changer de mâle ou attendre le lendemain.

 

            Certains éleveurs prévoient l’état de bonne réceptivité de la femelle, en observant la vulve qui a une teinte très foncée pouvant aller jusqu’au rouge violacé, lorsqu’elle est prête à se faire saillir. Nous avons également noté cette tendance mais la couleur de la vulve n’est pas une caractéristique certaine de réceptivité de la femelle. De toutes façons, cette observation est de peu d’utilité pour l’éleveur qui n’aura pas de moyen pratique pour provoquer l’état de réceptivité chez une femelle récalcitrante.

 

            Un bon critère de réceptivité, utile surtout pour faire réaliser la première saillie à un jeune mâle, est de regarder si la femelle se lève sur les pattes arrière. Un morceau de sparadrap collé sur la vulve permettra de faire ce test avec un mâle entraîné en évitant l’accouplement.

 

Le dernier recours, pour l’éleveur qui bute devant une femelle récalcitrante, consiste à forcer la saillie. Cette saillie forcée consiste à présenter la femelle au mâle, le bassin basculé vers l’arrière. Le résultat d’un tel accouplement est parfois positif.

 

Le diagnostic de gestation par palpation abdominale n’est pas sans danger pour la femelle. Des avortements peuvent être liés à une palpation mal faite. Seule une grande habitude permet de bien palper. Si vous n’avez pas cette habitude, présenter la femelle au mâle 11 jours après la saillie et observez bien son comportement ; lorsqu’elle est pleine elle refuse le mâle par un réflexe de fuite, en cherchant des issues à la cage. Alors intervenez immédiatement et décidez que votre femelle est gestante.

 

EVITER A TOUT PRIX les produits qui déclenchent l’ovulation chez la lapine. Les conséquences de leur emploi ne sont pas encore suffisamment connues pour être conseillées à des éleveurs, même très avertis.

 

A propos de la mise bas le mot clé pour l’éleveur doit être TRANQUILLITE.

 

Dans les 2 jours qui précédent la mise bas l’éleveur se doit de renouveler la totalité de la litière de la femelle qui s’apprête. L’éleveur a la possibilité de donner à la femelle une boîte à nid bien remplie de paille ou de copeaux ( de bois blanc ) ou des deux mélangés. Aucune différence sur la mortalité des jeunes n’a été observé entre ces deux catégories de litières. Il est conseillé de réaliser un contrôle de la boîte à nid, le lendemain de la mise bas afin d’enlever les mort-nés. Pour cette opération, enlever la femelle puis ne pas oublier de se frotter les mains avec du thym et de disséminer quelques branches de cette plante odoriférante dans la cage de la femelle avant de replacer celle-ci dans sa cage.

 

Les accidents au nid ( cannibalisme, abandon du nid ) sont souvent dus à un défaut d’environnement. Lorsque ces accidents apparaissent, cherchez-en la cause dans le bâtiment ou aux abords du clapier ( porte qui claque, présence d’un animal perturbateur, rat, souris, chouette, chat, belette, etc. ) plutôt que dans l’aliment ou dans la cage.

 

L’éleveur doit avoir présent à l’esprit que la mise bas demande à la femelle un certaine effort qui sera suivi d’une demande d’eau et cela étancher son état de déshydratation.

 

Enfin, vous devez éviter

les troubles respiratoires, ainsi que les troubles digestifs...

  

            Les deux principales catégories de problèmes sanitaires auxquelles l’éleveur est confronté chaque jour concernent les troubles respiratoires et les troubles digestifs.

  

 

LES TROUBLES RESPIRATOIRES

 

            Au premier signe de coryza vous devez réagir en portant une attention toute particulière à trois composantes physiques de l’ambiance de votre élevage.

 

            LES COURANTS D’AIR : un lapin est sensible à un courant d’air imperceptible à l’homme, l’utilisation parfois de cages grillagées lui interdit de se mettre à l’abri. Il faut donc que votre ventilation statique ou dynamique, en surpression ou en dépression, soit réglée de telle façon qu’il n’y ait pas de courants d’air ( vitesse de l’air au niveau des animaux, inférieure à 0,5 mètre/seconde ).

 

            L’observation attentive de tous mouvement d’air doit être un souci constant de l’éleveur. Il se manifestera par le changement d’orientation du lanterneau, la réduction des entrées, ou sorties d’air dans le bâtiment, l’installation de volets déflecteurs...

 

            L’HUMIDITE est un facteur très important dans l’apparition du coryza.

 

Un degré hygrométrique convenable devra être compris entre 60 et 70. Evacuez fréquemment les lisiers ou utilisez, par exemple du superphosphate en évitant d’utiliser de l’eau pour laver le sol des cages. L’été, arrosez le sol du bâtiment : un degré hygrométrique tombant à moins de 50 peut provoquer le même coryza qu’un courant d’air froid et humide.

 

            ENFIN, avant d’appeler le vétérinaire, regardez bien dans les trémies. La poussière laissée par le granulé irrite les muqueuses nasales et provoque un coryza chez l’animal qui la respire.

 

            L’inobservation de l’une quelconque de ces trois règles : PAS DE COURANTS D’AIR, UNE BONNE HYGROMETRIE, PAS DE POUSSIERE, entraîne l’apparition de troubles pulmonaires. Il est indispensable d’y porter remède immédiatement car des muqueuses obstruées favorisent l’apparition de vrais problèmes pathologiques. Alors, il ne vous restera que deux options : isoler les malades, ( les tuer étant un bon moyen d’isolement ), ou appeler votre docteur vétérinaire.

 

            NE PAS UTILISER de produits antibiotiques quels qu’ils soient par injections massives dans un cheptel présentant des affections respiratoires ; ces injections massives étant une grande tentation pour l’éleveur. Sauf s’il y a prescription d’un vétérinaire, l’utilisation de ce moyen conduit, le plus souvent, à des troubles secondaires dont les conséquences sont aussi importantes que les affections que vous voulez soigner.

 

LES TROUBLES DIGESTIFS

 

            Tout éleveur a observé l’apparition incompréhensible de diarrhées qui « passent » ; celles-ci peuvent provoquer de très gros dégâts surtout chez les jeunes. Là encore il faut agir très tôt avant que le simple trouble physiologique ne devienne une « maladie ». Le révélateur du bon fonctionnement du tube digestif est naturellement la crotte. Celle-ci doit être ronde et ferme. Elle passe alors bien entre les mailles du grillage qui reste propre ( pour les élevages dont les animaux sont sur grillage ou sur caillebotis alvéolés ). Dés que la crotte devient molle, il faut intervenir le premier jour en nettoyant la trémie. La présence d’amas de granulés plus ou moins fermentés dans le fond est néfaste et en rajoutant du granulé propre ( 80 à 100 g au plus par sujet ). Le deuxième jour, si le phénomène continue, il faut impérativement mettre l’animal à la diète pendant 24 à 48 heures selon la gravité observée de la diarrhée. Un animal supporte très bien 2 jours consécutifs de diète. Lui maintenir l’abreuvement. L’utilisation du superphosphate est là encore vivement conseillée ( saupoudrage de la litière ou du caillebotis où se trouve le sujet )

 

            La cage qui a été souillée doit à terme être nettoyée. Elle sera désinfectée par l’utilisation de la chaleur ( chalumeau ), seule façon de détruire les ookystes de coccidies.

 

            La crotte peut parfois devenir très petite et très sèche ; en même temps vous observez que l’animal ne consomme plus sa ration. Vérifier alors votre système d’abreuvement : par manque d’eau, il est probable que l’animal ne boit pas.

 

EVITER A TOUT PRIX :

  1. *     de changer brutalement de granulés,

  2. *     de distribuer trop de racines : carottes, betteraves, etc.

  3. *     de réaliser, sans ordonnance vétérinaire, un traitement aux sulfamides qui, on le sait, luttent dans certaines conditions efficacement contre les coccidioses, mais peuvent provoquer une perturbation importante de la physiologie de la digestion.

 

Daniel NOLD

d’après le ‘’ Lapin : une production d’avenir ’’

 

 

 

SOINS DES LAPINES EN GESTATION

 

 

Y a-t-il des soins spéciaux à donner aux lapines en gestation ?

 

 

 Constatation de la gestation

 

 Avant de parler des soins spéciaux à donner aux lapines en gestation il faut d’abord avoir la certitude que la lapine est pleine. Dix douze jours après l’accouplement, palpez délicatement le bas-ventre et si vous sentez (de petites boules dures) , vous avez de grosses présomptions en faveur de la gestation.

 

  

Préparation du logement

 

 Quelques jours avant la date présumée pour la mise bas, enlevez avec précaution la lapine et placez-la dans une caissette, garnie d’une fine et abondante litière, puis nettoyez à fond les deux cases destinées à la lapine et à sa famille, la petite case étant particulièrement bien pourvue d’une litière sèche, douce et bien fournie.

 

 

Calme et tranquillité

 

  A partir de ce moment, la future mère devra surtout être laissée en parc. Evitez les visites de personnes étrangères, écartez les chiens, les chats et surtout veillez à ce qu’il n’y ait point de rats dans l’élevage, ces derniers sont un sujet de frayeur pour les lapins et pourraient indirectement causer des avortements.

  

 

Préparation du nid

 

  Elle est exclusivement du ressort de la lapine, mais il est utile que le futur éleveur la connaisse afin de ne pas la gêner en rien. Quelques jours ou quelques heures avant la mise bas, la future mère aménage un nid dans un coin écarté de sa case, à l’aide de menus brins de paille. Puis elle s’arrache les poils du ventre afin d’en garnir l’intérieur du nid. Cet arrachage a également l’avantage de dégarnir la région des mamelles et de faciliter l’allaitement.

 

 

 Visites et égalisation des nichées

   

  Le lendemain ou le surlendemain de la mise bas, visitez le nid afin d’en extraire les lapereaux mort-nés qu’il pourrait renfermer. Ne laissez que 6 à 8 jeunes, enlevez le supplément et confiez-le à une mère nourrice, que vous aurez fait saillir le même jour que la première. A défaut, supprimez les moins vigoureux.

 

  Pour procéder à cette opération il est préférable de prendre les précautions suivantes: enlevez la mère pendant quelques instants et placez-la dans une case voisine, une caissette ou un panier garni d’excellente litière. Frottez-vous les mains d’une herbe odoriférante: cerfeuil, persil, thym, marjolaine. Offrez une friandise, carotte ou chicorée en remettent doucement la mère avec ses enfants. N’ajoutez à une faible portée qu’un ou deux récupérés, car la mère d’une faible portée a généralement moins de lait.

 

  

Tétés

 

  Il arrive parfois qu’en se retirant brusquement du nid une mère entraîne un jeune serrant avidement le mamelon. Le jeune tombe ainsi hors du nid où il peut être exposé au froid. Une surveillance constante peut remédier à semblable accident.

 

 

Nettoyage des cases

 

   Les cases des mères ne seront nettoyées à fond que lorsque les lapereaux verront clair et sortiront du nid, sans toucher à ce dernier, ni sortir les jeunes.

 

 

 Sevrage progressif

 

   Un certain nombre d’éleveurs remplis d’expérience recommandent de sevrer graduellement, c’est-à-dire d’enlever un jeune à la fois, de jour en jour, ou de deux jours en deux jours, en commençant par les plus robustes.

 

 

Accouchement difficile

 

   J’ai une lapine qui a fait récemment deux petits, mais n’a pu faire les suivants. Peu de jours après, elle est morte, sans doute d’infection .Pouvais-je faire quelque chose pour la sauver ou l’aider ?

 

   Si une partie apparente du lapereau, tête ou pattes, était visible à l’extérieur, il aurait fallu fixer un fil ou une cordelette sur cette partie visible et opérer une traction douce et continue. Si aucune partie n’était visible, il aurait fallu donner des injections d’huile, dans le vagin à l’aide d’une poire de caoutchouc ou d’une petite seringue. La quantité à injecter est minime une ou deux cuillerées à café.

 

   Enfin vous auriez pu faire sur le ventre de l’animal des massages d’avant en arrière.

 

   L’accouchement des lapines se passe habituellement sans aucune intervention.

 

   Autre méthode très efficace, faire une injection d’ocytocine, elle est employée pour provoquer les contractions utérine dans le déclenchement du travail, ou pour renforcer le moment même de la mise bas ,ou après la délivrance. Elle intervient aussi dans la vidange des glandes mammaires lors de la lactation.

 

 

Hémorragie après la mise bas

 

   J’ai une lapine qui est morte d’hémorragie trois semaines après la mise bas. Je me suis bien aperçu de l’accident, mais je ne savais que faire. Aurais-je pu intervenir utilement ?

 

   Dans un cas semblable, il faut faire, sur l’une des faces de l’encolure de l’animal, une piqûre de sérum hétérologue, c’est-à-dire provenant d’une autre espèce animale, par exemple une piqûre de sérum antitétanique, parce que ce sérum est produit sur le cheval.

 

  C’est par conséquent du sérum de cheval.

 

  Il faut faire sur l’autre face de l’encolure une piqûre de sels de calcium, une ampoule de 5 cm3.

 

  Ces deux produits ne sont pas toxiques et ne s’opposent pas à la consommation de l’animal si on décide ultérieurement de le sacrifier.

 

  L’emploi de la vitamine K est recommandé.

 

 

Lactation indésirable

 

    Une lapine vient de mettre bas trois petits qui sont morts dans les jours qui ont suivi la naissance. Comment puis-je lui faire passer son lait ?

 

     Vous pourriez utiliser votre lapine comme nourrice si vous avez une mère qui a mis bas vers la même époque et dont la portée est nombreuse. Vous partageriez alors les petits entre les deux lapines. Mais il faudrait vous assurer au préalable, naturellement, que les premiers petits ne sont pas morts par faute de lait et que votre nourrice présumée est bien apte à remplir le rôle que vous lui destinez.

 

   Un remède populaire pour faire passer le lait consiste à administrer quelques branches de persil à la lapine et à frotter les mamelles avec du persil.

 

   On pourrait aussi utiliser localement la pommade camphrée.

 

 

Sexage des jeunes

 

 

   Comment reconnaître avant la descente des testicules le sexe des lapins ?

 

    Les testicules d’un lapereau apparaissent vers 3 mois, un peu plus tôt selon la précocité du sujet. Mais il est possible, dés l’âge de 6 semaines d’en reconnaître le sexe.

 

    Il suffit d’effectuer une légère pression avec le pouce devant l’organe pour que celui-ci apparaisse sous forme d’un tube nettement détaché. Plus tard, lorsque les testicules seront développés, il suffira d’appuyer sur le ventre d’avant en arrière pour les faire descendre dans les bourses et les rendre visibles.

 

    Il est facile également, avec un peu d’attention, de reconnaître le sexe des femelles. Toujours en effectuant une légère pression avec le pouce un peu en avant de l’organe, on aperçoit une petite fente formant une dépression en direction de l’anus.

 

  

Cannibalisme

 

 

   Voici un accident qui s’est produit dans mon clapier: à plusieurs reprises, une mère lapine a mangé toute la partie de sa portée. A quoi cela est-il du, et que faire pour éviter le retour de pareil accident ?

 

  

    On reconnaît généralement trois causes à la manifestation du cannibalisme chez les lapines :

 

 

1.    Privation d’alimentation aqueuse : c’est pourquoi les lapins quand ils n’ont pas à leur disposition des herbes vertes, des betteraves, des carottes, doivent être pourvus d’eau potable en quantité suffisante.

 

      2.    Déficience alimentaire en protéines. Remédiez à cette déficience en distribuant chaque jour aux lapines en gestation, une cuillerée à café suivant la taille, lait en poudre, tourteaux ou farine de soja.

 

     3.    Déficience en vitamines et principalement en vitamine B et D.

 

 

     On fait disparaître en trois jours la tendance au cannibalisme, en fournissant aux animaux carencés les vitamines en quantité suffisante.

 

    Les deux sources principales de vitamine B sont le son et la levure de bière.

 

    La source principale de vitamine D est l’huile de foie de morue à la dose d’une cuillerée à café par jour. Les lapines en gestation doivent être abondamment pourvues de verdure :carottes rouges, son et si possible fruits, ainsi que d’un fixateur de chaux, et de vitamine D. Si malgré l’abreuvement, la nourriture azotée et les vitamines l’accident se reproduisait chez une lapine, il faudrait la sacrifier aussitôt.

 

 

Raymond MEYER

 

 

 

LE STRESS CHEZ NOS LAPINS

 

 

            Le Larousse donne la définition suivante du mot STRESS : ensemble des perturbations métaboliques et viscérales, provoquées dans l’organisme par des agents agresseurs variés ou des conditions extérieures mettant en danger l’équilibre homéostatique.

 

                         Pour nous cuniculiculteurs, on peut dire plus simplement que le stress est toute perturbation apportée à l’animal dans sa vie et son environnement habituel normal.

 

             L’éleveur doit essayer par tous les moyens d’apprivoiser ses sujets et, en tout cas, éviter à ses animaux tout choc brutal provoqué d’une façon imprévue.

 

            Un bon éleveur parle à ses animaux, évite tout bruit et toute frayeur devant le clapier.

 

            Il suffit que quelqu’un court rapidement devant un clapier ou qu’un chien y passe pour que le lapin s’affole et tourne à une telle vitesse dans sa cage que souvent cela provoque des accidents. L’éleveur, qui lorsqu’il nourrit ses lapins, leur parle et au besoin les caresse, apprivoise au fut et à mesure ses sujets, ce qui, sans nul doute, est bénéfique pour la reproduction. N’oublions pas qu’il est non seulement désagréable d’avoir des lapins «sauvages, mais aussi que le stress, sous quelque forme qu’il se manifeste, cause un préjudice certain à la reproduction des animaux et à leur bien être.

 

  

LAGE DES REPRODUCTEURS CHEZ LES LAPINS

 

 

Les lapins peuvent se reproduire normalement dès l’âge de 6 mois, ceci tant pour les races légères que pour les races moyennes.

 

            Pour les Géants, il faut attendre 8 à 10 mois pour les faire reproduire.

 

            Normalement on peut faire reproduire mâle et femelle pendant deux ans.

 

Lorsqu’on a un sujet excellent on peut même le conserver pendant 3 ans.

 

  

            Si on veut conserver une femelle pendant plusieurs saisons, il se pose le problème de l’engraissement. Si les reproductrices sont trop nourries pendant la morte saison elles engraissent et ne sont pratiquement plus utilisables pour la reproduction.

 

Il faut strictement les rationner surtout en granulés qui ont toujours tendance à pousser à la graisse.

 

On peut évidemment conserver reproducteur et reproductrice plus longtemps que 3 ans mais on a toujours intérêt, lorsqu’on a de beaux jeunes sujets qui suivent, de choisir pour la future reproduction des sujets aptes, plus jeunes, car il est évident que les reproductrices fatiguent avec l’âge et que l’on a donc des chances d’obtenir de meilleurs résultats avec des femelles de 2 ans qu’avec celles qui ont déjà 4 ans et voire plus.

 

            Il peut, bien sur, y avoir des sujets exceptionnels qui ont reproduit pendant 4 ans et plus, mais c’est plutôt un cas rare.

 

 

Raymond MEYER

 

 

PATHOLOGIE DIGESTIVE ET ALIMENTATION DU LAPIN

 

 

Introduction

 

             Roland Wendling, l’auteur du présent article, est un éleveur professionnel de lapins. A la suite d’importantes mortalités qui mettaient en péril l’existence même de son activité et ayant acquis la conviction que les problèmes trouvaient leur origine dans une alimentation inadaptée au système digestif du lapin, il a entrepris des travaux de recherche dont il nous livre, ci-dessous, la synthèse.

 

 

 Synthèse des travaux

  

             Les travaux de recherche sur les relations entre l’alimentation et les pathologies digestives du lapin ont été conduits dans mes élevages depuis 1998.

 

             Des lots de 1200 lapins de 30 à 33 jours toutes les 3 semaines ont été soumis à différentes formules d’aliments complets. Au départ, je souhaitais régler le problème de l’entérocolite. Mais, au fur et à mesure de l’avancement des recherches, de nouveaux problèmes sont apparus. J’ai ainsi pu identifier quelques relations entre l’alimentation et les pathologies du lapin.

 

             Pour comprendre les problèmes il faut connaître le système digestif du lapin. Au début de sa vie le lapin est un monogastrique (un seul estomac) qui se nourrit de lait puis, vers 20 jours d’âge, commence l’absorption d’aliments grossiers. C’est aussi l’âge du début du développement du deuxième estomac du lapin : le Cæcum. Progressivement, va se mettre en place une flore microbienne qui va jouer un rôle de plus en plus important dans la digestion.

 

             Un aliment est toujours composé de lipides (graisses), de protides (substances azotées : protéines, acides aminés...) et de glucides (sucres).

 

 

La digestion des lipides

 

             Le lait de la lapine est 3 à 4 fois plus riche en matière grasse que le lait de la vache. Le petit lapin digère donc bien les graisses elles sont sa seule source d’énergie pendant les 3 premières semaines de vie.

 

 

La digestion des protéines

 

              A la naissance le petit lapin possède l’équipement enzymatique pour digérer les protéines. Le lait de la lapine est environ 3 fois plus riche en protéine que le lait de vache par contre, la flore protéolytique du Cæcum ne se met en place qu’après 40 jours d’âge. Ceci est très important car au moment du sevrage (28 à 35 jours) le jeune lapin ne peut utiliser que des protéines attaquables par les enzymes digestifs pancréatiques qui sont déversés au début de l’intestin grêle, juste après l’estomac. A cet âge le lapin a besoin de protéines facilement digestibles par les enzymes. Ces dernières années les sources de protéines utilisées pour le lapin sont principalement: le son de blé, la luzerne déshydratée, le tourteau de tournesol mais la protéine de ces matières premières n’est que faiblement digestible pour le jeune lapin à savoir: à 75% pour le son, 70% le tournesol, 30% pour la luzerne déshydratée. De ce fait, les protéines non digestibles et donc non assimilables qui restent en excès dans le tube digestif deviennent la «nourriture» des bactéries pathogènes (clostridies) qui provoquent une météorisation. C’est une des causes de l’entérocolite.

 

            Nos essais ont montré qu’au moment du sevrage l’aliment doit contenir 10% de protéines digestibles et ne doit pas dépasser 4,5% à 5% de non digestibles.

 

            Cela veut aussi dire que plus le taux de protéine est élevé plus elle doit être digeste. Dès le début de la digestion Cæcale le lapin par l’ingestion des Cæcotrophes arrive à fabriquer lui-même des protéines de très grande valeur (protéines bactériennes digestes à 95%)

 

 

 La digestion des glucides

  

             A l’intérieur de cette classe nous trouverons les sucres simples, les amidons, les pectines, mais aussi les celluloses facilement digestibles hémicellulose (NDF-ADF*), la cellulose vraie (ADF-ADL*) et la lignine (ADL*)

 

 La digestion des glucides dépend :

 

 

          de leur nature :

  

             -   les hémicelluloses sont mieux digérées que la cellulose vraie mais moins bien que les amidons.

 

 

          de l’âge du lapin :

  

  -   à la naissance, le lapin ne digère que des sucres simples (lactose, glucose...) mais le lait de la lapine en est très pauvre (6% de lactose). A partir de 15 jours d’âge la flore amylolytique est présente dans le Cæcum mais à cet âge le lapin ne possède pas d’équipement enzymatique (amylase). Celui-ci se met en place progressivement et n’est définitif que vers l’âge de 2 mois.

 

Par conséquent, au moment du sevrage, le taux d’amidon doit être faible <18%. De plus il ne faut surtout pas apporter d’amidon « rapide ».

   

-   C’est pour cette raison qu’il ne faut pas donner de blé aux jeunes lapins surtout si la ration contient déjà du son de blé. La céréale la mieux adaptée est l’orge, la digestion de l’amidon d’orge se fera principalement au niveau du Cæcum par la flore amylolytique. Le résultat de cette digestion est la production d’AGV (acides gras volatiles) qui sont absorbés dans le sang pour fournir de l’énergie. Plus la concentration d’AGV est forte plus le milieu cæcal sera acide. De ce fait les AGV ont une activité inhibitrice sur les bactéries pathogènes (colibacilles, clostridies) A partir de 20 à 25 jours, se met en place progressivement la flore cellulolytique qui perme comme chez les ruminants la digestion bactérienne des hemiscelluloses (cellulose facilement digestible). Cependant au moment du sevrage cette capacité est encore très faible.

 

                -   Une trop grande quantité de cellulose digestible entraîne des troubles du type entérite mucoïde.

 

                   Ce n’est que vers l’âge de 6 mois que le lapin a toute la capacité pour digérer les fibres à la manière  d’un ruminant. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas donner trop d’herbe jeune au sevrage

 

                   La cellulose vraie et la lignine ont principalement un rôle sur le transit digestif. Ce rôle est très important chez le lapin.

 

                 Par contre trop d’« indigeste» peut provoquer un trouble grave: la parésie cæcale. Les recommandations actuelles, de cellulose indigeste, sont beaucoup trop élevées. Ceci est la deuxième cause de l’entérocolite. Dans le cas de la parésie cæcale, les mortalités peuvent être très fortes alors que l’analyse de laboratoire peut montre une quasi-absence de flore pathogène.

 

  

 L’aliment influence donc les pathologies, ainsi :

  • La colibacillose est favorisée par des taux d’amidon trop élevés:> 18% au sevrage et surtout par trop d’amidon rapide> 12%
  • L’entérite mucoïde est favorisée par un taux de fibres trop élevé: NDF* >40% et surtout par trop de fibres digestibles.
  • La parésie cæcale est le résultat de trop de fibres indigestes : taux de cellulose trop élevé ADF*>20%, CB*>14.

     

  • L’entérotoxémie est la conséquence de trop de protéines non attaquables par les enzymes digestives. Elle peut être due à un excès de protéines mais aujourd’hui elle est surtout la conséquence de l’utilisation de protéines tannées (luzerne) ou peu digestes (tourteau de tournesol) elle apparaît quand le taux de protéines non digestibles est > 4,5%; les animaux "gonflent".

  • L’entérocolite est la combinaison de 2 maladies : l'entérotoxémie et l’entérite mucoïde ou la parésie cæcale.
  • Indirectement l’utilisation de protéines de bonne qualité et très digestes peut avoir comme conséquence une diminution du taux d’ammoniac ce qui favorise le système respiratoire.

          La coccidiose intestinale n’est pas une maladie bactérienne mais les coccidies sont des parasites du lapin. Les ookystes (oeufs de coccidies) pour devenir infestant, doivent faire un séjour dans le milieu extérieur. Ils sporulent en 30 à 60 heures et deviennent alors infestant. Un ookyste sporulé est extrêmement résistant. Pour le détruire il faut travailler au chalumeau ou à la vapeur d’eau à 120°.

 

           Pour éviter la coccidiose il est préférable de mettre les lapins sur grillage. Cependant, même sur grillage dans les cas de diarrhées (entérite mucoïde, colibacillose), les sols se salissent et les ookystes peuvent se développer. Il est donc préférable dans le cas de diarrhées d’associer tout de suite un traitement anticoccidien.

Un autre facteur à prendre en compte pour la coccidiose est la transmission des ookystes par la mère au moment de l’allaitement, surtout la première semaine après la mise bas alors que la mère ne présente pas de troubles. A ce moment là il y a un risque d’installer une coccidiose. Dans le cas d’une coccidiose installée il faut absolument traiter les mères dans les jours qui suivent la mise bas. La coccidiose est un ravageur redoutable, elle est à l’origine de nombreux échecs surtout en élevage au sol.

 

 

En conclusion, quand vous achetez un aliment l’étiquette vous donne les renseignements suivants :

  • Les matières premières sont citées par ordre décroissant dans la composition exemple: sons, luzerne, tourteau de tournesol...
  • Le taux de protéine doit toujours être supérieur au taux de cellulose exemple : protéine 15,5%, cellulose brute 13%.
  • Plus le lapin avance en âge plus il est capable de digérer l’amidon.
  • Pour les éleveurs traditionnels on peut rajouter plus de céréales en fin d’engraissement.
  • Le foin récolté à l’épiaison est à préférer au regain qui lui ne peut être donné qu’en petite quantité.
  •  La luzerne déshydratée n’a plus aucun intérêt.

           Malgré toutes ces recommandations le lapin, surtout jeune, reste un animal très fragile sur le plan digestif. Rationner les lapins au moment du sevrage peut aussi être une bonne solution. Par ailleurs il faut veiller à l’apport d’eau en quantité et en qualité.

 

    

Roland WENDLING

 

 

 

 

LA SELECTION

 

 

Détermination et finalité de la sélection

 

Le mot Sélection qui nous vient du latin selectio, fit son apparition dans notre langue en 1609.

 

Si, par définition, le mot sélection est à rapprocher du mot choix qui s'applique à des choses disparates (on peut choisir entre des objets divers), le mot sélection marque, plus particulièrement, un tri limité fait entre plusieurs choses de même nature, dont on ne garde qu'un petit nombre, pour en rejeter la plupart. Il implique une préférence raisonnée et doit être, surtout employé pour parler d'un choix ayant pour objet, l'amélioration des espèces vivantes (végétales, animales).

 

DARWIN (Naturaliste Anglais, 1809 - 1882) avait, je pense, parfaitement compris ce que pouvait représenter le mot sélection, puisqu'il écrivait, dans sa théorie sur l'évolution (1859), que l'élimination naturelle des individus les moins forts, les moins aptes dans la "lutte pour la vie", permet à l'espèce de se perfectionner de génération en génération.

 

Il est donc certain que le mot sélection sera, dans tous les cas, à rapprocher du mot élimination, et si, dans le concept ''darwiniste'', elle est naturelle, pour nous éleveurs, elle sera souvent volontaire et raisonnée.

 

 

Mode de sélection

 

Le succès en élevage repose, avant tout, sur le choix des reproducteurs.

 

Pour la plupart d'entre nous, à la création de nos élevages, nous avons eu recours à la sélection dite massale. Nous avons apprécié nos futurs reproducteurs d'après leurs conformations, leurs aptitudes générales.

 

Cette sélection manque de précision et repose, en partie, sur l'empirisme. Combien sommes-nous d'éleveurs qui, après avoir croisé deux sujets morphologiquement idéals, se sont aperçus que le résultat n'était pas toujours celui escompté ?

 

Il faut en effet savoir que 2 conditions sont indispensables pour que la descendance soit égale ou, si possible, supérieure aux parents : il faut qu'il y ait, entre les géniteurs, ce que j'appellerais, improprement, la concordance de ''sang'' (de façon plus exacte : une certaine concordance génétique), et, surtout, qu'ils possèdent la faculté de transmission de leurs qualités.

 

C'est en pratiquant une sélection dite individuelle, que le sélectionneur est à même de trouver la clé de sa réussite.

 

En effet, l'éleveur ne portera plus son choix au hasard de l'apparence de l'animal, mais il sera à même d'apprécier chaque sujet, au travers de sa parenté, pour découvrir sa constitution héréditaire.

 

L'éleveur se doit alors de tenir un cahier d'ascendance (cahier d’élevage extrêmement renseigné), véritable livret de famille de son cheptel.

 

 

Consanguinité

 

La consanguinité est une méthode de reproduction qui consiste à obtenir un produit dont son ascendance possède, plusieurs fois, l'un ou l'autre de ses parents ou aïeux.

 

Ce mode de reproduction conduit, automatiquement, à l'obtention d'une homogénéité des divers caractères des sujets.

 

La consanguinité renforce les qualités recherchées, si elles sont représentées plusieurs fois dans l'ascendance. Elle peut cependant provoquer l'apparition de défauts de conformation et, surtout, de troubles constitutionnels qui étaient restés cachés sous forme de facteurs dominés. La consanguinité, menée avec discernement, conduit à la production d'excellents ‘’raceurs’’.

 

 

Le travail en lignée

 

 

a) La lignée paternelle

 

La lignée est dite paternelle quand le produit femelle AB, issu du croisement d'un mâle A et d'une femelle B, est de nouveau saillie par son père, dans notre cas le mâle A.

 

Le croisement s'effectue alors, ainsi de suite, avec la petite-fille, l'arrière-petite-fille, etc.

 

b) La lignée maternelle

 

La lignée est dite maternelle quand le produit mâle AB, issu du croisement d'un mâle A et d'une femelle B, saillit de nouveau sa mère, dans notre cas la femelle B,

Le croisement s'effectue alors, ainsi de suite, avec le petit-fils, l'arrière-petit-fils, etc.

 

 

SCHEMA DE PRINCIPE DE L’ELEVAGE EN LIGNEES

(à partir d’un mâle A et d’une femelle B)

 

 

 

                                                        Ci-dessous,

                                part de A et B dans chaque sujet obtenu

 

Lignée paternelle                                     

 

 

mâle A croisé sur femelle B donne des mâles et des femelles AB

1/2 A

1/2 B

mâle A croisé sur femelle AB donne des mâles et des femelles AAB

3/4 A

1/4 B

mâle A croisé sur femelle AAB donne des mâles et des femelles AAAB

7/8 A

1/8 B

 

 

Lignée maternelle

 

 

mâle A croisé sur femelle B donne des mâles et des femelles AB

1/2 A

1/2 B

mâle AB croisé sur femelle B donne des mâles et des femelles ABB

1/4 A

3/4 B

mâle ABB croisé sur femelle B donne des mâles et des femelles ABBB

1/8 A

7/8 B

 

 

Création d'une souche

 

La souche sera constituée d'un mâle A et de deux femelles B et C non consanguins.

 

Des deux accouplements de départ (mâle A croisé sur femelles B et C), naîtront deux nichées qui constitueront la première génération. En 2ème génération, les meilleures femelles des deux nichées seront accouplées avec leur père et les meilleurs mâles avec leur mère. On constitue, alors, trois lignées, l'une paternelle, une lignée paternelle dite double (mâle A croisé sur femelles AB et AC), les deux autres maternelles (mâle AB croisé sur femelle B, mâle AC croisé sur femelle C). D'autres lignées pourront, immédiatement, être formées par l'accouplement des mâles de la femelle B avec les femelles issues de la femelle C et vice-versa. Pour la 3ème génération, les meilleures femelles des différentes lignées seront accouplées avec le grand-père, les meilleurs sujets, des différentes lignées, seront accouplés entre eux, sans jamais avoir recours à l'inceste (frère-soeur).

 

Ce plan de sélection (qui se veut de principe), n'est en rien exhaustif et nombreuses sont les combinaisons possibles d'accouplement entre les différents sujets d'un même élevage.

 

 

SCHEMA DE PRINCIPE DE CREATION D’UNE SOUCHE

(à partir d’un mâle A et de 2 femelles B et C)

 

                                              

Ci-dessous,

part de A et B dans chaque sujet obtenu

 

 

Croisements de départ                                     

 

 

mâle A croisé sur femelle B donne des mâles et des femelles AB

1/2 A

1/2 B

mâle A croisé sur femelle C donne des mâles et des femelles AC

1/2 A

1/2 C

 

 

 

Croisements pour l’obtention d’une lignée paternelle double

 

 

mâle A croisé sur femelle AB donne des mâles et des femelles AAB

3/4 A

1/4 B

mâle A croisé sur femelle AC donne des mâles et des femelles AAC

3/4 A

1/4 C

 

 

Croisements pour l’obtention de 2 lignées maternelles

 

 

mâle AB sur femelle B donne des mâles et des femelles ABB

1/4 A

3/4 B

mâle AC sur femelle C donne des mâles et des femelles ACC

1/4 A

3/4 C

 

 

 

Croisements transverses paternels

 

 

 

mâle AB sur femelle AC donne des mâles et des femelles AABC

2/4 A

1/4 B

1/4 C

mâle AC sur femelle AB donne des mâles et des femelles AACB

2/4 A

1/4 C

1/4 B

 

 

 

Croisements transverses maternels

 

 

 

mâle AB sur femelle ABBC donne des mâles et femelles AABBBC

3/8 A

4/8 B

1/8 C

mâle AC sur femelle ACCB donne des mâles et femelles AACCCB

3/8 A

4/8 C

1/8 B

 

 

           Ce schéma, qui semble idéal sur le papier (et qui n’est donc aucunement limité), est, en pratique, très difficile d'obtention.

 

           En effet, l'éleveur découvrira parfois, que certains sujets issus, par exemple, d'une deuxième, voire d'une troisième génération, sont porteurs de tares (très souvent héréditaires). Après testage de la parenté, pour rechercher le porteur éventuel de ces tares, le cuniculiculteur, un instant contrarié dans son plan de sélection, pourra reprendre, à l'image de l'artiste (sculpteur), son œuvre de façonnement.

 

           Mais déjà il remarquera que le facteur temps, dans la tâche entreprise, est souvent plus qu'un rival, et que seule la patience, dans bien des cas, sera sa seule alliée.

 

           En conclusion, ce travail de sélection, méthodique, est une tâche de longue haleine, qui ne pourra être menée à bien que si l'éleveur possède les connaissances nécessaires et si, en outre, il a de la patience et de la persévérance. Il devra, de plus, disposer d’un certain nombre de cages (voire d’un nombre certain de cages !), lui permettant de séparer et de conserver les animaux nés des accouplements précités, en vue de leur reproduction, en s'attachant, si possible, à l'amélioration d'une seule race.

 

Daniel NOLD

 

 

 

MODES D’ABREUVEMENT

  

 

            Parmi les éleveurs cuniculicoles, nous sommes nombreux à chercher le mode d'abreuvement idéal pour nos animaux.

 

            Au travers de cet article je vais essayer de traiter, de la façon la plus exhaustive possible, ce passionnant sujet.

 

            Nos aïeux avaient l'habitude, pour donner à boire à leurs lapins, d'avoir recours au bon vieux pot à confiture.

 

            Ce système d'abreuvement, simple d'installation, doit être solidement fixé pour éviter au lapin de le saisir entre ses dents et ainsi de pouvoir l'emmener au fond de sa cage.

 

Ce récipient doit être nettoyé entre chaque remplissage pour empêcher le verdissement de l'eau, ainsi que la détérioration bactériologique de celle-ci ; une détérioration qui est due, principalement, à notre animal favori. Notre animal a, en effet, pour habitude, de charger ses bajoues d'aliments divers et de les relâcher, en partie, dans l'abreuvoir ; cela a pour conséquence de polluer l'eau de ce dernier.

 

            Ces pots à confiture, de nos jours, peuvent être remplacés par des récipients en inox ; des récipients, fournis avec supports, qui ont l'énorme avantage de les maintenir, de façon efficace. Ces supports se fixent très facilement et très rapidement sur la porte grillagée des cages de nos hôtes.

 

            Certains éleveurs ont coutume de donner à boire à leurs animaux, au moyen d'augettes en ciment posées directement sur la paille de la cage.

 

            Ce moyen d'abreuvement est à déconseiller : les lapins ayant une fâcheuse tendance  à vouloir mettre les pattes dans ces augettes ; des augettes qu'ils prennent plus pour une piscine que pour ce que l'éleveur peut en attendre ! Les animaux souillant cette eau, la rendent, immanquablement, impropre à sa consommation.

 

            Les systèmes d'abreuvement précités nécessitent, de la part de l'éleveur qui les adopte, une contrainte de temps importante : il se doit, pour abreuver correctement ses sujets, de remplir 2 fois par jour ces récipients, une fois le matin et une fois le soir.

 

            Très rapidement, l'éleveur peut trouver cette façon de procéder relativement fastidieuse, il a alors la possibilité d'avoir recours aux abreuvoirs dits sabots.

 

            Ces abreuvoirs conçus pour recevoir une bouteille plastique d'une contenance d'un litre et demi, va, il est certain, alléger la corvée d'eau de l'éleveur ayant vécu l'expérience du bon vieux pot à confiture ou de l'augette ciment.

 

            Si l'on excepte le problème de l'absence prolongée (vacances de l'éleveur), ce mode d'abreuvement est, à mon avis, l'idéal.

 

            Cet abreuvoir sabot est un véritable indicateur de la santé de nos animaux. L'éleveur peut en effet constater, de visu, la prise d'eau de ses sujets et le cas échéant, pour ne pas dire le plus souvent, de façon totalement individualisée.

 

            Cet abreuvoir permet, de façon simple, de réaliser des traitements spécifiques à chaque lapin, à des doses extrêmement précises.

 

            Cet abreuvoir se nettoie facilement : trempage dans un seau contenant un mélange d'eau et d'eau de Javel. L'éleveur prenant, ensuite, soin de rincer chaque abreuvoir avant leur remise en place.

 

L'éleveur qui, pour des raisons diverses et variées, est amené à s’absenter plus d'une journée, peut envisager l'installation d'abreuvoirs dits automatiques. Ce type d'abreuvoirs nécessite la mise en place d'une réserve d'eau ( bidon opaque, pour éviter la formation d’algues vertes ) avec bac détendeur de pression ( bac muni d'un flotteur, genre chasse d'eau, pour réduction de la pression d'eau ) et tuyaux en matière plastique.

 

Des tuyaux qui ne craignent ni la chaleur, ni le gel : j'ai des tuyaux qui ont 30 ans !

 

Certains éleveurs sont parfois tentés de raccorder directement leur installation au réseau d’eau général de leur habitation. Cela est fortement déconseillé car, il suffit qu’un abreuvoir se mette à fuir, pour que le compteur ne vienne à enregistrer une consommation d’eau des plus substantielle !

 

Les réserves d’eau doivent, donc, toujours être remplies, de façon volontaire, par chaque éleveur. Pour ma part, je remplis les réserves de mon installation, une fois par semaine, voire une fois tous les quinze jours, au moyen d’un simple et banal tuyau d’arrosage.

 

            L'éleveur peut installer des abreuvoirs monovalves en inox ou, plus communément baptisés, abreuvoirs ''pipette'' ; des abreuvoirs qui sont, il faut bien le reconnaître, extrêmement économique à l'achat. Des abreuvoirs qui équipent bon nombre de cages d'élevages professionnels. Des abreuvoirs, s'ils ne comportent pas de ressort, ont tendance à transformer le fond de la cage, de nos préférés, en une formidable pataugeoire !

 

            De plus, ces abreuvoirs ''pipette'' qui doivent être installés à une certaine hauteur par rapport au plancher de la cage des sujets, ne répondent, aucunement, à la façon naturelle de boire de nos lapins.

 

            Il existe une quasi homophonie entre les mots '' lapin '' et '' laper '' et chaque éleveur doit avoir présent à l'esprit que le lapin pour boire se doit de laper, c'est-à-dire boire à coups de langue, lui donnant ainsi la possibilité de déglutir.

 

            Les abreuvoirs ''pipette'' ne donnent pas à notre animal la possibilité de laper. Il n'a donc pas la possibilité de déglutir. L'eau lui arrive trop vite dans le gosier et finit, inexorablement, dans les bronches.

 

            Le vécu de la description précitée m'amène a vous affirmer que tout cela se transforme bien vite, en un coryza des plus tenace.

 

            Pour ma part, c'est un abreuvoir que j'ai définitivement proscrit de mon élevage.

 

            L'éleveur peut trouver sur le marché des abreuvoirs à pastille ou à tige.

 

            Ce type d'abreuvoir est quasiment anti-fuites. Ce sont des abreuvoirs très compacts qui sont dits anti-humidité, car il n'y a jamais d'eau dans leur coupelle, en dehors des périodes ou le lapin appuie sur la pastille ou sur la tige pour appeler l'eau.

 

            Ce type d'abreuvoir d'un bon rapport qualité/prix, est très hygiénique.

 

            L'inconvénient majeur, de ces abreuvoirs, réside dans le fait qu'il faut indiquer au lapin, qui ne connaît pas ce type d'abreuvoir, où se trouve le point d'abreuvement en appuyant parfois, plusieurs jours de suite, sur la pastille ou la tige de ce dernier. Délicat problème quand l'élevage a un nombre important de cages !

 

            Il existe enfin une catégorie d'abreuvoirs automatiques dits à niveau d'eau constant.

 

            Ces abreuvoirs sont munis d'un flotteur et d'un joint qui vient obturer le trou d'épingle, par lequel l'eau arrive dans la coupelle.

 

            Ce type d'abreuvoir qui équipe un très grand nombre de cages d'élevages amateurs est d'un prix tout à fait acceptable par rapport au service qu'il rend à l'éleveur.

 

            Le problème que pose ce genre d'abreuvoir est celui de la qualité de l'eau restant, de façon permanente, dans la coupelle de cet abreuvoir. L'éleveur a tendance à constater le verdissement de cette eau, ainsi que le dépôt d'aliments divers que peut faire notre animal favori ; un dépôt d’aliments qui, inexorablement, pollue celle-ci.

 

            Avec ce genre d'abreuvoir, l'éleveur se doit de les désinfecter, périodiquement, par trempage, dans un mélange d'eau et d'eau de Javel.

 

            Ces abreuvoirs sont d'une conception généralement simple ; le changement éventuel de joints est, tout à fait, possible.

 

            L'éleveur veillera à enlever les poils venant se coller sur la coupelle, des poils qui véhiculent l'eau par capillarité, provoquant, si l'éleveur n'y prête garde, un vidage rapide des réserves d'eau.

 

            Avec une installation d'abreuvement d'eau automatique, il est important pour réaliser des traitements, de ne jamais mettre les produits vétérinaires, directement, dans les réserves d'eau, car cela encrasse les tuyaux.

 

De même que je déconseille, fortement, d’ajouter du vinaigre dans les réserves d'eau. Croyez-en mon expérience : j'ai mis environ 4 ans avant de retrouver un fonctionnement normal de mon installation d'eau ; pendant ces 4 ans, de temps à autre, pour ne pas dire souvent, j'ai eu de nombreux abreuvoirs, à niveau d'eau constant, dont le trou d'arrivée d'eau ( de la taille d'une tête d'épingle ) venait à s'obstruer : une vraie galère !

 

            Pour réaliser les traitements, j'ai installé au sommet de chaque abreuvoir, un petit robinet en laiton ; un petit robinet qui me permet de couper l'arrivée d'eau de la cage du sujet que je veux traiter. Je peux ainsi, tout à loisir, assoiffer les animaux afin de leur administrer un traitement.

 

            A côté de l'abreuvoir automatique, j'ai installé des récipients en inox destinés à recevoir ces différents traitements ; des récipients en inox qui me permettent, de plus, de mettre à boire aux animaux, lorsque le gèle sévit.

 

            Une fois par an, je désinfecte mon installation d'eau en ajoutant, à l'eau de mes réserves, un produit à base d'iode et cela à une dose infinitésimale.

 

            Ce dosage me permet de désinfecter l'installation tout en la maintenant en service. L'iode, distribué à la dose précitée ne présente, pour les lapins, aucune toxicité.

 

            Quand l'hiver est là et que les gelées font leur apparition, tous les tuyaux sont généralement pris en glace. Dans cette situation, il vaut mieux éviter d'ouvrir trop brutalement les portes des cages, cela, pour éviter de courir le risque de casser les petits tés de dérivation de l'installation ; des petits tés qui sont en plastique extrêmement cassants.

 

Daniel NOLD

 

 

PRODUITS SANTE DU LAPIN

 

 

LE VINAIGRE DE CIDRE :

UNE SOURCE DE BIENFAITS ET POUR NOUS...

ET POUR NOS LAPINS

 

Le vinaigre de cidre est un très vieux remède à redécouvrir et à utiliser, en toute occasion, pour ses nombreux effets positifs sur la santé du corps. Les anciens l'appelaient l'élixir de jeunesse. Autrefois, les gens fabriquaient et utilisaient leur propre vinaigre de cidre pour nettoyer, conserver les aliments, désinfecter et aussi en boire, tous les jours, à petite dose, pour améliorer leur santé, prolonger leurs jours et éloigner la maladie. Nos ancêtres connaissaient, parfaitement, tous les bienfaits thérapeutiques du vinaigre de cidre.

 

De génération en génération, ces croyances anciennes, sur l'efficacité de ce remède, ne nous ont pas toutes été transmises. Avec l'avènement du vinaigre de cidre industrialisé et pasteurisé, les gens ont cessé de fabriquer leur propre vinaigre et d'en consommer régulièrement pour leur santé.

 

Heureusement, grâce à l'existence de pomiculteurs-vinaigriers, on retrouve sur le marché un vinaigre de cidre 100% pur, authentique, fait selon les traditions anciennes, vieilli en baril de chêne et non-pasteurisé. Il est important de choisir le véritable et authentique vinaigre de cidre pour sa santé et celle de ses lapins.

 

En médecine douce, on le considère, présentement, comme un excellent complément pour tous ceux qui désirent améliorer leur état de santé. Par son acidité naturelle, le vinaigre de cidre pur aide l'organisme à se nettoyer et à se régénérer. Le vinaigre de cidre contient plus d'une trentaine de substances nutritives importantes, une douzaine de minéraux, plus d'une demi-douzaine de vitamines et d'acides essentiels, plusieurs enzymes et une bonne dose de pectine. Il est particulièrement riche en potassium et en d'autres oligo-éléments tels que le phosphore, le calcium, le magnésium, le soufre, le fer, le fluor, le silicium, le bore et bien d'autres. Le vinaigre de cidre nous assure un renouvellement minéral constant Il concentre et favorise l'absorption de plusieurs minéraux essentiels tel que le calcium. Le potassium est à nos tissus mous ce que le calcium est à nos tissus durs.

 

Il n'y a aucun danger à consommer le véritable vinaigre de cidre tous les jours modérément. La consommation régulière du vinaigre de cidre semble très favorable à la santé. Il tend à rééquilibrer le métabolisme général de tout le corps.

 

N'espérez pas être débarrassé de tous vos problèmes de santé avec une ou deux rasades de vinaigre de cidre, du jour au lendemain. C'est la petite dose, prise tous les jours, régulièrement, qui vous apporte un bien-être, après un certain temps. Au début, il est préférable d'utiliser une petite quantité de vinaigre, puis de l’augmenter, par la suite, si nécessaire. Les personnes de tout âge peuvent consommer du vinaigre de cidre nature.

 

Prendre l'habitude d'incorporer le vinaigre de cidre pur dans votre routine quotidienne pour conserver ou améliorer votre état de santé. Il contribue, depuis toujours, au maintien d'une bonne santé.

 

On conseille d'en prendre 1 à 2 cuillère à café chaque jour, dilué dans de l'eau avec, éventuellement, un peu de miel.

 

Les qualités de bienfaits du vinaigre de cidre, si elles sont bonnes pour nous humains, le sont, bien évidemment, tout autant pour nos protégés. Cet article a donc été bâti en énumérant tout d’abord, nombre de bienfaits pour nous humains, puis, ensuite, pour nos lapins.

 

Digestive et peptique

 

Le vinaigre de cidre contribue à la bonne marche de notre système digestif en augmentant ses enzymes, en détruisant les bactéries nuisibles et en absorbant le trop plein d'acides de l'estomac. Il est donc excellent contre les brûlures, les spasmes et les gaz d'estomac.

 

Il facilite la digestion lente et aide l'estomac à passer au travers des intoxications alimentaires. On l'utilise aussi pour éliminer des problèmes de constipation, de spasmes et les gaz intestinaux. Il crée des conditions favorables au renouvellement de la flore intestinale.

 

Pour contrer une digestion laborieuse, prendre le vinaigre de cidre une demi-heure avant le repas. Pour dissiper la constipation, le prendre au coucher.

 

Pour aider à éliminer les brûlures d'estomac, le prendre pendant le repas.

 

Le vinaigre de cidre pur, consommé à dose modérée, ne provoque pas de brûlures et encore moins d'ulcères. Il nettoie le canal urinaire et permet de maintenir une solution acide. On suggère de prendre une petite dose de vinaigre de cidre chaque jour pour réduire les risques d'une infection des reins ou de la rate.

 

En résumé, côté digestion, le vinaigre de cidre :

  1. ·             contribue à la bonne marche de notre système digestif en augmentant ses enzymes,

  2. ·             détruit les bactéries et en absorbe le trop plein d'acides de l'estomac,

  3. ·             est donc excellent contre les aigreurs, les spasmes et les reflux gastriques,

  4. ·             aide à la digestion lente et vous évitera les intoxications alimentaires,

  5. ·             aide au renouvellement de la flore intestinale,

  6. ·             règle vos soucis de constipation (le prendre au coucher),

  7. ·             neutralise les aigreurs d'estomac (le prendre pendant le repas),

  8. ·             consommé à dose modérée, ne provoque pas de brûlures, ni d'ulcères,

  9. ·             pris quotidiennement, à raison d’une petite cuillère à café de vinaigre de cidre, évite les risques d'infection urinaire. 

Sang

  

Il favorise le Ph normal du sang, il aide la circulation sanguine en nettoyant et en éliminant les divers polluants et toxines. On le recommande pour éliminer le surplus de cholestérol. Il facilite le métabolisme des sucres. Il équilibre le niveau d'acidité de l'organisme, il donne de bons résultats dans les traitements contre la goutte. Il concourt à stabiliser la tension artérielle trop élevée ou trop basse.

 

Contre l'arthrite

 

Riche en minéraux, particulièrement le potassium, il a une action bénéfique pour le soulagement des crampes musculaires.

 

Pour les personnes arthritiques, il aide à faire dissoudre les dépôts calcaires et en favorise l'élimination. On le recommande pour les tendinites, I'arthrose, I'épine calcaire du talon, les calculs aux reins ou au foie.

 

Le vinaigre de cidre peut jouer un rôle important dans le soulagement de la douleur causée par l'arthrite car il favorise un ramollissement et une élimination du mauvais calcaire accumulé aux articulations. Il peut aider aussi à ralentir la progression de cette maladie.

 

A chaque repas et au coucher boire 1/2 verre d'eau additionné de 1 à 2 cuillères à café de vinaigre de cidre. Pour obtenir un soulagement plus rapide, appliquer de l'eau chaude et du sel sur la région atteinte et frictionner par la suite avec du vinaigre de cidre.

 

On l'utilise en application externe pour les douleurs musculaires, les inflammations, les entorses ou l'engorgement musculaire. Réchauffer la région douloureuse avec un linge trempé dans l'eau chaude additionnée de sel et frotter avec du vinaigre de cidre.

 

Détruit les graisses

 

Pour les gens souffrant d'embonpoint et de cellulite, il aide, combiné ou non à une diète, à détruire l'excès de graisses dans les cellules. Il favorise une perte de poids progressive à la dose de 2 cuillères à café, 2 à 3 fois par jour.

 

Calmante

 

On reconnaît au vinaigre de cidre la propriété de calmer le nervosité et l'insomnie : prendre avant l'heure du coucher, 1 à 2 cuillères à café de vinaigre de cidre , avec du miel pur, dans un verre d'eau tiède.

 

Pour contrer le stress de la vie quotidienne, le vinaigre de cidre peut être une thérapie naturelle de choix, car il procure la détente et favorise le sommeil : une demi-tasse, à une tasse dans l'eau d'un bain d’une durée de 15 à 20 minutes.

 

Céphalique

 

Contre la migraine et les maux de tête, on peut l'utiliser en inhalation dans de l'eau portée à ébullition: une partie d'eau une partie de vinaigre. Inspirez 80 fois les vapeurs de vinaigre.

 

Contre les maux de gorge

 

Le vinaigre de cidre permet d'éliminer les maux de gorge. Se gargariser avec 2 cuillères à café de vinaigre de cidre dans 1/3 tasse d'eau tiède et avaler la solution par la suite. Répéter au besoin chaque heure.

 

On peut l'utiliser comme sirop contre le rhume. Voici une recette de nos ancêtres :

  1. ·             1/2 tasse de vinaigre de cidre,

  2. ·             1/2 tasse d'eau.

  3. ·             1 cuillère à thé de poivre de Cayenne,

  4. ·             3 cuillère à thé de miel. 

 

Bénéfique pour certaines maladies de peau

 

En usage externe, il aide à calmer les prurits et les démangeaisons. Il atténue les démangeaisons causées par l'urticaires, l'eczéma, le psoriasis, etc.

 

Le vinaigre aide à traiter les troubles de la peau car son Ph est pratiquement le même que celui d'une peau saine. On peut l'utiliser sans danger pour toutes les affections cutanées, même pour le visage.

 

Appliqué en lotion, matin et soir, il sert d'astringent. Il tonifie l'épiderme et corrige l'action basique des savons. Se frotter le corps avec le mélange d'un tiers de vinaigre de cidre et de deux tiers d'eau fait grand bien.

 

Tonique

 

Une utilisation régulière du vinaigre de cidre pur devient un anti-fatigue, il redonne de la vitalité et soulage de la fatigue chronique.

 

Bénéfique pour les pieds

 

Pour se débarrasser des démangeaisons, cors ou champignons aux pieds, tremper les pieds dans l'eau tiède et un peu de sel, assécher et appliquer le vinaigre de cidre pur.

 

Propriétés capillaires

 

Après un shampoing, on utilise 2 à 3 cuillères à café de vinaigre dans l'eau du dernier rinçage, il donne un éclat particulier aux cheveux. Il débarrasse le cuir chevelu des pellicules et peut soulager les irritations causées par certaines maladies de peau.

 

Contre les coups de soleil

 

On peut l'utiliser contre les coups de soleil et les brûlures légères, tapoter doucement l'épiderme avec du vinaigre de cidre dilué dans un peu d'eau. Il favorise la cicatrisation des plaies et peut éliminer les gerçures.

 

Et plus encore

 

On le dit bon remède pour les vertiges, les chaleurs de la ménopause, les varices, les sueurs nocturnes, le zona, etc.

 

Le vinaigre de cidre n'est pas un remède pour aucune maladie. Si vous avez un problème sérieux de santé, consultez un professionnel de la santé.

 

 

Valeur nutritive

 

Au cours de sa transformation en vinaigre de cidre, la pomme entière, qui est écrasée ne perd aucune de ses propriétés reconstituantes et contient une douzaine de minéraux, des vitamines, plusieurs acides essentiels, des enzymes et une bonne dose de pectine.

 

Bien l’acheter

 

Le véritable vinaigre de cidre est fabriqué à partir d'un jus de pomme naturel; il est ensuite vieilli en fûts de chêne pendant 10 à 12 mois à une température contrôlée et il est non-pasteurisé.

 

Il est important d'acheter un vinaigre de cidre d'origine, c'est-à-dire pur à 100%. Le dépôt de "mère-vinaigre" qui se forme au fond de la bouteille est une garantie d'authenticité. Ce dépôt est comestible et peut être filtré, si désiré.

 

D'autres vinaigres de cidre proviennent d'un cidre tourné en vinaigre ou sont issus d'un procédé industriel fait en 48 heures ou sont pasteurisés (sans dépôt de "mère-vinaigre"). Ils peuvent contenir des colorants artificiels et des agents de conservation chimiques. Ils contiennent les mêmes éléments de base, mais sans les propriétés.

 

 

Bien le conserver

 

Le vinaigre pur à 100% est un produit qui ne s'altère en aucune façon avec le temps, qu'il soit réfrigéré ou non, étant lui-même un agent de conservation. Toutefois, il est préférable de le conserver à l'abri de la lumière.

 

Son utilisation pour nos lapins

 

            Le vinaigre de cidre est à utiliser, à partir de l’âge de 3 semaines, sur nos lapereaux, et cela à raison d’une (voire de deux cuillères à soupe de vinaigre de cidre, si présence de diarrhées persistantes) pour un 1,5 litres d’eau, pendant une à deux semaines par mois, jusqu’à l’âge de 4 à 5 mois. Au passage, cela vaut aussi pour les femelles qui sont encore avec leurs petits, pendant encore 2 à 3 semaines et, peu à peu, c’est quasiment l’ensemble des animaux de son élevage qui se trouve fortifié par ce traitement. Ce breuvage permet de lutter, efficacement et naturellement, contre la coccidiose. Si, nécessaire, en cas de persistance de diarrhées, une diarrhée qui témoigne généralement d’une présence de coccidiose, la dose de vinaigre de cidre précitée peut être augmentée, sans aucun problème particulier pour nos animaux.

 

            Personnellement, c’est un breuvage que je donne à mes lapins, avec grande réussite et cela, depuis de très nombreuses années.

 

            Il faut savoir que nos lapins ont une longueur d’intestin assez importante et que celui-ci souffre généralement d’un manque d’acidification. En ajoutant, à l’eau de boisson, ce vinaigre de cidre, on renforce l’acidification du milieu intestinal et, par voie de conséquence, on neutralise le développement des coccidies du genre Eimeria qui sont, en fait, des protozoaires eucaryotes (êtres unicellulaires dotés d’un noyau), à l’origine de la coccidiose.

 

            Depuis maintenant un an, je fabrique moi-même mon vinaigre de cidre et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette opération de fabrication n’est vraiment pas difficile. En fait, le plus délicat de l’opération, consiste à trouver du cidre sans conservateur… pour faire simple, il faut se trouver un petit producteur de cidre… et, personnellement, j’ai la chance de l’avoir en la personne d’un de mes proches.

 

            La première opération consiste donc à dénicher le petit producteur de cidre et lorsqu’on l’a découvert, il suffit d’aller acheter un vinaigrier en terre cuite d’une contenance de 5 litres ou, mieux encore, de dénicher, en brocante ou ailleurs, un tonnelet de 10, voire 20 litres. Pour le vinaigrier, je conseille une contenance de 5 litres, car, comme cela on peut commencer à soutirer 1 à 2 litres de vinaigre sans que cela nuise à la fabrication du vinaigre par rapport au cidre ajouté.

 

            Bien évidemment, pour que le cidre se transforme en vinaigre, il faut y ajouter une mère de vinaigre. Pour fabriquer cette mère de vinaigre, il suffit de mettre dans une assiette, la plus grande possible, du cidre et de recouvrir celle-ci d’un linge, genre serviette et de laisser reposer pendant plusieurs jours à une température idéale supérieure à 25 degrés C°, sachant qu’à une température moindre, cette mère viendra à se réaliser mais dans un espace de temps plus important.

 

            La mère du vinaigre est un voile léger qui va s'enfoncer petit à petit et se transformer en une masse gélatineuse. C'est en fait une bactérie, appelé par Pasteur le «mycoderme acétique», car il croyait que cela était un champignon. La "mère de vinaigre" est comestible et certains l'utilisent en cuisine, d'autres la filtrent, mais elle demeure un aliment hautement nutritionnel.

 

            Lorsque la mère de vinaigre est faite, il suffit alors que de l’ajouter au cidre que l’on a mis dans le vinaigrier ou dans le tonnelet. Au bout, généralement, de 3 à 4 mois, le cidre est transformé en vinaigre.

 

            Sinon, pour info, on peut fabriquer du vinaigre de cidre sans avoir à fabriquer sa mère de vinaigre, pour cela, soit vous récupérer un morceau de mère de vinaigre auprès d’une personne productrice de vinaigre, soit vous ajoutez directement 1 litre de vinaigre de cidre bio à 4 litres de cidre, pour un vinaigrier d’une contenance de 5 litres. En fait, je dois le confesser, c’est comme cela que j’ai pratiqué pour mettre en route ma fabrication de vinaigre.

 

            En donnant ce vinaigre à vos animaux, c’est l’assurance d’utiliser un produit totalement naturel, un produit qui vous donnera de très grandes satisfactions…

 

 

Daniel NOLD

 

Principales sources bibliographiques : Encyclopédie Ekopedia - Maladies des lapins (2ème édition) de Samuel BOUCHER et Loïc NOUAILLE (Editions France Agricole) et Internet.

 

 

 

LE VINAIGRE

 

 

            Le vinaigre est un produit tout à fait naturel qui trouve, ou qui doit trouver sa place dans la ‘’ pharmacie ‘’ de nos élevages.

 

            Couramment, pour traiter les coccidioses de nos lapins, nous avons recours à ce que nous appelons des ‘’ anticoccidiens ‘’.

 

Ces ‘’ anticoccidiens ‘’ sont des produits vétérinaires qui se révèlent être relativement efficaces dans le traitement des coccidioses que chaque éleveur que nous sommes est amené à rencontrer.

 

Les coccidioses les plus couramment rencontrées sont : la coccidiose hépatique (traces de petits kystes blanchâtres sur le foie), non mortelle et qui a un effet, réellement, néfaste sur le développement de nos sujets (réduction de la croissance); la coccidiose intestinale, très souvent mortelle et qui se traduit par de fortes diarrhées.

 

            L’éleveur devant ce genre de problèmes, se tourne, tout naturellement, vers son vétérinaire, un vétérinaire qui aura tôt fait d’identifier la cause de ses soucis.

 

Il préconisera des anticoccidiens qui, très vite, viendront à bout de la plus tenace des coccidioses.

 

            Le problème que pose ce genre de médication est, en fait, un problème d’accoutumance. L’éleveur au bout d’un à deux ans d’utilisation de ce genre de produit, risque donc, que dis-je, risque, à coup sûr ( l’expérience le prouve ), de se retrouver à la case départ, la seule solution pour lui étant, alors, de retourner voir son vétérinaire.

 

Celui-ci viendra à lui prescrire de nouveaux produits à base de sulfamides ou je ne sais quelle substance ; enfin ce qui est certain, c’est que l’éleveur aura tôt fait de se consoler, en se disant que, finalement, il fait au moins vivre, honorablement, son vétérinaire !

 

            Bien évidemment, ceci n’est vraiment pas réjouissant !

 

            Bien évidemment, l’éleveur se doit de trouver une autre alternative à ses problèmes.

 

            Cette alternative a un nom, cette alternative répond au nom de : vinaigre.

 

            La coccidiose est en fait une flore microbienne qui ne peut, réellement, se développer que dans un milieu peu acide.

 

            L’astuce pour l’éleveur va, donc, consister à acidifier le milieu intestinale de ses animaux.

 

            Rappelons pour mémoire que le lapin a près de 4 mètres d’intestin et que dans ces conditions, le problème d’une bonne acidification du milieu intestinal est tout naturellement posé.

 

            Il faut aussi savoir que, sans exception aucune, tous les lapins ont la coccidiose.

 

            Devant cette affirmation je pense que nous ne pouvons pas, nous ne pouvons, nous ne devons plus parler de ‘’ maladie ‘’.

 

            La coccidiose, les coccidioses font partie intégrante de notre animal favori.

 

            La femelle au travers de la lactation immunise temporairement ses lapereaux. En fin de lactation c'est à dire vers 3 à 4 semaines, les éleveurs remarquent, bien souvent, que leurs lapereaux présentent des signes de diarrhée.

 

Cette diarrhée est bien souvent la traduction de la coccidiose.

 

            Dés l’âge de 3 semaines, il faut, donc, appliquer, en quelque sorte, un ‘’traitement’’ qui, puisque nous n’avons pas à faire à une maladie, n’est en fait, à mon sens, qu’un correctif alimentaire ; ceci à l’instar des vitamines.

 

Pour cela, chacun de nous se doit, donc, de donner du vinaigre à ses animaux.

 

En appliquant ce correctif alimentaire, dés l’âge de 3 semaines, alors que la femelle est encore avec ses lapereaux, présente un énorme avantage ; sans trop le savoir nous faisons d’une pierre, deux coups : nous apportons ce correctif alimentaire aux lapereaux, mais nous l’apportons, aussi, à la femelle reproductrice.

 

Peu à peu, en pratiquant de la sorte, nous allons assainir le milieu intestinal de la femelle reproductrice. Elle ne rejettera que très peu de kystes ou ookystes.

 

Les kystes ou ookystes rejetés dans les excréments de la femelle reproductrice ne sont pas infestants ; ils le deviennent après au moins 48 heures passées dans le milieu extérieur dans certaines conditions de chaleur et d’humidité, en donnant des kystes « sporulés » (reproduction par spores) infestants et donc capable de se développer, à nouveau, dans l’intestin de l’animal qui l’absorbe. Un seul ookyste peut donner plusieurs dizaines de milliers ookystes infestants.

 

Pour en revenir au vinaigre, on peut affirmer que tous les vinaigres sont bons.

 

Mais quitte à donner du vinaigre, il est toujours préférable de cumuler les avantages et l’idéal, le summum des vinaigres est celui dit de cidre, suivit par celui dit de vin, tous deux contenant de l’acide acétique dilué fort utile au développement des lapereaux.

 

L’acide acétique, acide organique de formule CH3COOH, est le membre le plus important de la famille des acides carboxyliques. Il joue avec ses dérivés un rôle essentiel dans de nombreuses synthèses et dégradations biologiques accompagnant le métabolisme des aliments et la formation des tissus. Le vinaigre contient aussi une multitude d’oligo-éléments essentiels ainsi que des vitamines. Le vinaigre de cidre, par exemple est bourré d’aminoacides essentiels et d’enzymes salutaires. La formation de ces protéines complexes a lieu pendant la fermentation.

 

En fait, le vinaigre est un liquide acide qui est fait à partir du vin, du cidre, de la bière ( ou de la plupart des boissons modérément alcoolisées ) suite à une fermentation acétique. C’est-à-dire que l’alcool se mélange à l’oxygène contenu dans l’air. Puis l’alcool ‘’disparaît’’. Cet alcool se transforme en acide acétique et en eau.

 

L’acide acétique est ce qui donne au vinaigre ce goût caractéristique âpre et piquant. La fermentation acétique qui produit le vinaigre est due à un micro-organisme minuscule, le bacille du vinaigre. Cette bactérie est naturellement présente partout dans l’air.

 

Entre toutes les sortes de vinaigres, le vinaigre de cidre contient à lui seul plus de trente éléments nutritifs importants, une douzaine de minéraux et plus d’une demi douzaine de vitamines et acides essentiels ainsi que plusieurs enzymes. De plus, il contient une bonne dose de pectine, ce qui est bon pour le cœur.

 

La composition exacte d’un vinaigre dépend de ce dont il est fait. Même le vinaigre de cidre varie en fonction de la variété de pommes utilisée et de leur état. C’est une des raisons pour lesquelles les hommes de science médicale ne savent pas toujours pourquoi ou comment le vinaigre favorise la guérison. Ils savent en tout cas que c’est à la fois un antiseptique ( il tue les microbes qu’il touche ) et un antibiotique ( il contient des bactéries qui sont les ‘’ennemies’’ des micro-organismes infectieux ). Le vinaigre se révèle plus efficace à détruire les bactéries que certains produits du commerce.

 

Le vinaigre de cidre est très semblable aux substances chimiques sécrétées naturellement dans l’estomac. C’est pourquoi on l’a traditionnellement vanté de pouvoir faciliter la digestion. On pense donc que s’il facilite la digestion, une amélioration du métabolisme devrait en résulter.

 

D’autre part beaucoup considèrent que le vinaigre est capable d’attaquer et de tuer les bactéries nuisibles ayant envahi le tube digestif. Ce qui peut diminuer les risques de toxémie et autres infections sanguines.

 

Il faut aussi savoir que le vinaigre aide à digérer la cellulose.

 

Un rapport traitant de l’aptitude du vinaigre à tuer les bactéries se trouvant dans les légumes comestibles, mentionne : ‘’... une solution de vinaigre pendant un quart d’heure exerce un effet bactéricide prononcé contre cet organisme.

 

L’Université d’Addis-Abeba, en Ethiopie, rapporte qu’elle est en train de tester le vinaigre pour détruire les parasites des aliments. Les résultats préliminaires obtenus indiquent que le vinaigre détruit ces parasites plus rapidement que tous les autres moyens testés !

 

Historiquement, les infections du visage, des oreilles et des yeux se traitaient avec une solution de vinaigre et d’eau.

 

Les médecins sont en train de considérer la possibilité de traiter certaines infections oculaires avec du vinaigre dilué. En ce moment même, il est utilisé comme désinfectant hospitalier. Par exemple, à l’hôpital de Yale-New Haven, les infections oculaires postopératoires étant devenues un problème, leur Service Bactériologique l’a résolu avec du vinaigre ordinaire. Les lavabos où les chirurgiens se brossent les mains avant une opération furent régulièrement nettoyés avec une solution de 0,5% de vinaigre ordinaire. Le vinaigre s’est avéré plus efficace à détruire les bactéries que le produit du commerce qu’il a remplacé.

 

L’éleveur peut aussi donner du vinaigre d’alcool, coloré ou non, qu’il soit à 6 ou 8 degrés. Le choix de l’éleveur, en matière de vinaigre, réside en fait dans des histoires de coût.

 

Ce vinaigre est à donner à la dose de 15 cm3 (voire de 30 cm3 soit deux cuillères à soupe de vinaigre de cidre, si présence de diarrhées persistantes) pour un 1,5 litres d’eau, pendant une à deux semaines par mois et ce, jusqu’à l’âge de 4 à 5 mois.

 

Vous pouvez aussi verser le contenu des 2 cuillères à soupe dans un petit récipient en plastique et marquer, sur celui-ci, le niveau obtenu d’un trait de marqueur noir. Ce récipient plastique vous facilitera le dosage de vinaigre.

 

En fait, le dosage préconisé est celui actuellement utilisé dans mon élevage, un dosage apparemment satisfaisant (les animaux ne présentent plus aucun signe de diarrhée) ; un dosage obtenu au fil des ans.

 

Dans mon élevage, les lapereaux commencent à boire ce breuvage, à l’âge de 3 semaines et jusqu'à l’âge de 4 mois.

 

Il est important de donner cette boisson à base de vinaigre, de façon continu, pendant les 5 premières semaines de ‘’ traitement ‘’, c’est à dire jusqu'à ce que le lapereau ait atteint l’âge de 8 semaines. Le sevrage étant intervenu à l’âge de 6 semaines.

 

Vous pouvez suspendre ensuite ce ‘’ traitement ‘’ une semaine par ci par là et vérifier, tout à loisir, l’efficacité de ce breuvage : absence de diarrhée.

 

De plus, si vos lapereaux sont sur paille et pour éviter tout problème de contamination entre sujets, il est fort judicieux d’utiliser le superphosphate.

 

Ce superphosphate qui, lui aussi, est un produit acide, complète, de façon significative, la prophylaxie de la coccidiose, la prophylaxie des coccidioses.

 

Le mot prophylaxie étant, je le reconnais, sans doute, un mot un peu fort, puisque celui-ci, dans sa définition, indique qu’il vise à protéger contre une maladie ou à prévenir celle-ci et que j’ai indiqué, précédemment, que ces coccidioses ne sont aucunement des maladies.

 

 

Daniel NOLD

(Support de référence : le Livre du Vinaigre d’Emily Thacker)

 

 

 

LE SUPERPHOSPHATE

 

 

            Les uns et les autres avons souvent remarqué que, parfois, nos lapins se mettaient à éternuer. Ces éternuements qui ne sont, en règle générale, aucunement du coryza, ont le don d’agacer, quelque peu, chaque éleveur que nous sommes. Ces éternuements sont, le plus souvent, dus, au dégagement d’ammoniac de la litière de nos animaux et cela, notamment, en période estivale.

 

            L’éleveur, pour résoudre ce problème, n’a pas d’autre alternative que de nettoyer, très régulièrement ses clapiers. Malheureusement, l’éleveur fait fausse route : le lapin, qui est un animal fragile, se stresse facilement ; il ne doit surtout pas être nettoyé trop souvent. La litière de nos sujets n’est donc à changer, en principe, que toutes les 3 à 4 semaines.

 

            Le lapin, dont la litière vient d’être changée, se doit à nouveau de marquer son territoire, de prendre de nouveau ses marques. Il effectue cette opération, au moyen de glandes odoriférantes placées, entre autres, sous le menton.

 

Chaque éleveur, que nous sommes, a sans doute, un jour ou l’autre, remarqué la façon, si caractéristique, qu’avaient les lapins de se frotter le dessous du menton ou bien encore, pour les mâles, de se bourrer de la paille sous le ventre. L’éleveur doit savoir que cette opération de marquage de son territoire, fatigue notre animal favori. Le fait de se retrouver dans une cage, dont le principal élément a été changé, provoque, chez lui, angoisse, stress. Pour vous donner une aperçu, de la situation vécue par notre animal préféré, imaginons, un instant, que, toutes les semaines, l’on vous change le mobilier de votre habitation...sans nul doute, déstabilisant, n’est-il pas ?

 

Pour résoudre le problème posé, problème dont je viens, donc, de vous exposer les principaux tenants et aboutissants, nous avons eu recours à une poudre ; quand je dis, nous, je veux parler de quelques éleveurs qui ne voyons plus que par cette poudre magique.

 

Non, cette poudre n’est pas de la poudre de perlimpinpin !

 

Cette poudre blanchâtre, que l’on peut comparer à de la farine, porte le nom rébarbatif de « superphosphate ».

 

Ce superphosphate neutralise les dégagements d’ammoniac.

 

Ce superphosphate assèche les litières.

 

Ce superphosphate réduit la flore microbienne du clapier, une flore microbienne, souvent, néfaste à nos chers animaux.

 

Utilisé à la dose d’un pot à yaourt par cage, toutes les semaines, le superphosphate assaini considérablement le milieu ambiant des clapiers.

 

Le superphosphate n’est pas toxique : les animaux peuvent être en contact direct avec celui-ci.

 

Les animaux peuvent absorber, sans risque, le superphosphate.

 

J’ai mené l’expérience de répandre du superphosphate sur des litières où des lapereaux présentaient une diarrhée, relativement, importante.

 

Les animaux, piétinant ce superphosphate, se sont trouvés, très vite, asséchés.

 

Au bout de quelques heures, tous les symptômes de diarrhée avaient disparu.

 

Dans le cas précité, j’ai utilisé, le superphosphate, à la dose de 2 petits pots à yaourt par cage, sans aucun ajout de paille.

 

Dans l’idéal, lorsque l’on vient de nettoyer une cage, saupoudrer, directement, sur le fond de celle-ci, à la dose d’1 à 2 petits pots à yaourt, ce superphosphate.

 

Il suffit, ensuite, de remettre de la paille.

 

En entretien courant et pendant 3 à 4 semaines, il faut répandre, sur la litière, cette poudre, à la dose d’1 pot à yaourt, puis de couvrir cette poudre avec quelques poignées de paille.

 

Le fait d’espacer les opérations de nettoyage de vos clapiers, est économique pour l’éleveur : gain de temps, gain d’argent.

 

Pour les animaux, c’est l’assurance d’un bien-être garanti.

 

L’utilisation permanente du superphosphate fait diminuer, de façon spectaculaire, les problèmes de coccidiose et d’éternuements ; éternuements qui dérivent, parfois, vers du coryza chronique.

 

Depuis quelques mois, un fabricant de superphosphate, a ajouté une odeur de pin : croyez-moi, c’est divin !

 

Avec, quelque peu d’imagination, quand je me rends dans l’élevage, j’ai l’impression de rentrer dans une forêt...dans une forêt de pins des Landes !

 

Et pour conclure, le superphosphate , si vous ne l’avez, déjà fait, est à essayer d’extrême urgence : résultats garantis... Avis de convaincu !

 

                                                             Daniel NOLD

 

 

LE GUIDE SANTE DU LAPIN

 

 

LES AFFECTIONS DE L’ŒIL

 

 

            Certaines souches de lapins semblent plus sensibles que d’autres, à des affections de l’œil. Ces affections qui sont, soit des conjonctivites (inflammation de la conjonctive), soit des kératites (inflammations de la cornée), deviennent, parfois, chroniques.

 

            Ce sont, le plus souvent, les lapereaux qui en sont victimes.

 

Ces affections évoluent, éventuellement, spontanément, vers la guérison, mais en règle générale, et le plus souvent, elles se transforment en un état chronique qui peut se traduire par des lésions, plus ou moins graves. L’éleveur, au niveau de ses reproducteurs, aura donc soin d’éliminer tout sujet présentant des signes évidents de déficiences ophtalmiques.

 

L’ophtalmie (affection inflammatoire de l'œil) atteint, particulièrement, les lapereaux ; ils ont les yeux collés, les paupières sont recouvertes de petits boutons séreux ; le traitement est très simple : décoller les paupières avec de l’eau tiède, ou du sérum physiologique, et laver pendant deux à trois jours avec de l’eau boriquée, de l’eau de camomille ou, dans les cas les plus graves, avec une solution d’acétate de plomb, à raison de 15 g, pour un litre d’eau bouillie. Il arrive, parfois, que la paupière soit retournée à l’intérieur de l’œil et que les cils frottant sur celui-ci amènent à une inflammation provoquant une légère sécrétion. Il suffit, pour amener la guérison, de débrider, légèrement la paupière avec un bistouri. Cette opération, quelque peu, délicate, et si le sujet en vaut la peine, sera réalisée, de préférence, par un vétérinaire.

 

L’ophtalmie peut accompagner certaines maladies et donc en être la résultante directe : coryza, coccidiose et autres affections infectieuses. Elle peut être due à des coups, des traumatismes, des courants d’air, des frottements répétés, des vapeurs ou gaz irritants (fumigations, dégagements ammoniacaux, etc.), des vecteurs extérieurs : insectes, balles de graminées, etc.). Le larmoiement, qui fait suite à l’ophtalmie, peut être, dans certains cas, purulent. Si la cause persiste, la maladie peut devenir chronique : l’œil pleure constamment et survient l’inflammation et l’ulcération de la cornée.

 

            Les agents responsables de telles déficiences ophtalmiques sont, soit des microbes, soit des virus. Parfois, il s’agit de phénomènes de photosensibilisation, à la suite de traitements ou bien encore au type d’alimentation (certaines luzernes, par exemple). Ces lésions, sont parfois observées sur des lapins, de type albinos, qui sont exposés à un éclairage éventuellement trop violent (clapiers par trop ensoleillés).

 

Dans le principe, dès qu’un lapin souffre des yeux, l’éleveur se doit de le placer dans un endroit sombre ou, tout du moins, à l’abri des rayons directs du soleil ou d’une lumière trop vive, car chaque irritation influe défavorablement sur les maladie des yeux.

 

            Les traitements en passent, tout d’abord, par une désinfection soigneuse du matériel : boîte à nid, fond de cage, etc. Cette désinfection doit se faire de manière régulière. Ce n’est qu’en pratiquant ainsi que chacun de nous, sommes le plus à même de pouvoir éliminer les agents microbiens devenant pathogènes sous l’impulsion de causes favorisantes ; causes parfois très difficiles à déterminer. Ne pas hésiter à séparer et isoler les sujets présentant une quelconque lésion oculaire. Ceux-ci, ensuite, devront recevoir des instillations dans les yeux, à l’aide d’acide borique à 1%, d’argyrol à 1,5 %, ou bien encore, par des pommades antibiotiques conjuguées à des corticoïdes. On peut utiliser une solution astringente, qui a pour effet de resserrer les tissus vivants (eau blanche tiède très légère). En cas de sécrétion purulente, l’éleveur pourra toucher la conjonctive (la conjonctive qui occupe les intervalles entre les organes ou entre les éléments d'un même organe et qui assure les rôles de lien, de remplissage, d'emballage et de soutien), avec un tampon imbibé d’une solution de nitrate d’argent à 1%, suivit, aussitôt après, d’un lavage de l’œil et, cela, avec une solution boriquée (acide borique : poudre blanche, cristalline, à propriétés faiblement antiseptiques). Après le lavage de l’œil on peut faire des instillations de collyre. Il existe, actuellement, d’excellents collyres pour chiens et chats, donnant des résultats tout à fait satisfaisants dans le traitement des affections oculaires.

 

Pour éviter qu’un larmoiement ou une suppuration intenses, ou trop prolongés, fassent tomber les poils, on aura soin d’enduire de vaseline ou d’huile d’olives, les parties situées sous l’œil. De toute façon, on aura toujours soin de décoller les paupières et, en cas de complications d’ulcération de la cornée, de ne pas hésiter à aller voir un vétérinaire.

 

            L’éleveur surveillera, attentivement, l’apparition de ces lésions oculaires, dans ses portées. S’il lui apparaît que telle souche se montre plus sensible que telle autre, cette souche devra être éliminée de la reproduction. En tout état de cause, il aura soin d’apporter à ces animaux une alimentation équilibrée pour éviter toute carence de tel ou tel élément. Ces carences sont, en général, des avitaminoses A, provoquant, le plus souvent, des conjonctivites.

 

            La vitamine A se trouve en abondance dans les verdures, comme l’ortie, à l’état de carotène ou provitamine, dans la luzerne fraîche ou ensilée, les choux frais, le maïs, jaune ou rouge, les carottes rouges.

 

            L’absence ou l’insuffisance de vitamine A dans la ration provoque un retard de croissance et, de façon générale, un manque de résistance aux maladies. Cette absence, ou insuffisance de vitamine A, dans la ration alimentaire de nos animaux, se traduit par du coryza, de l’ophtalmie et une disposition au parasitisme. Cette vitamine A peut être distribuée sous forme buvable ; c’est un moyen extrêmement pratique pour les éleveurs nourrissant, exclusivement, leurs animaux au moyen d’aliments composés du commerce.

 

            Les vitamines sont des substances qui agissent à doses infinitésimales et qui sont indispensables à la santé des hommes et des animaux. Pour éviter de voir surgir telle ou telle affection, chacun de nous aura soin de distribuer, à ses sujets, de façon périodique et systématique, ces vitamines ô combien salutaires !

 

            En distribuant ces vitamines de façon périodique, l’éleveur agit donc de façon préventive et est le plus à même d’éviter tout problème d’ordre ophtalmique.

 

            Pour en revenir aux lapereaux, nous sommes nombreux à avoir fait la constatation que, parfois, certains lapereaux, au sortir du nid, avaient les yeux collés. L’éleveur se doit, alors, d’ouvrir ceux-ci, le plus rapidement possible, sous peine de voir les yeux de ces lapereaux marqués de taies (tache opaque de la cornée, constituée par une cicatrice à la suite d'une inflammation). En général, l’inspection des nids vers le 13ème ou 14ème jours, prévient ce genre de déboires. Avant d’inspecter les nids, l’éleveur aura soin d’éloigner les femelles des cages concernées par cette revue de détail. Au moyen d’une plante aromatique : thym, par exemple, en s’en frottant les mains, l’éleveur fera disparaître son odeur humaine. Ensuite, il inspectera chaque nid. Lorsque, en cas de constatations d’œils collés, l’éleveur aura soin d’ouvrir ceux-ci, en les frottant au moyen d’un coton imbibé d’eau tiédie (servant au ramollissement des tissus). Avant de replacer les femelles, dans chacune de leur cage, attendre que les lapereaux se soient apaisés.

 

Il est à remarquer que certaines femelles reproductrices, ou, du moins, certains croisements réalisés, se révèlent être désastreux en matière d’œils collés. En tenant un cahier d’élevage, dans lequel, chacun de nous aura pris soin de noter ce type d’informations, il est sûr que nous sommes le plus à même de pouvoir éliminer ce genre de problèmes.

 

On observe, parfois, chez un sujet, des lésions oculaires : œil rouge, larmoyant, avec paupières irritées et rouges, qui sont, éventuellement, gonflées. Devant ce genre de lésions, beaucoup d’éleveurs paniquent et croient déceler un début de myxomatose ; ils éliminent, sans plus attendre, le ou les sujets victimes de ces lésions. En général, il s’agit d’une ophtalmie bien inoffensive et facile à guérir avec quelques gouttes de collyre antiseptique. Il est très important de faire la différence entre ophtalmie simple qui n’atteint, le plus souvent, qu’un œil et qui ne s’accompagne pas des petites tumeurs cutanées des oreilles que l’on trouve habituellement en cas de myxomatose.

 

Il faut savoir, que la myxomatose, qui est donc une maladie extrêmement grave, provoque une inflammation des paupières mais aussi du nez qui peuvent suppurer ; la tête enfle, les oreilles pendent. En cas de constatations de tels symptômes, l’abattage des animaux est nécessaire et l’éloignement des cadavres, ainsi que leur destruction, par enfouissement et utilisation de chaux vive, est indispensable.

 

En cas de larmoiement persistant, nos protégés peuvent, éventuellement, être victimes de cénurose sérialis. La cénurose est un ensemble de troubles causés, chez le lapin, par la présence de forme larvaire, c’est-à-dire un hôte intermédiaire du ténia du chien appelé ténia sérialis, qui s’installe, sous forme de kystes, dans le tissu conjonctif, entre les muscles et sous la peau, apparaissant sous l’aspect de boules élastiques pouvant aller de la dimension d’un œuf de pigeon à celle d’un œuf d’oie.

 

Cette boule d’eau contient une multitude de têtes de ténias. Les troubles occasionnés sont, généralement, peu importants, à moins que les parasites soient très nombreux, ou volumineux si plusieurs adhèrent entre eux, auquel cas, ils parviennent à affaiblir gravement ou à gêner mécaniquement leur hôte.

 

Ce cénure ou ces cénures résident, principalement, au niveau de la tête (causant des larmoiements), du cou, du dos et, très souvent, dans les cuisses. Des paralysies peuvent survenir si le ou les cénures viennent à se loger dans la moelle épinière.

 

Le lapin domestique s’infecte, comme dans la cysticercose pisiforme, en avalant, éventuellement, des aliments souillés par des excréments de chiens ou autres carnivores tels que renards (porteurs de ténias sérialis). Les chiens s’infectent par ingestion de viscères de lapins, porteurs de cénures. Les kystes de cénures sont enlevés très facilement, par un vétérinaire, au bistouri. Les moyens de lutte contre la cénurose sont les mêmes que ceux employés contre la cysticercose.

 

Ces moyens de lutte sont, avant tout, d’éviter que les lapins ne puissent absorber de l’herbe ou du foin pouvant avoir été souillés par des excréments de chiens ; d’où le danger de ramasser de l’herbe au bord des chemins. Chaque propriétaire de chiens étant, de plus, éleveur de lapins, évitera, si possible, que ses chiens ne mangent de la viande de lapins, porteurs ou non de cénures ou puissent absorber des viscères de lapins, porteurs ou non de cysticerques.

 

Dans le principe, les chiens expulsent avec leurs selles, des anneaux, de ténia, qui libèrent ensuite des œufs. Ces œufs se transforment en larves qui se trouvent sur l’herbe ou le foin pouvant servir à nourrir nos protégés. Les lapins mangeant ce foin, ou ces herbes, sont automatiquement contaminés. Ces larves, une fois arrivées dans l’intestin du lapin, passent dans le sang et viennent se fixer à différents endroits du corps de nos lapins.

 

Si les larves, ou embryons, rejetés par le chien, sont absorbés par des jeunes lapins, en très grande quantité, il s’ensuit une inflammation mortelle du foie (cysticerques). Dans ce cas, les embryons du ténia du chien se présentent, chez le lapin, sous forme d’œufs minuscules rappelant le tapioca. Le foie, très friable, fortement enflé, présente des traînées de sang brunâtre et il dégénère. Au contraire, si les embryons sont avalés en petite quantité, on ne remarque rien de particulier chez le lapin, si ce n’est qu’il ne grossit pas comme il devrait. Souvent, après abattage, on observe, sur ces animaux, des grappes de ces vésicules claires ; on peut compter de trente jusqu'à cent de ces cysticerques chez le même lapin. Au bout d’un certain temps, ces vésicules peuvent brunir et se ratatiner.

 

L’article d’aujourd’hui a traité, avant tout, des affections de l’œil en terme d’inflammations et n’a pas abordé le problème de dégénérescence génétique (glaucome). Notons, simplement, que le glaucome est une affection qui se traduit, en règle générale, par un bleuissement et une hypertrophie de l’œil pouvant toucher, de temps à autre, de très jeunes animaux, provoquant, éventuellement, chez ces derniers, des inflammations, voire des larmoiements. Par contre, chez un sujet adulte, lorsque celui-ci est victime de glaucome, il n’y a pas, en règle générale, d’inflammation ni d’écoulement oculaires particuliers.     

 

                                                    Daniel NOLD

 

 

LA CHEYLETIELLOSE

 

 

SYMPTOMES ET CAUSES DE LA MALADIE

 

 

Tout d’abord, on prend conscience du problème par l’existence de pellicules blanchâtres que le ou les sujets atteints peuvent présenter généralement au niveau des épaules, juste en arrière du cou. Un endroit que les lapins ne peuvent facilement atteindre pour se gratter. En fait, ces pellicules sont des squames, c’est-à-dire des lamelles d’épiderme qui se détachent de la peau.

 

Un acarien assez fréquent, le Cheyletiella parasitovax se loge sur le dos du lapin et se nourrit des squames. Ce parasite est souvent associé à Leporacarus gibbus. Au début, le ou les lapins semblent juste avoir quelques pellicules, mais ensuite, ils se desquament, puis peuvent perdre leurs poils. Ces parasites peuvent aussi creuser de micro-tunnels sous la peau et, éventuellement, être vecteur de transmission de maladie, entre autres, la myxomatose.

 

Ce parasite prolifère plus particulièrement au printemps. Mais, en fait, on peut aussi le rencontrer à d’autres périodes de l’année. Les animaux atteints souffrent de démangeaisons. Pour information, l’homme peut être contaminé au contact de lapins présentant cette maladie.

 

Personnellement, sur des mâles assez âgés, l’extension a pu atteindre tout le manteau. Si l’on n’y prête garde, des lésions croûteuses devenant sanguinolentes peuvent apparaître, conduisant les sujets à un état de faiblesse évident (perte de poids, animaux prostrés, etc.).

 

La durée de vie de Cheyletiella parasitovax est d’environ 5 semaines.

 

 

 

DIAGNOSTIC DE LA MALADIE

 

 

Le diagnostic est rapide. Il suffit de brosser énergiquement le lapin avec une brosse à dents sur une feuille de papier et d'écouter attentivement. Les petits parasites déposés sur la feuille grattent le papier et font un petit bruit assez caractéristique. Il suffit alors de les observer en utilisant une forte loupe ou un microscope pour les identifier plus sûrement. Un test dit "scotch test" peut être réalisé. On pose un morceau de ruban adhésif sur la peau du lapin et on retire ainsi les parasites collés.

 

 

TRAITEMENT DE LA MALADIE

 

 

En ce qui concerne le traitement, il est assez facile à réaliser et donne des résultats de guérison très rapides. Le produit que j’utilise répond au nom d’IMAVERAL (Laboratoire JANSSEN). Il est conditionné en flacon de 100 ml et peut être utilisé pendant une très grande durée (plus de 10 ans), et cela, sans perte d’efficacité. Sa consistance se présente sous forme de liquide huileux, assez épais, et doit être mélangé à de l’eau légèrement tiédie. L’idéal est d’utiliser une petite bouteille d’eau en plastique dans laquelle on met la dose de produit (qui peut être doublée pour encore plus d’efficacité) que l’on peut prélever au moyen d’un seringue (précision de dosage), puis d’y ajouter un fond d’eau tiédie. On referme alors la bouteille et on secoue, énergiquement, pour obtenir une grande homogénéisation. Verser le produit obtenu à l’emplacement des squames du lapin, en ayant eu soin de créer un léger creux et massez. Recommencer l’opération deux jours plus tard, et, généralement, le tour est joué : la guérison est au rendez-vous.

 

D’autres traitements peuvent être réalisés par, entre autres, l’administration d'IVERMECTINE ou d'AMITRAZ, en bains ou en pulvérisations (mélange eau / AMITRAZ dosé à 0,025 %).

 

 

 

MESURES SANITAIRES

 

 

Lorsque l’on a identifié un animal atteint par cette maladie, le mieux est de l’isoler et, surtout, de désinfecter sa cage en ayant eu soin de retirer sa litière. Un mini vide sanitaire, de quelques semaines, de la cage occupée par le sujet malade doit être réalisé. Une inspection, de tous les sujets est recommandée pour vérifier la présence éventuelle de, ou des acariens, à l’origine de la maladie.

 

Enfin, lors de cet examen et, entre chaque sujet, pour éviter la propagation de la maladie, se désinfecter les mains avec, par exemple, un gel antibactérien.

 

 

 

Daniel NOLD

 

Source bibliographique :

 Maladies des lapins (2ème édition)

Samuel BOUCHER et Loïc NOUAILLE

 

 

 

LE CORYZA

 

 

            C’est un véritable fléau qui touche bon nombre d’élevages amateurs et professionnels.

 

Nos animaux sont pris d’éternuements répétés, accompagnés, très souvent, d’écoulement nasal clair et de larmoiement. Bien vite, les symptômes s’aggravent et l’écoulement nasal devient purulent, jaunâtre et abondant, il s’agit alors de coryza contagieux ; une forme de coryza qui ne tarde pas à se traduire en une affection beaucoup plus grave : la pasteurellose.

 

Le coryza est l’inflammation de la muqueuse nasale du lapin. Les cornets nasaux, avec leurs circonvolutions, représentent une surface très importante et sont tapissés par une muqueuse très sensible à la qualité de l’air ambiant. Normalement, cette muqueuse est recouverte d’une couche de liquide, des cellules sécrètent du mucus et des cellules ciliées qui permettent continuellement le mouvement du liquide et du mucus de l’intérieur vers l’extérieur, comme un « tapis roulant », pour piéger et expulser les poussières et les microbes qui se seraient introduits dans les cavités nasales. Le bon fonctionnement de ce mécanisme dépend, essentiellement, de l’ambiance dans laquelle l’animal respire.

 

Dans les formes graves de coryza, les animaux toussent, maigrissent puis meurent.

 

Les lapereaux, âgés de moins d’un mois, peuvent subir, dans les élevages fortement atteints, une importante mortalité. Pour les sujets, dont l’âge est supérieur à deux mois, la mortalité est moins importante que pour les lapereaux d’un mois et les symptômes se rapprochent de ceux des adultes.

 

Dans un ouvrage intitulé : ‘’les maladies du lapin et du lièvre’’ les auteurs, J. et M. VIGUE, nous expliquent que les symptômes de maladies sont très variés, selon qu’il s’agit d’un coryza aigu ou chronique, ou d’une affection pulmonaire ou pleurale.

 

Coryza chronique : les lapins éternuent sans autre signe d’indisposition, ni écoulement nasal. C’est un état qui peut durer des mois et chez tous les sujets d’un clapier.

 

Coryza grave : les éternuements s’accompagnent d’un écoulement nasal clair, mais souvent, là encore, cet état peut se prolonger assez longtemps sans sérieuses pertes.

 

Coryza aigu-purulent : l’écoulement nasal est abondant, purulent, jaunâtre ; il souille toute la tête du lapin atteint ainsi que ses pattes avant avec lesquelles il se frotte le nez. L’animal maigrit, son état général empire peu à peu, l’appétit disparaît, il finit par mourir épuisé, si une extension de l’infection aux poumons ne l’a pas emporté, brutalement, avant.

 

Broncho-pneumonie et pleurésie purulente : on voit que dans la forme coryza, l’évolution de la maladie est lente surtout dans les formes légères et peut se prolonger des mois chez certains sujets. Cependant, entre temps, on peut observer des pertes après une maladie évoluant en 2 à 4 jours, avec respiration rauque et toux ; ce sont les manifestations de la broncho-pneumonie et de la pleurésie purulente qui peut, aussi bien et même surtout, se déclarer chez des sujets indemnes de coryza, spécialement chez les jeunes dont la mère est atteinte de coryza et même chez des adultes. C’est à cette forme aiguë que l’on réserve, en général, le nom de Pasteurellose.

 

Quant aux lésions, pour J. et M. VIGUE, elles sont, en général, absentes dans les coryza chroniques. Dans le coryza purulent, on trouve les cavités nasales ainsi que les sinus remplis de pus. Ce sont surtout les lésions de l’appareil respiratoire, dans les formes aiguës, qui sont caractéristiques ; il y a, en général, une congestion pulmonaire intense (poumons rouge noirâtre foncé). Entre les poumons et les côtes, on trouve souvent, des matières blanchâtres ressemblant un peu à du lait caillé qui représente le pus accumulé dans les plèvres. Il est également fréquent que ces matières purulentes se retrouvent autour du cœur (péricardite).

 

Enfin, on peut, éventuellement, trouver des abcès des poumons de dimensions variant de celle d’une tête d’épingle, à celle d’un pois et, parfois, d’une cerise ; selon les cas et les germes en cause, ces abcès contiennent un pus blanc, jaune ou jaune verdâtre ; ils dénotent souvent une évolution plus lente ; on peut d’ailleurs parfois trouver des abcès anciens, dont le contenu est une masse dure ; certaines parties du poumon, ainsi envahies, peuvent avoir cessé d’être fonctionnelles.

 

En général, la maladie peut donc parfois rester bénigne, pendant des semaines voire des mois et prendre, brutalement, une forme grave.

 

En cas de constatation d’éternuements, l’éleveur se doit d’inspecter l’intérieur des pattes antérieures de ses animaux, pour relever, si nécessaire, des traces de mouchage (poils mouillés et collés) : les animaux atteints, par le coryza, se servent de leurs pattes avant, pour se moucher. Cela entraîne une agglutination des poils par les sérosités, ce qui permet de repérer plus facilement, les animaux malades. L’éleveur peut aussi constater, parfois, des éternuements suite à distribution de foin, un foin pouvant, tout simplement, être poussiéreux ; dans ce cas, bien évidemment, les éternuements n’ont pas de rapport avec le coryza.

 

Le coryza n’est jamais le fruit du hasard et l’éleveur, dont les animaux sont touchés par cette maladie, doit, impérativement, se poser un certain nombre de questions sur sa façon de conduire son élevage.

 

Le coryza, pour se développer, doit rencontrer des conditions favorisantes. Des conditions, en quelque sorte, défectueuses, dans le mode de conduite de son élevage.

 

En tout premier lieu, l’éleveur se doit de vérifier si les aérations de son bâtiment d’élevage ne sont pas sous dimensionnées ; cela ayant pour conséquence, un mauvais renouvellement de l’air. L’air ainsi confiné, trop chargé en gaz d’ammoniac, tant à irriter les voies respiratoires supérieures de nos hôtes.

 

Dans l’absolu, un volume d’air important, au niveau d’un bâtiment d’élevage, est toujours une sécurité.

 

Il y a maintenant près de 20 ans, des expériences ont prouvé que des lapins soumis, pendant 15 jours, à une ambiance riche en ammoniac (30 ppm), développaient une maladie respiratoire grave, lorsqu’on les contaminait par un germe pathogène (Pasteurella), alors que la même contamination sur des lapins en ambiance correcte, n’entraînait pas de maladie.

 

L’éleveur se doit, aussi, de vérifier l’absence de courants d’air, notamment, au niveau des animaux : mauvaises dispositions possibles des clapiers par rapport aux entrées d’air du bâtiment.

 

Il peut, aussi, s’agir d’une humidité excessive ; une humidité qui se rencontre en automne et au printemps, ou bien même, parfois, en hiver, lors de brusques changements de températures (redoux).

 

Pour assurer des conditions d’élevage optimales à nos animaux et donc, pour minimiser le plus possible les risques de coryza, l’éleveur se doit de réaliser une bonne ventilation de ses locaux d’élevage.

 

Le but principal de la ventilation est, celui, de renouveler l’air vicié, pour assurer, ainsi, une bonne oxygénation. La ventilation, ou, plus exactement, l’extraction d’air, est utilisée pour évacuer les gaz nocifs et abaisser l’hygrométrie produite par les animaux.

 

Cette ventilation sert, aussi, à évacuer de la poussière en suspension, ainsi que des poils. Ces poussières et poils, en suspension, sont des éléments qui génèrent la densité microbienne dans l’air ambiant. Ce sont des éléments qui tendent à irriter la muqueuse nasale et donc qui tendent à favoriser la prolifération microbienne.

 

Le renouvellement de l’air doit se faire à raison de 2 à 3 m3 par heure et par kg de poids vif. Le renouvellement de cet air implique que la répartition de celui-ci se fasse de façon identique dans tout le bâtiment et que la vitesse de l’air, n’excède pas, 20 cm par seconde, au niveau des animaux. De plus, afin de limiter l’introduction de virus, parasites ou bactéries, il est important que le, ou les bâtiments soient clos en permanence et que les entrées d’air soient munies de moustiquaires afin d’éliminer, au maximum, les vecteurs porteurs de germes.

 

Quant à l’hygrométrie, qui est la mesure de l’humidité de l’air, celle-ci pour être correcte, doit se situer entre 60 et 65% ; ce taux hygrométrique étant obtenu sans installation spéciale si ce n’est, un chauffage d’appoint, en période hivernale. Cette hygrométrie peut prédisposer au coryza. Si elle est excessive, elle favorise les transmissions microbiennes, les microbes étant véhiculés par les gouttelettes d’eau.

 

L’expérience a prouvé que, si le lapin est sensible à une hygrométrie trop faible (inférieure à 55%), il l’est un peu moins, à une hygrométrie très élevée. Cela s’explique, sans doute par le fait que, à l’état sauvage, le lapin passe une grande partie de sa vie au fond de son terrier. Un terrier qui, étant sous terre, se trouve à une hygrométrie proche de la saturation (100%).

 

Ce que le lapin craint le plus c’est avant tout les brusques changements d’hygrométrie. Il est donc important de maintenir, le plus possible, une hygrométrie constante.

 

L’été, par manque d’humidité, le coryza peut se développer. Cette atmosphère trop sèche, irrite la muqueuse nasale du lapin et empêche, son bon fonctionnement. Pour résoudre cette mauvaise hygrométrie, il est important d’humidifier le sol des bâtiments d’élevage ainsi que les toits des clapiers.

 

En hiver, un froid brutal peut engendrer, parfois, le coryza. Les animaux doivent toujours avoir, au niveau de leur habitacle, une bonne protection : litière épaisse, volets protecteurs ou filet brise vent, surtout, s’il s’agit de vents de Nord ou d’Ouest, etc.

 

Pour mémoire, la température idéale, pour nos lapins, se situe entre 15°C et 18°C. Des températures trop basses peuvent congestionner la muqueuse nasale de nos animaux, mais, surtout, des températures élevées (supérieures à 25°C), assèchent la muqueuse et gênent ses moyens de défense.

 

Le coryza peut surgir lorsque les conditions d’hygiène ne sont pas, ou plus, respectées : nettoyage insuffisant des clapiers. Ce nettoyage insuffisant débouche, inexorablement, sur une concentration anormale de gaz d’ammoniac, au niveau des animaux ; une concentration de gaz d’ammoniac, extrêmement, néfaste ; une concentration de gaz d’ammoniac qui est donc un facteur déclenchant de la maladie. Les dégagements d’ammoniac altèrent profondément la muqueuse nasale du lapin et détruit ses moyens de défense, permettant, ainsi, le développement des germes présents. Il ne faudrait pas tolérer un taux d’ammoniac supérieur à 5 ppm (parties par million), mais on mesure souvent des niveaux plus élevés dans les élevages. L’éleveur pour neutraliser, de façon certaine, ces gaz d’ammoniac, peut utiliser du superphosphate. L’éleveur doit impérativement saupoudrer le superphosphate dans une case dont le sol est sec. Le mélange de l’eau et du superphosphate provoque un dégagement gazeux, qui est toxique pour les animaux.

 

De même, que l’utilisation de l’eau de Javel, pour la désinfection des sols des cages, doit être totalement proscrit ; le mélange de l’eau de Javel et de l’ammoniaque (urine) provoque l’apparition d’un gaz très dangereux, aussi bien pour les animaux que pour l’être humain. De nombreux fabricants en font, maintenant, mention, sur les bidons contenant l’eau de Javel. L’eau de Javel peut, néanmoins, être utilisée pour la désinfection des abreuvoirs ; cette eau de Javel, étant versée dans un seau, mélangée à de l’eau et pouvant donc recevoir certains des abreuvoirs de nos élevages respectifs (trempage). Des abreuvoirs, que les éleveurs que nous sommes, auront toujours soin de rincer avant leur remise en place.

 

La maladie peut apparaître lors de l’introduction de nouveaux sujets ou même encore, lors du retour d’animaux ayant été en exposition, sans mise en quarantaine.

 

La mise en quarantaine est fortement conseillée, voire obligatoire : les sujets peuvent être porteur de germes et donc contagieux et l’éleveur ne doit jamais se fier à l’état apparent de bonne santé des nouveaux entrants, dans son clapier. Cette mise en quarantaine permet aux animaux de récupérer de leurs fatigues de transport et de s’adapter, ou de se réadapter, à leurs nouvelles conditions d’élevage. Cette période de quarantaine est également un bon moment pour traiter ces sujets et, le cas échéant, les vacciner en vue de faciliter leur introduction, ou leur réintroduction, dans l’élevage.

 

L’éleveur se doit donc d’isoler tout nouveau sujet, pendant une période d’au moins 15 jours, une période pendant laquelle l’éleveur aura intérêt à mettre en contact, avec chaque nouvel arrivant, un jeune sujet de son élevage, un sujet de second choix, afin de déceler, par une réaction éventuelle de symptômes de maladie, une affection latente du sujet considéré.

 

Les poussières en fond de trémie peuvent être une cause, éventuelle, de coryza ; des poussières qui, lorsque le lapin vient à manger, se collent dans les parois nasales de ce dernier, provoquant, à la longue, irritations et donc coryza. L’éleveur consciencieux aura soin de taper, légèrement, sur les distributeurs d’aliment pour en faire tomber les poussières. Pour information, le mode d’abreuvement peut, aussi, être un facteur déclenchant de maladie d’ordre respiratoire, notamment pour ce qui concerne les abreuvoirs goutte à goutte. Ces abreuvoirs, sont, certes, des abreuvoirs qui présentent une grande facilité d’installation et qui bénéficient d’un bon rapport qualité prix, mais qui ne répondent, aucunement, à ce que l’on peut en attendre pour le lapin. Cet abreuvoir, surtout pour les lapereaux, est, en général, installé trop haut, par rapport au plancher de la cage, cela obligeant ces derniers à tendre le cou pour pousser la bille en inox. Dans cette position, les lapereaux qui n’ont pas le temps de laper et donc de déglutir, finissent par recevoir de l’eau dans l’arrière-gorge, une eau qui finit, très souvent, au fond des bronches. C’est un abreuvoir que je déconseille.

 

Dans un article, écrit début 1984 par Pierre MERCIER (Docteur Vétérinaire), article paru dans le journal, ‘’La France Agricole’’, ce spécialiste, nous indique que, lorsqu’on fait des prélèvements en laboratoire sur des lapins atteints de coryza et de pneumonie, on isole de nombreuses bactéries, mais dans 80 % des cas, on identifie une Pasteurella ou une Bordetella. D’après les statistiques, il s’agit, 2 fois sur 3, d’une Pasteurella et, 1 fois sur 3, d’une Bordetella chez les adultes, les proportions étant inversées à l’engraissement. D’autres germes (staphylocoques, colibacilles, etc.), peuvent également être présents. Il faut ajouter l’action possible de certains virus qui peuvent intervenir en préparant le terrain pour les complications bactériennes ultérieures. Ces différents germes microbiens, ont un pouvoir pathogène bien réel, mais il faut souligner qu’ils sont banaux et qu’ils existent à l’état normal dans tous les élevages. Il est classique, lorsqu’on fait des prélèvements, au niveau du nez d’un lapin en bonne santé, d’isoler une Pasteurella. Tout se passe en fait, comme si nous avions un état d’équilibre entre le microbisme ambiant et les animaux. C’est seulement, lorsque ce microbisme devient trop important et, surtout, lorsque la résistance des animaux est diminuée par une perturbation quelconque, que les germes microbiens dangereux se multiplient et envahissent l’appareil respiratoire.

 

Poursuivant, Pierre MERCIER nous indique que si une bonne prophylaxie sanitaire est indispensable, pour lutter contre les infections respiratoires, la lutte contre les agents pathogènes nécessite le respect de règles essentielles. Il faut d’abord éliminer les animaux ‘’dangereux’’. La réforme des porteurs de germe s’impose, d’abord, parce que ce sont des non-valeurs économiques et qu’ils excrètent dans l’atmosphère des germes pathogènes. Il faudra donc éliminer les lapins atteints de coryza purulent et tous ceux qui présentent des symptômes de maladies graves ou chroniques, tels qu'abcès, mammites, etc. Il est illusoire et onéreux d’essayer de traiter individuellement ces animaux. Ensuite, il faut faire le traitement anti-infectieux proprement dit, destiné à blanchir le reste du cheptel qui risque d’avoir été contaminé. Mais cette opération n’intervient qu’après la prophylaxie sanitaire et la réforme des malades. Il s’agit d’un traitement de groupe, à l’aide d’anti-infectieux à large spectre d’activité, utilisés en supplémentation dans l’aliment ou dans l’eau de boisson. Parmi les produits actifs, on choisit, généralement, des tétracyclines ou le triméthoprime-sulfa, par exemple. Mais attention à ne pas employer de produits dangereux, à bien calculer la dose d’emploi et à prolonger suffisamment ce traitement (4 jours minimum).

 

Pierre MERCIER pense que, éventuellement, le dernier moyen de lutte envisageable est la vaccination. On dispose pour cela de vaccins du commerce actifs sur les germes respiratoires ou bien on peut faire fabriquer un autovaccin, à partir de prélèvements effectués dans l’élevage, qui donne parfois de bons résultats. Mais là encore, attention : un vaccin n’est pas curatif ! C’est un moyen de prévention, permettant de renforcer la résistance des individus à certains germes. Il s’applique donc sur des animaux sains. C’est pourquoi on l’utilise surtout pour les jeunes reproducteurs de renouvellement destinés à remplacer les lapins réformés.

 

Finalement, les traitements sont difficiles et ne donnent que très rarement des résultats définitifs. Les antibiotiques donnent souvent des effets douteux et se révèlent à la longue, extrêmement, coûteux.

 

L’éleveur, qui n’a qu’un nombre restreint de sujets, peut toujours essayer les gouttes nasales antibiotiques et sulfamidées.

 

En tout état de cause, le coryza, même banal, doit toujours être un signe d’alerte pour l’éleveur, car c’est le premier pas vers le développement de maladies respiratoires.

 

Tout sujet, atteint de coryza, doit être rapidement éloigné de son élevage et placé en cage de mise en quarantaine. Des cages de mise en quarantaine qui doivent toujours être installées, au plus loin de son élevage. La cage du sujet en cause sera immédiatement désinfectée. La désinfection sera réalisée à base d’ammoniums quaternaires ou, par flamme, au moyen d’un banal chalumeau, etc.

 

A mon sens, l’abattage, des sujets concernés par cette maladie, est encore l’une des solutions les plus efficaces et les moins onéreuses. Les traitements ne donnent que très rarement des résultats définitifs. Les sulfamides sont insuffisants et les antibiotiques donnent souvent des résultats insuffisants. Pour renforcer les défenses immunitaires de ses animaux et donc pour mieux prévenir l’apparition de coryza, l’éleveur se doit d’apporter, à ses protégés, les vitamines, sels minéraux et acides aminés, des éléments, ô combien, nécessaires ! En usage régulier, ces éléments entretiennent un cheptel en bon état de santé et préviennent ou, du moins, limitent, fortement, les risques éventuels de coryza.

 

Enfin, lorsque nous faisons de la reproduction, évitons d’utiliser des animaux qui présentent des signes avant-coureurs de coryza, voire, plus grave, des signes de coryza, même légers. J’ai eu l’occasion, il y a de cela une quinzaine d’années, d’acquérir, en exposition, des sujets qui avaient juste tendance à avoir le nez humide avec, pour certains d’entre eux, des yeux légèrement larmoyants. Au bout de quelques générations, les descendants présentaient des signes de coryza. Dire que ces sujets reproducteurs ont amené le coryza est peut-être simpliste, mais ce qui est sûr, c’est que l’éleveur dit de sélection, doit, impérativement, laisser de côté, les sujets ne présentant pas toutes les qualités sanitaires, requises, pour être un reproducteur, digne de ce nom. Pour ma part, je suis, maintenant, persuadé qu’il existe des lignées de sujets, favorablement, prédisposées, génétiquement parlant, à développer des maladies respiratoires !

 

Lorsque vous achetez un sujet reproducteur, évitez de vous faire expédier un animal sans avoir, au préalable, contrôlé l’état sanitaire de l’élevage, d’où est issu votre futur sujet reproducteur. Quand vous vous rendez dans un élevage, prenez le temps de la discussion avec l’éleveur, susceptible de vous vendre des animaux, et, surtout, sachez écouter. En général, si l’élevage est, réellement, atteint de coryza, vous entendrez, fatalement, et, très rapidement, des sujets éternuer. En principe, au bout d’une demi-heure, vous devriez être fixé sur la présence ou non de ce fléau. Pour confirmation, de l’existence de coryza, faites sortir, sur table, quelques animaux et inspectez-les avec minutie.

 

De même qu’en exposition, n’hésitez jamais à faire appel à un commissaire aux animaux, pour faire sortir, de sa cage, l’animal que vous souhaitez acquérir. Ainsi, vous pourrez contrôler, de plus près, l’état sanitaire de ce sujet ; vous pourrez, notamment, examiner le nez, les yeux, l’intérieur des pattes avant (traces éventuelles de mouchage), l’intérieur des oreilles (présence éventuelle de gale). En agissant ainsi, vous vous assurez l’achat de reproducteurs présentant des qualités sanitaires optimum, mais surtout, vous contribuerez à assainir l’élevage cunicole. En effet, en achetant, exclusivement, des animaux sains, vous allez contraindre les éleveurs vendant, sur un plan sanitaire, des animaux douteux, pour subsister, à être plus scrupuleux !

 

                                                     Daniel NOLD 

 

 

L’ENTEROCOLITE

 

 

            Nombreux sont les éleveurs de lapins à avoir été confrontés à cette terrible maladie qui touche, avant tout, les jeunes sujets. Aussi, avec le retour d’expérience, tout personnel, que je peux avoir de cette maladie, je me suis décidé à vous exposer la méthode que j’ai été amené à définir pour que, au jour d’aujourd’hui, toute mortalité, liée à cette maladie, dans mon élevage, diminue, voire disparaisse.

 

L’APPARITION DE LA MALADIE

 

            C’est en 1996, que les premiers cas d’entérocolite ont fait leur apparition dans les élevages de type intensif. Les pertes de production liées à cette maladie, pour les élevages touchés, ont été estimées autour des 25 à 30 %. Les premiers constats réalisés ont montré que toutes les souches de lapins hybrides ainsi que certaines races pures étaient touchées, y compris les lapins de garenne élevés rationnellement.

 

ORIGINE DE LA MALADIE

 

            Très rapidement, l’hypothèse d’une cause d’ordre alimentaire a été mise en avant. En effet, la maladie a semblé, au départ, suivre les circuits de distribution de l’aliment puisque, par région, il y avait parfois, concomitance d’apparition de la maladie suite à la livraison d’aliment complet. Cependant, dans une même région, certains fabricants étaient touchés par l’épidémie alors que d’autres ne l’étaient pas.

 

            Il a été démontré que la maladie pouvait être reproduite sur des animaux sains ou apparemment sains, en leur distribuant de l’aliment complet pris dans des mangeoires d’élevages atteints. Il semble donc que la nourriture soit à la base de la maladie soit en étant un vecteur de transmission ou directement par sa composition même.

 

            Les compositions d’aliments incriminés, dans les deux premières années de l’apparition de la maladie, ont semblé peu différentes de celles d’aliments n’ayant pas posé de problèmes particuliers.

 

En 1998, selon LEBAS, la composition de l’aliment ne semble pas, apparemment, en cause et, selon lui, il pencherait plutôt pour un aliment vecteur de l’apparition de la maladie, vecteur de l’entérocolite puisque, il a été démontré qu’un aliment, repris dans des mangeoires d’animaux touchés, semblait provoquer l’apparition de l’entérocolite chez des animaux se trouvant dans des élevages non contaminés. Mais ce qui cloche, au niveau de cette piste d’apparition de la maladie c’est que les résultats ne sont pas constants.

 

Au jour d’aujourd’hui, les spécialistes s’interrogent encore… l’entérocolite est-elle un problème de développement de bactéries ? Est-ce un virus ? La maladie est-elle liée à une, voire à des molécules d’insecticides plus ou moins rémanentes ?… Les choses ne sont pas simples…

 

SYMPTOMES DE LA MALADIE

 

            En engraissement, les sujets atteints présentent un ballonnement important avec arrêt de la consommation d’aliments ainsi qu’une sous-consommation d’eau. Les animaux sont prostrés et présentent des signes de douleur assez évidents (grincements de dents, légers gémissements) et, pour d’autres, ils se débattent de façon désordonnée venant parfois à mordre les barreaux ou le grillage de leur cage. Les abords de la bouche, ainsi que les incisives semblent comme asséchées et d’une tonalité quelque peu grisâtre.

 

            Lorsque l’on retourne l’animal présentant certains symptômes précités, on peut généralement voir des traces de mucus gélatineux, au niveau de la zone anale.

 

            Lorsque l’on constate les premiers signes de la maladie sur un de ses animaux, la mort de celui-ci se produit, bien souvent, 4 à 5 jours après.

 

DIAGNOSTIC DE LA MALADIE

 

            Le diagnostic de la maladie, pour nous qui sommes des éleveurs amateurs, reste, avant tout, visuel et doit se fonder sur les signes de symptômes évoqués précédemment : ventre dilaté, prostration, arrêt d’alimentation, état de maigreur, etc. Lorsque, de plus, il y a une forte mortalité des jeunes en phase d’engraissement (entre l’âge de 1 à 4 mois), avec, sur de nombreux sujets, présence de mucus gélatineux au niveau de la zone anale on peut, sans trop se tromper, affirmer que l’on est en présence d’entérocolite.

 

TRAITEMENT DE LA MALADIE

 

            En fait, si je dois parler de traitement de la maladie, cela ne peut se résumer qu’à faire en sorte, de tout faire, de tout mettre en œuvre pour que l’entérocolite n’apparaisse pas. En effet, j’ai tenté de guérir de nombreux sujets atteints et, bien souvent, cela s’est révélé infructueux. Dans ces conditions et, comme le dit si justement le dicton, « mieux vaut prévenir que courir ».

 

            En ayant pris plusieurs années de recul, face à cette très mystérieuse et problématique maladie, je pense que les animaux atteints présentent, sans nul doute, un blocage intestinal qui provoque donc l’apparition de ce fameux ventre distendu. Pour éviter ce blocage intestinal, je distribue aux lapereaux, à partir de 3 semaines, du foin de prairie (une bonne poignée par portée). Ce foin peut être mélangé ou remplacé par de la paille, mais ce qui semble indispensable pour la survie de nos lapereaux, c’est de leur apporter du lest, au niveau intestinal, pour entraîner la moindre particule alimentaire évitant, ainsi, tout risque de blocage.

 

            J’ai aussi remarqué que les animaux, les plus vulnérables à l’entérocolite, sont ceux étant insuffisamment traités contre la coccidiose. Pour résoudre, ce problème de traitement contre la coccidiose, j’ajoute à l’eau de boisson, à partir de 3 semaines, de l’ADJUSOL TMP SULFA liquide et cela durant 15 jours.

 

A la suite de ce traitement, j’acidifie l’eau de boisson des lapereaux (encore avec leur mère), avec du vinaigre de cidre à raison de 25 cm3 par litre d’eau, durant les 15 à 20 jours suivants. Puis, tous les 15 jours, et durant une semaine et cela jusqu’à l’âge de 4 mois, je renouvelle cet apport de vinaigre de cidre voire, si nécessaire, je redonne de l’ADJUSOL TMP.

 

De plus, quand les animaux sont élevés sur paille, l’ajout de superphosphate (genre BIOSUPER), directement sur la litière, contribue à assainir le milieu ambiant des sujets et ralentit, avec certitude, la propagation de la maladie.

 

Pour en revenir à l’ADJUSOL TMP SULFA liquide, c’est un produit que l’on trouve en bidon de 2 litres et qui est d’un coût d’achat très raisonnable. La dose à utiliser est de 2 cm3 par litre d’eau, une dose, comme on peut le constater, des plus économiques.

 

En fait, l’ADJUSOL TMP SULFA liquide est un anti-infectieux buvable pour veaux, agneaux, porcs, volailles et lapins qui se révèle être un allié précieux dans la prévention de l’entérocolite. L’ADJUSOL TMP SULFA liquide est une association synergique de triméthoprime et de sulfadiazine présentant une bonne résorption intestinale et un large spectre antibactérien.

 

Enfin, lorsque j’ai eu à traiter des animaux qui présentaient les premiers symptômes de la maladie, l’ADJUSOL TMP SULFA liquide directement mis dans la bouche de ces derniers, au moyen d’une seringue, a donné, parfois, des résultats de guérison assez satisfaisants.

 

 

Daniel NOLD

 

Source bibliographique :

Maladies des lapins (2ème édition)

Samuel BOUCHER et Loïc NOUAILLE

 

 

LES ABCES : CAUSES ET REMEDES

 

 

            Il arrive que de temps à autre, dans notre sélection, nous rencontrions des sujets porteurs d’abcès ; des abcès qui peuvent être localisés, sans distinction, dans toutes les parties du corps de nos animaux. Vous êtes quelques éleveurs à m’avoir demandé des éléments de réponse en matière de traitements de ces abcès et c’est donc avec plaisir que, au travers de cet article, je vais essayer d’apporter, aux uns et aux autres, l’éclairage nécessaire à la compréhension de ce délicat problème des abcès.

 

            Sans se tromper, on peut dire que ces abcès relèvent, généralement, de maladies infectieuses microbiennes et parmi celles-ci : la pasteurellose, les salmonelloses, la maladie de Schmorl. Pour ne rien oublier, l’apparition d’abcès peut aussi avoir une cause purement exceptionnelle et accidentelle (infection de glandes sébacées).

 

LA PASTEURELLOSE

 

Symptômes

 

La pasteurellose du lapin évolue sous trois formes :

  1. ·       Le coryza pasteurellique

  2. ·       La broncho-pneumonie

  3. ·       Les abcès

La pasteurellose peut donc se manifester sous l’une de ces trois formes, ou sous plusieurs à la fois. Ce qui est sûr, c’est que cette maladie, au début de l’apparition de celle-ci dans nos élevages, est une maladie des voies respiratoires. Mais, pour mieux comprendre comment surviennent les abcès, je pense qu’il est nécessaire de donner, en premier lieu, les explications pour ce qui concerne le coryza pasteurellique ainsi que la broncho-pneumonie, car ce sont deux formes de pasteurellose qui sont très attachées à la formation des abcès.

 

Le coryza pasteurellique

 

Le coryza pasteurellique est de loin la forme la plus courante. Ce coryza se manifeste par un mucus plus ou moins épais aux narines, humus qui humecte les poils aux abords de ces narines. Des éternuements, plus ou moins fréquents, se font entendre. Un râle respiratoire, ainsi qu’une conjonctivite parfois importante pouvant amener la perte de l’œil, voire des deux yeux, sont des symptômes généralement rencontrés. Pour vérifier que le lapin présente réellement un écoulement de mucus nasal, il suffit d’inspecter les pattes antérieures de nos animaux pour vérifier que le poil est collé et lissé par ce mucus séché recueilli par le lapin en se frottant le nez.

 

Ce coryza pasteurellique peut être dû à une diminution de la résistance des sujets qui fait suite à de mauvaises conditions d’élevage (litières sales, mauvaise ventilation, courants d’air, humidité excessive, etc.). Ce coryza peut faire suite à des chocs physiologiques (retour d’exposition, visites du clapier trop fréquentes ou trop inopinées, présence de bruits, etc.) ou à une alimentation déséquilibrée ou de mauvaise qualité (absence de certaines vitamines, absence de matières minérales, etc.).

 

La broncho-pneumonie

 

            La broncho-pneumonie est très liée au coryza mais peut, éventuellement, faire suite à un refroidissement brusque, refroidissement qui n’est donc pas lié au coryza.

 

Pour cette forme de pasteurellose, on note une congestion pulmonaire avec hépatisation d’un ou plusieurs lobes d’un ou des deux poumons. Lors de l’autopsie de l’animal, les poumons atteints présentent une concrétion œdémateuse et pultacée, des poumons qui sont donc couverts d’un exsudat à consistance de bouillie, une consistance caséeuse et granuleuse. L’infection peut aussi atteindre le cœur provoquant une pleurésie avec liquide pleural.

 

Les abcès

 

            Les abcès liés à la pasteurellose peuvent se situer dans toutes les parties du corps de nos animaux (tête, nuque, cuisses, etc.). Ils précèdent généralement une septicémie qui provoque une mortalité rapide. Lorsque ces abcès apparaissent, ils sont attachés, le plus souvent, à une congestion des bronches, des hémorragies sous-cutanées, une inflammation des parties génitales des sujets atteints par cette forme de pasteurellose.

 

En résumé

 

            La pasteurellose peut donc se rencontrer sous l’une des trois formes précitées, voire sous plusieurs à la fois. La pasteurellose est, avant tout, une maladie des voies respiratoires. Ce sont les mauvaises conditions d’élevage ou d’alimentation qui sont à l’origine de l’apparition de la maladie. Pour se protéger de la pasteurellose, chaque éleveur doit veiller à ce que chacun de ses animaux soit bien logé et reçoive une alimentation bien équilibrée. Lors d’un retour d’exposition, les animaux entrant dans l’élevage doivent être placés en observation durant une période de quinze à vingt jours.

 

Remèdes

 

            Lorsque l’éleveur constate la présence de sujets porteurs de pasteurellose, celui-ci se doit d’éloigner de son clapier ou d’abattre, au plus vite, tous les sujets malades : il en va d’un simple conseil de bon sens !

 

            Pour ma part, je conseille toujours, par expérience personnelle, l’abattage. Cette solution est la plus adaptée pour préserver la plus grande partie de son clapier (animaux sains). Car vouloir croire que l’utilisation de produits vétérinaires est la panacée est, à mon humble avis, tout à fait illusoire.

 

Nous sommes, avant tout, des éleveurs dit de sélection et chacun de nous doit avoir présent à l’esprit que notre sélection se doit d’être irréprochable, une sélection qui doit donc en passer, en permanence, par l’utilisation de sujets sains.

 

            A titre indicatif, pour les éleveurs qui voudraient essayer de traiter des animaux présentant des signes de pasteurelloses, des spécialités composées d’une association d’antibiotiques sont à préférer. La vaccination préventive donne de bons résultats. La présence d’un seul sujet malade dans un élevage doit pousser l’éleveur à traiter de façon préventive les sujets apparemment sains et de façon curative, quand il est encore temps, le sujet porteur de pasteurellose.

 

 

LES SALMONELLOSES

 

Symptômes

 

            Les animaux atteints de salmonelloses sont prostrés et présentent une alternance de diarrhée et de constipation. Le foie présente de nombreux abcès miliaires, la rate est cyanosée et très hypertrophiée, une rate éventuellement atteinte d’abcès nodulaires à la chair rougeâtre, septicémique et congestive.

 

            La mortalité qui varie selon le degré de l’infection, peut atteindre 50 % et cela sur une période de huit à quinze jours.

 

Remèdes

 

            Pour faire face à l’apparition de Salmonelloses dans son élevage, des spécialités composées d’une association d’antibiotiques sont à préférer. L’auto-vaccin donne de très bons résultats, mais est d’un coût plus élevé que les antibiotiques qui sont des produits couramment rencontrés.

 

 

LA MALADIE DE SCHMORL

 

Symptômes

 

            La maladie de Schmorl ou nécrobacillose ou maladie des abcès est une maladie à évolution lente. Cette maladie, qui se termine par la mort de l’animal qui en est atteint, peut durer plusieurs mois. Les abcès sont remplis d’un pus blanc et se situent au niveau de la tête, à la face externe des cuisses et aux flancs. Le dessous des pattes est assez souvent touché par cette maladie. Les abcès ressemblent aux nodosités formées par la cénurose.

 

            Cette maladie se rencontre surtout dans les élevages pratiquant une consanguinité assez poussée et plus particulièrement dans les élevages où la malpropreté est de mise.

 

Remèdes

 

            Lorsque l’éleveur se trouve à avoir des sujets présentant des abcès dus à la maladie de Schmorl, le plus simple est de sacrifier ces sujets car, à part la réalisation d’antibiogrammes faits sur un prélèvement, antibiogrammes réalisés, éventuellement, pour des sujets de valeur, le traitement, pour un aspect de coût, ne vaut pas d’être réalisé.

 

 

INFECTION ACCIDENTELLE

 

Symptômes

 

            Comme pour nous humain, il arrive que nos animaux aient parfois une de leurs glandes sébacées qui vienne à s’infecter. Cela arrive, de temps à autre, au niveau des glandes sébacées se trouvant sous les maxillaires de nos protégés et cela, notamment, lors de frottement sur le bord des trémies. Cela débouche, quelquefois, sur des abcès d’une taille très impressionnante mais qui se soignent toujours assez facilement. C’est un cas que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans mon élevage et que je considère comme bénin.

 

Remèdes

 

            Pour faire disparaître, au plus vite, les abcès faisant suite à une infection de l’une des glandes sébacées de l’un ou l’autre de nos animaux, désinfecter le dessus de l’abcès avec un produit désinfectant (bétadine ou autre), se munir d’un scalpel, puis inciser l’abcès. Prendre un coton et en pressant l’abcès, faire sortir la totalité du pus. Pour assurer la complète cicatrisation, tamponner la zone de l’abcès avec un produit désinfectant.

 

 

Daniel NOLD

 

Principale source bibliographique : 

‘’Le lapin et son élevage professionnel’’

Henri SABATIER - DUNOD Editeur - Paris

 

 

LES TROUBLES DE LA FECONDATION

 

 

            Les troubles de la fécondation peuvent, éventuellement, provenir d’une mauvaise gamétogenèse imputable, indifféremment, au mâle ou à la femelle. Ces troubles peuvent aussi découler d’un mauvais fonctionnement des voies d’excrétion des spermatozoïdes et des ovules, voire d’altérations de l’oviducte chez la femelle. L’oviducte est l’organe où le gamète mâle fertilise le gamète femelle pour former l’œuf.

 

Pour rappel, le gamète est la cellule reproductrice sexuée possédant la moitié des chromosomes des autres cellules de l'organisme et qui, en s'unissant à une cellule reproductrice de sexe opposé, forme l'œuf d'où sortira un nouvel être vivant.

 

Enfin, des troubles de la fécondation peuvent être liés à des obstacles d’ordre nutritionnel, tumoral ou infectieux.

 

MAUVAISE GAMETOGENESE

  

            Le mauvais processus de fabrication des gamètes est une défectuosité presque toujours congénitale. Cette anomalie à tendance à apparaître et à croître dans les élevages où la sélection est par trop étroite (excès de consanguinité).

 

DEFICIENCE DES VOIES D’EXCRETION

 

            Chez le mâle, l’insuffisance de l’érection ou l’absence d’orgasme peuvent traduire une faiblesse d’organes (tel le corps caverneux), qui gène, ou empêche, la bonne évacuation du sperme. Cette déficience a, généralement, une origine liée à un excès de consanguinité.

 

            Chez la femelle, les causes, qui stoppent les ovules dans leur cheminement, sont multiples. Par rapport à un fonctionnement normal, le sperme est éjaculé dans le vagin et les spermatozoïdes se déplacent (nagent) à travers le col et les cornes de l’utérus, puis atteignent l’oviducte, quatre heures après le coït. Entre 9 et 12 heures après celui-ci, les ovules sont à l’extrémité de l’oviducte. Dans ces conditions, il est facilement compréhensible que des lésions inflammatoires de l’oviducte, voire une obstruction de cet organe (bien souvent d’ordre congénital), puissent empêcher la rencontre des gamètes mâles et femelles.

 

OBSTACLES D’ORDRE NUTRITIONNEL

 

            L’obésité, conséquence d’une suralimentation, est, sans doute, le premier obstacle au bon déroulement du processus de nidation et donc de gestation.

 

            L’avitaminose A est, ensuite, un facteur qui détermine des altérations importantes de l’appareil reproductif de nos femelles reproductrices. Cette avitaminose A empêche la bonne nutrition de l’embryon et du fœtus qui peut mourir ou mal se développer.

 

            L’avitaminose E peut conduire à des avortements ou à des problèmes graves de nidation.

 

            Au début des avitaminoses A et E, ce sont l’embryon puis le fœtus qui sont les premières victimes. Le nombre important de femelles atteintes d’accidents de la gestation est, pour l’éleveur, un excellent indicateur de diagnostic des avitaminoses A et E.

 

            La toxicité de certains aliments peuvent produire, parfois, des troubles de nidation et de gestation (feuilles de soja, son rouillé ou charbonneux, par exemple).

 

OSTACLES D’ORDRE TUMORAL

 

            Les tumeurs de l’utérus peuvent poser problème, soit à la nidation, soit au processus de la gestation.

 

            Certaines lapines peuvent présenter des tumeurs utérines cancéreuses. Déjà, en 1939, un spécialiste (GREEN) signale des lignées cancéro-sensibles, avec atteinte de l’utérus et de la mamelle. Dans presque tous les cas, où le nombre de cancers est anormalement élevé, la consanguinité étroite avait, semble-t-il joué un rôle néfaste.

 

OBSTACLES DE NATURE INFECTIEUSE 

 

            On peut dire que les infections sont, généralement, les causes les plus importantes des troubles de la nidation et de la gestation.

 

Pasteurellose

 

            Outre les troubles généraux constatés dans toutes les grandes infections (fièvre, abattement, frissons), on peut parfois, pour ne pas dire souvent noter la présence d’un écoulement vulvaire épais, blanc crémeux avec distension des parties postérieures des cornes utérines dont les parois sont épaissies et jaunâtres et dans lesquelles existent des abcès sous-séreux. Après incision des cornes, s’écoule un pus crémeux, inodore, véritable culture de pasteurella.

 

Infection par Corynebacterium metritis

 

En 1934, SOUKHIN décrit, en Russie, une maladie des lapins provoquée par un germe microbien auquel il donne le nom de Corynebacterium metritis, indiquant ainsi que celui-ci a surtout été observé chez la lapine.

 

            Chez la lapine pleine, les symptômes débutent du 8e au 15e jour suivant l’accouplement. La lapine présente des troubles fébriles : la température rectale s’élève d’un degré environ (40,5°) ; l’appétit diminue et la femelle ne prend plus qu’un peu de verdure ; des signes d’épuisement apparaissent ; la lapine présente une nette courbure du dos ; sa démarche devient incertaine ; ses membres postérieures s’écartent ; il y a limitation des mouvements des pattes donnant l’impression de paralysie partielle.

 

            L’examen de la région génitale révèle une tuméfaction et une congestion des lèvres vulvaires et du vagin avec secrétion muco-purulente souvent striée de sang.

 

            La mort est, généralement, la conséquence de cette infection ; elle survient, dans la plupart des cas, dans la première partie de la gestation. Avant de mourir, l’animal présente un état général très dégradé (amaigrissement très prononcé) et les yeux ont perdu leur éclat.

 

            Lorsque l’animal ne meurt pas, l’avortement est fréquemment observé ; il se produit dans la dernière semaine de la gestation. Les fœtus avortés sont morts ou vivants, mais dans tous les cas, non viables. L’avortement est tantôt complet, tantôt partiel et, dans ce cas, la femelle reste atteinte de métrite et devient définitivement stérile.

 

Paratyphose

 

            Cette maladie provoque des lésions digestives et génitales et très souvent l’avortement. C’est une maladie qui reste extrêmement rare. L’étude de cette maladie a permis de mettre en évidence le cycle suivant : entérite, avortement, accouchement prématuré, naissance à terme de petits mourants dans les premiers jours de leur vie, naissance à terme de lapereaux chétifs, stérilité passagère ou définitive de la femelle reproductrice.

 

            Généralement, la paratyphose débute par des troubles digestifs qui dégénèrent plus ou moins rapidement en des troubles génitaux.

 

            Chez la lapine en gestation, divers cas peuvent se présenter. Tout d’abord, une femelle peut accoucher à terme de lapereaux qui meurent dans les huit premiers jours de leur vie ; si l’on vient à autopsier ces animaux, on constate, entre autres choses que, ils présentent un foie hypertrophié, piqueté de points blanchâtres.

 

            Si l’on vient à remettre au mâle une femelle victime de cette maladie, celle-ci, trente jours après la saillie donnera des lapereaux chétifs.

 

            Si on place une autre femelle gestante dans une cage ayant été précédemment occupée par une femelle ayant eu la paratyphose, celle-ci avorte, huit jours avant terme, de fœtus qui meurent peu après leur naissance ou qui sont plus généralement dévorés par leur mère.

 

            Il est à noter que l’apparition de la maladie, dans des élevages où les femelles contaminées se trouvaient dans des cages éloignées les unes des autres, laisse supposer que l’infection peut se faire par le coït.

 

            Pour conclure, sur la paratyphose, on peut dire qu’elle constitue une redoutable maladie d’élevage ; le mâle peut infecter son pénis dans le vagin d’une femelle contaminée ; il peut ensuite transmettre l’infection à une lapine saine ; celle-ci, viendra à contracter une métrite qui entraîne soit l’avortement, soit la naissance de fœtus voués à une mort quasi certaine ; en cas d’apparente guérison, la lapine contaminée devient stérile temporairement mais plus généralement définitivement.

 

            Il est impératif de sacrifier l’ensemble des femelles présentant cette maladie, en sachant que la chair ne peut être consommée par l’être humain, en raison des fréquentes intoxications alimentaires dont sont coupables de nombreux paratyphiques des Mammifères.

 

            Dans un élevage contaminé, le meilleur moyen de protection est de soumettre, tous les animaux suspects, à la séro-agglutination. Pour l’ensemble des éleveurs amateurs que nous sommes, il impératif de se rapprocher d’un vétérinaire.

 

Toxicose de gestation

 

            Cette maladie se traduit, chez la lapine, par des signes de tristesse, de malaises suivis de symptômes d’acidose et par de la soif avec suppression totale d’émission d’urine. Les femelles sont somnolentes, se déplacent avec difficulté et leurs mouvements sont incoordonnées ; leurs oreilles sont froides. La mort survient très rapidement, souvent en moins de 48 heures. Il arrive, néanmoins, que quelques femelles guérissent.

 

            L’examen histologique, après autopsie, permet de constater une forte dégénérescence graisseuse des lobes du foie ainsi que des foyers de nécrose qui représentent des lésions dominantes.

 

            Cette maladie semble être d’origine hypophysaire car, si l’on injecte des extraits ante-hypophysaires à des lapines pleines, on détermine un trouble organique ressemblant à la maladie naturelle.

 

 

Daniel NOLD

 

Source bibliographique : 

‘’Pathologie du lapin’’

G. LESBOUYRIES – Librairie Maloine S.A. - Paris

 

 

VHD 2


Depuis 2016, de nombreuses informations circulent sur le VHD en raison de quelques vagues d’épidémies de VHD variante en France, en Belgique et en Allemagne. On voit des bonnes informations, des fausses informations, des paniques injustifiées de propriétaires de lapins de compagnie ….

Je vous propose donc de faire le point avec les vraies bonnes informations ayant eu l’opportunité de rencontrer l’un des vétérinaires français contribuant à l’étude de la maladie. Nos vétérinaires français sont parmi les meilleurs pour l’étude du VHD et seul un laboratoire français fabrique le fameux vaccin. C’est grâce à ces quelques très bons vétérinaires que le vent de panique doit être totalement relativisé aujourd’hui car un vaccin existe mais encore faut-il le connaitre ….

Faisons déjà un petit retour en arrière avec le célèbre VHD (pour Viral Hemorragic Disease en anglais) dit aujourd’hui « classique » ou « numéro 1 » ou pour certains grands parents « la maladie à la goutte de sang ». Cette maladie touche et a touché les lapins du monde entier, elle est apparu d’abord en Chine en 1984. Elle a fait son apparition en France en 1988. Cette maladie est bien connue pour décimer un clapier en quelques jours. Dans ce cas, le lapin décède très rapidement d’une hémorragie massive et souvent une goutte de sang sort de son nez d’où l’expression de la « maladie à la goutte de sang ». La période d’incubation du VHD est très courte : 1 à 5jours et les lapins décèdent dans les 2 à 5 jours suivants.

On distingue la maladie virale dite « VHD » du virus lui-meme dit « RHDV » (encore de l’anglais signifiant Rabbit Hemorragic Disease Virus). Il faut bien distinguer les deux et faire une association assez simple : VHD classique => RHDV alors que pour la variante c’est VHD variante => RHDV variante. Pour les vétérinaires c’est un peu plus compliqué mais cette petite simplification permet d’éviter l’erreur faite par de nombreuses personnes avec un vaccin se disant «  RHDV » soit un vaccin protégeant contre le VHD classique et non contre la variante. Le nom est différent car il vise le virus et non la maladie mais en aucun cas un vaccin indiquant seulement « RHDV » protège contre la variante.

Ce « bon vieux VHD » est encore redouté en France, encore redoutable mais les vétérinaires ont fait un vaccin qui protège très bien les lapins. Ce vaccin peut être efficace dès une semaine après son injection. Le cout de ce vaccin est assez faible : environ 1euros par flacon de 40doses, environ 1 euros 10 par flacon de 10 doses. On trouve ce vaccin uniquement sous le nom de « lapinject » . Ce vaccin est associé à celui contre la myxomatose dans le vaccin nommé « novibac » (cout plus élevé). Attention comme expliqué plus haut, le novibac indique « RHDV » cette précision est faite en référence au VHD classique, ce vaccin ne protège pas contre le VHD variant !

Aujourd’hui en France hors Ile-de-France, le VHD classique n’existe plus. Mais il est toujours présent en Ile-de-France et y tue quelques lapins par an (lapins recensés par les vétérinaires- les propriétaires ont donc fait une autopsie par un vétérinaire qui a fait remonter l’information). Comme il est assez facile de transporter des lapins et le cout étant relativement faible, il est dommage de ne pas faire bénéficier son lapin de cette protection.

Mais aujourd’hui, le seul vaccin contre le VHD dit classique n’est plus suffisant pour protéger son lapin contre le VHD sous ses deux formes. Ce fameux RHDV a maintenant une forme variante contre laquelle les vaccins protégeant contre le VHD classique sont inefficaces. La variante est également nommée « VHD 2 » et le virus est le « RHDV 2 ».

Cette nouvelle variante du VHD se caractérise par une « jaunisse ». En cas d’ouverture du cadavre, les organes sont jaunes. C’est la variante du VHD qui fait des ravages en Europe et qui est très redoutée. Mais encore une fois, nos vétérinaires ont étés réactifs et ont longuement travaillés pour créer un vaccin. Aujourd’hui, il n’existe qu’un seul vaccin à l’efficacité prouvée: le filvac fabriqué par le laboratoire français Filavie. Le filavac existe sous deux « formes » : le vaccin uniquement contre le VHD variant et le vaccin regroupant VHD variant et VHD classique. Ce second vaccin permet d’éviter une injection supplémentaire au lapin et le protège contre le VHD sous ses deux formes. Les deux formes de vaccin existent en une dose, 50doses et 100 doses. Le cout dans le format une dose est d’environ 6euros HT (bien sur sans éventuelle marge de votre vétérinaire, sans aiguille ni seringue, sans actes vétérinaires). Dans les formats 50 et 100 doses, le cout est plus faible : environ 90centimes HT la dose.

Je vous propose un petit question-réponse pour aborder les questions les plus fréquentes :
Faut-il prendre du recul sur les informations circulant sur le net ?

Oui bien sûr ! J’ai vu ses derniers mois de nombreuses informations circulant sur le net notamment les réseaux sociaux mais beaucoup sont fausses. Il faut prendre du recul, bien regarder la source. Les « bonnes sources » sont les vétérinaires ! Les journalistes n’ont pas forcément interrogés les bonnes personnes ….. Il y a une association nommée « Association des Vétérinaires Cunicoles de France » qui regroupe nos meilleurs vétérinaires pour les lapins. Seuls ces vétérinaires sont des sources fiables. Ils sont tous au contact des lapins, au cœur de la recherche concernant les lapins et même certains élèvent des lapins ! Une autre source écrite par quelques-uns de ces excellents vétérinaires est l’ouvrage « Maladies des lapins- Toutes les maladies expliquées - Les traitements et les moyens de prévention » Auteur : Samuel BOUCHER | Loïc NOUAILLE | Editeur : FRANCE AGRICOLE paru le : 08/2013 (3ème édition) Collection : Agri production

Les deux auteurs sont des vétérinaires spécialisés dans les lapins.
 
Comment réagir face à un vétérinaire ignorant l’existence du  VHD variant ?

Le VHD variant est assez récent, même si les informations se multiplient, il y a encore des vétérinaires qui l’ignorent. Chaque vétérinaire a sa spécialité, une vaccination est très simple à réaliser mais il faut utiliser les bons vaccins et ne pas en oublier pour assurer une bonne protection à son patient à 4 pattes ! La communication est aujourd’hui très simple, par mail, sms, appels, …. Les deux vétérinaires cités au-dessus sont facilement joignables, entre vétérinaires il est assez facile d’obtenir les coordonnées d’un confrère. Les vétérinaires savent prendre du recul sur les informations des journalistes, quand l’information vient d’un confrère,  elle est valable. Le livre de ces deux vétérinaires est accessible sur le net, il est très complet et les auteurs sont les mieux placés pour parler des maladies des lapins et notamment du VHD variant.

Comment se transmet le VHD ?

VHD variant ou classique, c’est un méchant virus qui se promène très facilement. On parle beaucoup des moustiques mais la contamination a souvent lieu de lapin à lapin et surtout via les crottes. Le VHD reste dans la viande contaminé et se promène également par ce moyen. Les vétérinaires ont aussi trouvés un autre véhicule pour le VHD : les chiens …. Par la consommation de cadavre malade, via leurs crottes ou un simple contact lapin-chien, ils disséminent le VHD partout où ils vont. Les moustiques ne sont pas les meilleurs véhicules pour le VHD, cette information reste à prendre « avec des pincettes ». Les vétérinaires sont plus affirmatifs pour les crottes, contact lapin-lapin ou lapin allant dans un lieu où un lapin contaminé a été récemment, et les chiens. C’est sûr que monsieur moustique expliquait mieux la grande propagation au grand public ….. en réalité ce sont plus les crottes qui expliquent cette large diffusion. Je pense que vous avez tous vu les vidéos des lapins blancs dans des minuscules cages d’engraissement, et bien ce sont leurs crottes qui promènent si bien le VHD. Ces lapins ne sont pas abattus sur place mais font du camion, le camion perd les crottes sur la route …. Les vétérinaires ont expliqués des contaminations entre élevages industriels par les trajets des camions transportant les lapins à abattre vers un abattoir.
 
Comment protéger ses lapins contre le VHD ?

La vaccination reste la meilleure protection. L’idéal est le vaccin filavac rassemblant les vaccins contre le VHD classique et le VHD variant. Le nom complet est le Filavac K C+V.  Les lapereaux peuvent être vaccinés dès leur 28ème jour(même si le laboratoire conseille d’attendre 10semaines il est possible de le faire avant, information vétérinaire). Il ne faut pas oublier de noter la date de vaccination pour faire le rappel. Une semaine suffit à garantir la protection du lapin. Le rappel est à faire tous les 12 mois pour maintenir la protection du lapin.

La seconde mesure à prendre est un nettoyage régulier du lieu de vie du lapin avec un virucide homologué par le ministère de l’agriculture. Ce désinfectant est le seul capable d’éliminer le VHD. Il faut savoir que monsieur virus du VHD variant peut rester 5 à 6mois vivant sur une surface ! S’il n’est pas éliminé il peut continuer de se promener. J’utilise le « saniterpen 90 » qui est un virucide homologué. Il ne faut pas oublier de doser le virucide en virucide en lisant bien la notice car « le petit dosage » correspond souvent au bactéricide, soit un dosage insuffisant pour éliminer le virus.

Et en cas de nouvel arrivant dans lieu où se trouvent déjà des lapins, il ne faut pas négliger la période de quarantaine !
 
Le vaccin Filvac est-il en rupture ?

Il y a eu un vent de panique en 2016, car le laboratoire n’arrivait plus à suivre la demande de vaccin mais c’était un épisode passager, court, et terminé depuis longtemps ! Le vaccin est disponible, il faut que le vétérinaire le prescrive et passe sa commande auprès du laboratoire et il la recevra très rapidement.

En 2017, il est maintenant possible d’avoir ce vaccin en format d’une dose, ce qui n’était pas possible auparavant. Les propriétaires d’un ou deux lapins devaient achetés le flacon de 40 doses s’ils voulaient protéger leur(s) lapin(s). Maintenant le format en une dose est possible.

Comment obtenir le vaccin ?

Ce vaccin doit être prescrit par un vétérinaire. En France, selon les vétérinaires est possible d’avoir que le flacon, ou de devoir amener le lapin en consultation. La vaccination reste un acte vétérinaire même s’il s’agit que d’une simple piqure sous la peau. Ce vaccin nécessite un « timing » serré car après ouverture du flacon, il faut le réaliser le plus rapidement possible et moins de deux heures après l’ouverture. Cela expliquait également les complications dues au format 40doses car un vétérinaire ne pouvait pas utiliser son flacon sur une journée de consultation par exemple.

Il ne faut pas oublier de bien vérifier le type de Filavac reçu, s’il n’y a que le vaccin contre la variante du VHD, mieux faut faire une injection supplémentaire d’un vaccin contre le VHD dit classique.

Quel est le taux de mortalité ?

Pour le VHD dit classique, la mortalité était très importante surtout chez les lapins adultes. Les lapereaux n’étaient pas touchés. Pour le VHD variant, la maladie touche plus largement les lapins jeunes et adultes mais la mortalité est moins importante, il y a plus de survivant. Les premières observations des vétérinaires donnent 40% environ de survivants mais la maladie étant récente, ces chiffres peuvent évoluer. Les survivants ne sont pas « indemnes » car ils sont souvent bien malades mais s’en sortent.

Que faire en cas de décès suspect ?

En cas de décès suspect, il ne faut pas être égoïste et nourrir le renard ou le chien …. Cela ne verra qu’aider le virus à se promener …. Il faut être réactif ! Le vétérinaire est encore un précieux allié. Il peut être difficile de perdre un ami à quatre pattes, il faut demander une autopsie et en cas de VHD, le vétérinaire s’occupera du cadavre. Il est aussi possible de faire les premières constatations soi-même en ouvrant le cadavre, le VHD variant entraine une jaunisse donc les organes sont jaunes. Pour le VHD classique, il s’agit d’une hémorragie massive mais d’autres facteurs peuvent entrainer la même chose. En cas de doutes, il faut retirer le foie et le congeler, une analyse du foie permettra de savoir si le VHD est responsable de la mort du lapin, si oui sous laquelle de ses deux formes. Informer permet de protéger les autres …. Que ce soit ses lapins ou ceux des voisins …..

Y a-t-il des réseaux d’alerte ?

Pour les lapins, il n’y a pas de réseaux d’alerte, ni d’obligation de déclarer un décès suite au VHD classique ou variant. Nous avons juste cette association de vétérinaires français qui s’informent entre eux, certains autres vétérinaires leur font remonter des informations mais il n’y a rien de comparable au réseau d’alerte et aux vétérinaires référents par département pour les chevaux par exemple. Il est donc très facile de cacher des décès par VHD (classique ou variant) en ne donnant pas le cadavre à un vétérinaire. Cette attitude permet malheureusement la propagation du virus et entrave les recherches de nos vétérinaires spécialisés en lapin. Il y a également les sociétés d’aviculture départementales qui permettent de recueillir les informations et de situés les foyers de contamination et de faire circuler les informations.

le vaccin « eravac » protège-t-il contre le VHD variant ?

Un nouveau vaccin est récemment venu sur le marché, il se nomme « éravac ». Il est fabriqué par un laboratoire espagnol.  Ce vaccin est disponible auprès d’un vétérinaire sur ordonnance également. Il est très récent (1 an) et n’a donc pas le même recul que le Filavac. L’étude de ce vaccin a été réalisée sur seulement 232 lapins. Le laboratoire précise que seul des lapins de viande ont été utilisés, soit des lapins « à courte durée de vie », aucune étude n’a eu lieu sur des reproducteurs ou sur des lapins de compagnie.  Aujourd’hui, le nombre de lapins vaccinés avec le Filavac après l’étude est très nettement supérieur et le panel de lapins est beaucoup plus vaste (lapins de compagnie et reproducteurs étant également vaccinés avec ce vaccin). A l’heure actuelle, la notice, disponible sur le net, ne peut indiquer si le rappel vaccinal est à faire tous les 6 mois ou tous les ans.

 

 

Source Internet

 

 

LES VITAMINES
Willi LACKENBAUER

 

 

L’organisme de nos lapins nécessite, en parallèle des minéraux et des oligo-éléments, une multitude de vitamines pour le maintien de leur processus de vie.

 

Les vitamines, sont des substances nécessaires à la vie qui sont utilisées, en quantités infimes, pour certaines fonctions corporelles. Elles jouent un rôle dans la régulation du métabolisme de la croissance et de la fécondité.

 

L’utilisation quotidienne n’est pas représentée par une valeur fixe mais dépend, du système d’élevage, des performances fournies, des facteurs de stress et de l’état de santé  des animaux. Si un état pathologique doit être traité avec des antibiotiques ou des anticoccidiens, il se peut que, en cas de traitement, un manque en vitamine B puisse apparaître.

 

En général, ces manques n’apparaissent pas avec une alimentation équilibrée et variée comme c’est le cas lors de l’utilisation d’un aliment composé, dans lequel sont incorporées des vitamines en quantité suffisantes.

 

Le complément en vitamines peut effectivement être trop faible dans certains cas. Ce peut être l’époque de saillie (décembre, janvier), suivant la race, jusqu'à l’age de 9 semaines pour les jeunes sujets. En tout état de cause, pendant les mois d’hiver, il est tout à fait raisonnable de suppléer avec un apport de vitamines.

 

Les vitamines ne peuvent en général pas être produites par l’animal. Cependant, le lapin présente une exception pour les vitamines du groupe B.

 

Les vitamines sont classées en deux groupes : les liposolubles, ce sont les vitamines.

 

A, D, E et K et les hydrosolubles ce sont les vitamines B, PP, C et P.

 

Les besoins sont indiqués en unités internationales (U.I), les besoins sont également indiqués en micro ou milligramme.1 microgramme correspond à 1 millionième de gramme.

 

Ainsi, on comprend rapidement en quelles infimes quantités réagissent les vitamines.

 

Un manque complet, d’une ou de plusieurs vitamines, est qualifié comme avitaminose. Ceci est, toutefois, sous certaines conditions, situation extrêmement rare.

 

Occasionnellement, il peut se produire une carence d’une unique vitamine, en particulier pendant l’alimentation hivernale de nos lapins. Avec l’abondante offre en compléments vitaminiques, ce n’est pas un problème pour palier à ce manque.

 

Il est également important de savoir que pour certaines vitamines, en particulier la vitamine D, un surdosage est aussi nocif.

 

L’éleveur de lapins devrait, en particulier pour les vitamines, être informé, afin d’adapter l’alimentation, au moment opportun, car toutes les vitamines ne sont pas essentielles, toutes n’ont pas besoin d’être supplémentées par certains compléments, car elles se trouvent en quantité suffisante dans l’aliment.

 

La publicité fait l’éloge, des compléments vitaminiques, comme véritables remèdes miracles mais il est toutefois dit, d’emblée, qu’un dosage au-delà des besoins optimaux n’a plus d’efficacité, si même ce n’est pas néfaste.

 

 

LES VITAMINES - Docteur Wolfgang SCHLOLAUT

 

 

Les vitamines sont, pour le déroulement normal des fonctions, vitales et donc  indispensables, si des maladies carentielles doivent être évitées. La plupart d’entre elles ne peuvent être produite par l’animal lui-même (exception, par exemple, concernant la vitamine C chez le lapin). Pour cette raison, elles doivent être apportées par l’aliment si, du moins, elles ne sont produites dans le cæcum par processus microbiens, comme cela se déroule chez le lapin. A cela appartiennent, par exemple, les vitamines du complexe B, tout comme la vitamine K.

 

Un surdosage en vitamine peut conduire vers la maladie, tout comme une carence. Les recommandations, pour la teneur en vitamines des aliments uniques, se trouvent au tableau 36. Avec une alimentation mixte et, éventuellement, un surplus de vitamines administrées dans l’eau de boisson, les particularités suivantes sont à surveiller.

 

LA VITAMINE A - Willi LACKENBAUER

 

La vitamine A, aussi reconnue sous le non de vitamine de croissance, vitamine de protection de la peau ou, chez les professionnels, comme rétinol.

 

Pour l’éleveur de lapins, la connaissance des réactions de la vitamine A est significative et les bienfaits de la vitamine A dans l’animal, sont  multiples. La meilleure recherche est sa réaction sur le processus visuel. Elle est l'élément de synthèse de pigment de l'œil.

 

            Significative pour l’élevage de lapins est sa réaction sur la peau, en particulier sur les muqueuses. Un manque provoque une plus ou moins grande callosité de la peau et des muqueuses. Suite à cette réaction, il est facile de s’imaginer que les lésions des muqueuses peuvent être lourdes de conséquences. Les muqueuses des voies respiratoires sont elles endommagées, aussi, les agents pathogènes se trouvant dans l’air peuvent-ils pénétrer dans le corps, si des facteurs défavorables s’y rajoutent, l’ensemble peut conduire vers la maladie.

 

            Des muqueuses endommagées sont également défavorables à la fécondation. Les ovules sont fécondées dans l’oviducte, mais ne peuvent se fixer dans l’utérus pour se développer. Une observation bien connue en cuniculture et, toujours réentendue, les femelles deviennent plus facilement gestantes au printemps quand elles sont à nouveau ré-alimentées avec de la verdure. Dans de nombreux cas une carence en vitamines A peut être la cause de ce manque de fertilité

 

            La vitamine A se trouve dans les farines animales, par exemple les farines de poisson ou l’huile de foie de morue. Selon le cas, si ces farines animales ne sont pas disponibles, nous seront dépendant de la provitamine A. La verdure contient cette provitamine A ou également nommée bécarotène. Dans l’animal cette provitamine sera transformée en vitamine A.

 

Qui fait saillir ses femelles en période hivernale, doit absolument rester attentif au complément en vitamine A

 

            L’importance de la vitamine A, va encore beaucoup plus loin. Les chemins de la digestion des êtres vivants sont recouverts de muqueuse. La vitamine A veille au parfait fonctionnement de cette muqueuse et à titre d’exemple, dans l’intestin, là où les éléments nutritifs passent à travers la paroi intestinale et entrent dans le circuit sanguin. Ce passage de l’élément nutritif dans le sang, s’il ne peut se faire, peut engendrer des diarrhées, en particulier chez les animaux jeunes, mais également des empoisonnements dus aux produits de décomposition de la nourriture.

 

            Pour ces raisons, un complément en vitamines A est énormément important. Les lapereaux obtiennent leurs vitamines par le lait maternel, quand la lapine est suffisamment bien soignée, mais déjà dans l’utérus à travers le circuit sanguin maternel.

 

Les lapereaux sevrés sont dépendants d’un complément vitaminique, si leur alimentation ne comporte pas de verdure.

 

            Le plus simple est d’assurer la couverture des besoins avec de l’aliment complet déjà suffisamment vitaminé ou bien, par l’eau de boisson ; mais attention, les vitamines ont une date limite de conservation de 3 mois, dans l’aliment complet, après la fabrication de celui-ci.

 

            En solution buvable, et par expérience, l’achat de vitamines A, D, E, s’est avéré rentable.

 

Le dosage ne doit pas être fait d’après des sensations personnelles, mais la solution doit être ajoutée à l’eau de boisson à l’aide d’un doseur ou d’une seringue.

 

            Il est important de prendre en considération la posologie indiquée sur le flacon. Les dosages sont-ils destinés aux volailles ou aux porcelets ?… le mieux est de recalculer le dosage par rapport au poids de l’animal.

 

            La vitamine A apparaît dans les plantes fourragères que sous la forme de son précurseur, le bêta-carotène

 

Avec une distribution de fourrage vert, les apparitions de signes de carence comme, des problèmes oculaires, des retards de croissance ou bien même des troubles de la reproduction ne sont pas à craindre.

 

Avec une alimentation exclusive, sur une longue durée, de foin de moindre qualité, des légumes racines, des restants de cuisine (épluchures), des distributions supplémentaires sous forme de complément alimentaire ou une addition de vitamines dans l’eau de boisson deviennent nécessaire.

 

Une distribution complémentaire rationnée d’un mélange d’aliments granulés, avec un aliment grossier, foin, paille ou racines, ne couvre pas les besoins en vitamines si les quantités absorbées ne sont pas recalculées par rapport à une absorption à volonté.

 

Un besoin plus important peut alors exister, en particulier lors de la gestation, l’allaitement ou, encore, lors de maladies comme la coccidiose.

 

BETA-CAROTENE - Willi LACKENBAUER

 

            Le bêta-carotène, est le précurseur de la vitamine A, également connu sous le nom de provitamine A.

 

Ce précurseur est transformé en vitamine A par l’animal. Cela arrive principalement avec la verdure, mais également avec les betteraves, de nombreuses variétés de choux, principalement avec les carottes rouges et les betteraves rouges qui ont une teneur élevée en bêta-carotène ou provitamine A. Précisément, ces dernières peuvent, en hiver, couvrir naturellement les besoins en vitamine A des femelles gestantes et allaitantes.

 

En élevage de gros bétail, il est reconnu, par expérience, que le bêta-carotène à sa propre réaction.

 

Pour nous, l'effet sur la fertilité de nos lapins est important.

 

Malheureusement, le bêta-carotène est très sensible au stockage. Si on fixe la valeur du taux contenue dans la verdure à 100%, ce taux ne sera plus que de 50% dans le foin et à cause du stockage, en hiver, sa valeur sera quasi nulle.

 

Juste à l’époque des saillies, en janvier, février, la perte est presque totale. Une grande part des femelles non gestantes se trouve ainsi justifiée.

 

            Le marché avicole offre, dans ce cas, une bonne possibilité en compléments minéraux. Il faut toutefois, à l’achat, rester extrêmement attentif à un complément minéral avec bêta-carotène ; 1 à 2 milligrammes de bêta-carotène par animal et par jour parent à ce manque. Le dosage en minéraux doit être recalculé pour arriver à cette quantité.

 

Il faut rappeler que cet aliment minéral contient toutes les autres vitamines et minéraux, de sorte que l’éleveur ne soit pas obligé de travailler avec plusieurs sortes d’aliments minéraux.

 

Parce qu’un stockage prolongé n’est pas raisonnable, et que la consommation est minimale, le mieux est d’acheter le complément minéral à plusieurs éleveurs.

 

Aussitôt que la verdure rentre en action, le complément en bêta-carotène n’est certes pas nuisible, mais n’apporte plus d’effet.

 

 

 

 

VITAMINE D - Willi LACKENBAUER

 

            Cette vitamine qualifiée d’antirachitique, laisse immédiatement conclure sur la réaction de cette dernière. Elle pare au rachitisme dans le sens ou elle favorise le stockage du calcium et du phosphore. Plus l’approvisionnement en minéraux est déficiente, plus la vitamine D devient importante, car elle favorise les effets du calcium et du phosphore.

 

            A vrai dire, le besoin en vitamine D, chez le lapin, est très minime, ainsi, avec une alimentation usuelle, un manque n’est pas à craindre. Le précurseur de la vitamine D peut être produit naturellement par les animaux, s’ils sont logés à lumière du jour. L'essentiel de la vitamine D est synthétisé par la peau sous l'effet de l'exposition au soleil.

 

            Un surdosage en vitamine D n’engendre pas seulement une dépôt de calcium et de phosphore sur les os, mais également il produit une calcification des tissus mous, (muscles et muqueuse). Pour cette raison, il vaut mieux renoncer à un apport unique en vitamine D.

 

Cette vitamine pilote, en particulier, le remplacement du tissu calcique et contribue en la stabilité du squelette. Elle peut être produite par l’animal, sous l’influence du soleil. Quand elle est insuffisante, la mollesse des os (rachitismes) peut en être la conséquence. La possibilité d’accommodation, de l’habitant des cavités et animal crépusculaire, reste relativement faible de produire, sous l’influence du soleil, de la vitamine D. Le rachitisme n’est observé que rarement chez le lapin à poils normaux, pendant qu’il se déclare fréquemment chez le lapin à poils ras. A un aliment à teneur élevée en vitamine D, les lapins angoras réagissent par l’apparition de calcinose.

 

En effet, l’apparition de la calcinose est déterminée, dans une certaine mesure, par la teneur en phosphore, c’est à dire par le taux qui définit le rapport calcium phosphore. Ainsi, par exemple, avec un aliment d’une teneur en phosphore de 1,5 g/kg et un rapport calcium / phosphore de 1/1,3, des signes de calcinose furent observés chez 40% des animaux, bien que la teneur en vitamines D ne s’élevait qu’à 300 U.I. D’un autre coté 6000 U.I. de vitamines D restèrent sans influence avec le même rapport Ca / P, la teneur en phosphore de l’aliment ne s’élevant qu’à 0,5 g/kg.

 

 

VITAMINES HYDROSOLUBLES… VITAMINES DU GROUPE B

 

Willi LACKENBAUER

 

 

            Ces vitamines sont, lors de la déclaration de composition de l’aliment, indiquées sous différentes dénominations : vitamine B1 (thiamine), vitamine B2 ou vitamine G (riboflavine), vitamine B6 (pyridoxine), vitamine B12 (cyanocobalamine). Elles ne jouent, cependant, aucun rôle dans l’aliment de nos lapins, car elles sont fabriquées, sous l’influence de différentes bactéries, dans le cæcum. Pour cette raison, des carences n’apparaissent pas chez le lapin.

 

L’incomplétude en vitamines B met en évidence des signes de carence : croissance faible, stress, transformation de la peau et des tissus. Les vitamines B jouent un rôle dans la production interne de ferments de remplacement de cellules. Elles régulent le remplacement du tissu cellulaire en favorisant l’assimilation des substances nutritives par les cellules corporelles.

 

Faussement décrite comme mauvaise habitude, le comportement particulier du lapin étant celui de manger ses crottes, également qualifiée de cæcotrophie ou coprophagie

 

            Presque chaque éleveur a déjà vu, dans ses cages, des crottes moles en forme de grappes de raisin et a pensé à un trouble de digestion. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’un trouble de digestion, mais de fèces ou crottes du cæcum et considéré comme une pseudo-rumination (Henri Sabatier).

 

            Ces crottes du cæcum sont très riches en vitamines B. Elles sont formées, dans le cæcum, par les bactéries et éliminées sous forme de grappes de raisin. Il est très facile de les reconnaître par leur forme, qui s’apparente donc aux grappes de raisins et par leur mollesse ainsi qu’un léger brillant gluant. Elles sont à nouveau absorbées du sol ou de la litière ou, la plupart du temps, directement prélevée à l’anus, en élevage sur grillage. Pour ainsi dire, c’est par un deuxième passage dans l’appareil digestif que les vitamines sont prélevées dans ces fèces et distribuées aux cellules corporelles.

 

            Pour ces raisons, un complément en vitamine B n’est absolument pas nécessaire, sauf si, pour des raisons de maladies, les animaux ont été traités avec des antibiotiques ou des sulfamides. Ces médicaments tuent une partie des bactéries intestinales et l’élaboration de vitamines se trouve ainsi perturbée jusqu'à ce que les bactéries se soient à nouveau développées.

 

            Ceci est le cas pour les traitements préventifs contre la coccidiose, avec des sulfamides et, dans ce cas, la vitamine B peut y être rajoutée. La prescription de sulfamides et d’antibiotiques étant l’affaire du vétérinaire, nous lui demanderons, également, une prescription de vitamines B correspondante.

 

 

LES VITAMINES - Ulrich REBER

 

            Avec un élevage en clapiers intérieurs, un besoin alimentaire croissant, le besoin en vitamines augmente. Le lapin ne peut produire que certaines vitamines. Les vitamines restantes doivent être apportées aux bêtes par la nourriture. Carence en vitamines, signifie diminution des forces de résistance, implantation de perturbations, détérioration des poils et de la fourrure, rachitisme, perturbations nerveuses, fécondité amoindrie, perturbation dans la régénération des cellules voire autres.

 

            En général, les vitamines et leur précurseur sont apportés à l’animal par la nourriture et, dans cette étape, à titre d’exemple, un stockage peut déjà rabaisser la teneur en vitamines de l’aliment.

 

            Un apport en vitamines A est nécessaire quand un aliment frais genre verdure ne peut pas être mis à disposition. La vitamine A est essentielle pour la régénération des tissus cellulaires et enclenche la prédisposition de reproduction. Des apports journaliers de carotène empêchent de possibles apparitions de perturbations

 

            La vitamine D vaut comme vitamine antirachitique et contribue à la formation de calcium des os. Elle doit être activée par les rayons UV du soleil. L’hiver, des clapiers sombres peuvent donc amoindrir son effet.

 

            Les lapins sont sensibles au manque de vitamine E, un manque qui conduit à la dégénération des muscles et à la mort, parfois, des fœtus dans le ventre maternel. Normalement, cette Vitamines est disponible en quantité suffisante.

 

 

VITAMINE E - Willi LACKENBAUER

 

 

            La vitamine E intervient dans le cycle de régénération des tissus et protège la vitamine A de sa dégradation rapide par l’oxygène.

 

            Un manque de vitamine E conduit vers une modification de la musculature et une perturbation de fonctionnement du foie. Ces modifications perturbent la fertilité dans le sens ou le foie à une grande part dans la régulation du processus hormonal. De ce fait, elle est souvent qualifiée de vitamine de la fécondité. En outre, les embryons peuvent mourir dans le ventre maternel par manque de vitamine E.

 

            Dans une herbe nouvelle, la teneur en vitamine E est très élevée et l’est également dans les germes de blé mais pas dans le grain. On la trouve également dans les tourteaux et le petit lait.

 

Avec une alimentation en fourrage vert, une carence n’est pas à craindre et en hiver, les besoins seront couverts par un aliment complet ou un complément en vitamines et minéraux.

 

 

VITAMINE E - Docteur Peter SCHLEY

 

 

            La carence en vitamines E n’est normalement pas à craindre, mais elle est constatée à maintes reprises après une alimentation insuffisamment vitaminée, c’est-à-dire avec un aliment unique contenant de la graisse dénaturée.

 

Certaines graisses dénaturées, utilisées pour la fabrication de l’aliment, peuvent contenir des particules de composants graisseux oxydants actifs qui, par leur activité ou par leurs réactions, peuvent détruire les vitamines. Menacées, sont en particulier les vitamines A et E, malgré que cette dernière possède des qualités de stabilisateur.

 

Les conséquences des effets de carence en vitamines E apparaissent avec une dégénération musculaire et la mortalité des fétus. Chez les animaux mâles, un endommagement de tissu testiculaire est à craindre.

 

D’ailleurs, une carence en vitamine E peut aboutir au jaunissement des graisses qui apparaît chez le vison, le chat, le porc, la volaille et que l’on peut également observer chez le lapin.

 

            Ce jaunissement provient quant, à la fois, l’aliment est riche en acides gras insaturés et son contenu en vitamine E insuffisant. Les sus-nommés acides gras succombent à l’auto oxydation et c’est pourquoi, le jaunissement des graisses et mis en avant.

 

Le jaunissement est de même observé lors d’une coccidiose hépatique, laquelle appelle à une haute consommation en vitamines E, et peut également être dû à une présupposée mutation, récessive et héréditaire, d’une carence d’enzymes normalement enzyme de décomposition de la xanthophylle (pigment jaune des cellules végétales). Cette possibilité est à prendre en compte lorsque des cas uniques présentent l’existence de coloration jaune des graisses.

 

En guérison d’une avitaminose en vitamine E, une dose minimale de 1,1 U.I , par kg de poids corporel et par jour, devrait être distribuée. Règne en parallèle une carence en lécithine (ou phosphatidylcholine) et dans ces conditions, un dosage double est nécessaire.

 

            Dans l’ensemble, on peut constater que des maladies dues aux carences vitaminiques sont très rares et n’arrivent pratiquement plus.

 

 

VITAMINE E - Docteur Wolfgang SCHLOLAUT

 

 

Sensible, le lapin réagit vis-à-vis de la carence en vitamines E, avec une dégénérescence de la musculature. Tout comme chez la vitamine A, le besoin s’élève en vitamine E, en cas de coccidiose hépatique.

 

 

Bibliographie :

 

- KANINCHEN FÜTTERUNG (L’alimentation du lapin 3ème édition août 2001) De Willi LACKENBAUER éleveur expert de lapins.

 

-  KANINCHEN HALTUNG  (L’élevage du lapin 4ème édition août 2003) Ulrich REBER Expert du lapin.

 

-  Tierzuchtbücherei ‘’KANINCHE‘’  de Peter SCHLEY (livre animalier LE LAPIN) du Docteur PETER SCHLEY maître de conférence pour le petit élevage de l’université de GIEßEN (Allemagne).

 

-   DAS GROßE BUCH VON KANINCHEN   (Le grand livre du lapin 3ème édition 2003) du Docteur Wolfgang SCHLOLAUT - Directeur de l’établissement national pour l’élevage  Neu - Ulrischstein, Homberg / Ohm, de 1963 à 1990 - Président du comité de la société  d’agriculture allemande pour l’élevage du lapin (DLG) de 1972 à 1990 membre d’honneur depuis 1990 - Vice-président du World Rabbit Science Association (WRSA) et Association Mondiale de Science du Lapin de 1988 à 1996, membre d’honneur der WRSA

 

 

 

QUAND LAPIN RIME AVEC JARDIN

 

 

CULTIVONS POUR ASSURER LE SUCCES DU CLAPIER

 

 

Nos lapins peuvent consommer les excédents des récoltes de certaines espèces potagères, ainsi que leurs déchets : carottes, choux, navets, haricots, pois… Toutefois, les éleveurs étant en possession d’un effectif supérieur à 20 sujets, doivent s’efforcer de produire une partie de la nourriture en s’orientant vers des cultures vraiment productives. Après tâtonnement, ils évaluent assez précisément la quantité nécessaire pour une année d’élevage et se mettent au travail.

 

Voyons parmi la foule d’aliments, ceux que les grainetiers mettent encore à notre disposition.

 

 

 

LA LUZERNE

 

Durée germinative : 3 ans

 

 

 

 

 

 

  1. Ø      Fourrage vert, 75% d’eau et 25% de matière sèche.

  2. Ø      Bonne résistance à la sécheresse.

  3. Ø      La potasse a un rôle très important dans la croissance de la plante et pour sa résistance au froid.

  4. Ø      Persistante et productive, durée de production 3 à 5 ans.

  5. Ø      Semer au printemps 200 gr à l’are en terres profondes et riches.

  6. Ø      Faire suivre le semis d’un plombage au rouleau.

  7. Ø      L’année du semis, effectuer la première coupe en juin.

  8. Ø      Utiliser une luzerne de type flamand au nord de la Loire.

 

 

 

Elle vous procurera un fourrage à la fois abondant et riche notamment en protéines, minéraux et vitamines, vous garantira un ravitaillement de mai à début novembre et un stock de foin pour l’hiver (foin : 15% d’eau et 85% de matière sèche).

 

 

 

LE CHOU FOURRAGER

 

Durée germinative : 4 ans

 

 

 

 

 

 

  1. Ø      Semer en mai en pépinière à raison de 5g au mètre carré.

  2. Ø      Repiquer une première fois assez serré lorsque les plants ont 3 feuilles, puis en place sur sol richement fumé à 60cm d’intervalle en tous sens lorsque les plants atteignent la grosseur du petit doigt.

  3. Ø      Arroser abondamment et biner.

  4. Ø      Veiller aux attaques d'altises.

  5. Ø      Récolter dès fin août en effeuillant à partir de la base jusqu’au printemps suivant la plantation.

  6. Ø      Utiliser le chou fourrager Protéor – Obtention INRA

 

 

 

Ce chou donne de nombreuses feuilles de large dimension, tout au long de la tige, que l’on cueille au fur et à mesure des besoins jusqu’en mars, époque à laquelle on coupe la plante entière. Il joue un rôle important pour l’approvisionnement hivernal des lapins (mais aussi des volailles). Il a une bonne valeur nutritive et une forte teneur en souffre, ce qui donne une meilleure fourrure.

 

 

 

Nota : A distribuer 3 fois par semaine, et c’est un maximum ! 

 

 

 

LA CAROTTE FOURRAGÈRE

 

Durée germinative : 3 ans

 

 

 

 

 

 

  1. Ø      Semer d’avril à juin (40g à l’are) dans un sol défoncé et abondamment fumé avant l’hiver en lignes espacées de 35cm.

  2. Ø      En cours de saison éclaircir à 10 ou 12cm.

  3. Ø      Rendement 300kg de racines à l’are et 75kg de feuilles à l’are.

  4. Ø      Veiller aux dégâts occasionnés par la mouche de la carotte.

  5. Ø      Récolter en novembre.

  6. Ø      Utiliser la carotte blanche longue à collet vert.

 

 

 

Les racines et les feuilles constituent un bon aliment pour les lapins

 

 

 

LA CAROTTE ROUGE

 

Durée germinative : 3 ans

 

 

 

 

 

 

La culture de la carotte rouge est identique à celle de la carotte fourragère. Mais la carotte rouge est à préférer, c’est un aliment moins aqueux et surtout riche en carotène provitaminé, facteur de croissance et anti-infectieux.

 

 

 

  1. Ø      Utiliser des variétés à grand rendement telle que la Colmar ou la Saint-Valéry.

 

 

 

LE CHOU NAVET RUTABAGA

 

Durée germinative : 5 ans

 

 

 

 

 

 

  1. Ø      Semer en place en juin/juillet (25g à l’are) en lignes espacées de 35cm, éclaircir à 30cm.

  2. Ø      Rendement 350kg à l’are.

  3. Ø      Récolter les racines à partir de fin août. Elles sont plus tendres aux deux tiers de leur développement.

  4. Ø      Utiliser le chou navet Champion rutabaga à collet rouge.

 

 

 

Le rutabaga réussit même en terres humides, argileuses et froides où les betteraves viennent mal. De plus toujours par rapport aux betteraves il est plus nutritif et moins aqueux…

 

Nota : La distribution se fait à l’état cru pour les lapins (à l’état cuit pour les volailles).

 

 

 

 

 

LA BETTERAVE FOURRAGERE

 

Durée germinative : 4 ans

 

 

 

 

 

 

  1. Ø      Semer en avril (200g à l’are) en lignes espacées de 40cm, éclaircir à 30cm.

  2. Ø      Rendement 600kg à l’are.

  3. Ø      Récolte fin octobre - début novembre.

  4. Ø      Utiliser la betterave rouge d’Eckendorf.

     

 

Bien qu’elle soit de toutes les plantes cultivées, l’une des plus aqueuse (90% d’eau et 10% de matière sèche), c’est pourtant une excellente nourriture d’hiver par son rendement et sa conservation.

 

 

 

LE PISSENLIT

 

Durée germinative : 2 ans

 

 

 

 

 

 

  1. Ø      Pour occuper le dessous des arbres, les endroits ombragés inadaptés à d’autres cultures.

  2. Ø      Semer clair en place en avril, en lignes espacées de 30cm Eclaircir à 20cm entre chaque plant.

  3. Ø      Le rendement annuel sans être exceptionnel peut produire 4 à 5 coupes par an et la plantation peut rester en place 4 années.

  4. Ø      Utiliser le pissenlit à cœur plein amélioré.

    Cette verdure  toujours appréciée des lapins

  5. Ø      Produit un fourrage riche en minéraux, en protéines de bonne qualité et vitamines,

  6. Ø      Favorise grandement la lactation des lapines nourrices,

  7. Ø      Conserve une bonne digestibilité peu influencée par l’âge,

  8. Ø      Mais ne doit pas représenter plus de 20 à 25% du fourrage.

     

 

Il ne nous reste plus qu’à réserver un carré de notre potager, afin de varier le plus possible la nourriture de nos lapins.

 

 

Guy CORNET

Eleveur cunicole amateur

 

 

 

 

FUMIER DE LAPIN,

TRESOR DES CLAPIERS ?

 

 

François NOLD

Ingénieur horticole D.P.E.

Chef du laboratoire d'agronomie de la Mairie de Paris

 

 

 

 

AVANT-PROPOS :

 

            Quiconque s'est intéressé au jardinage a senti confusément l'intérêt d'une valorisation de ses déchets organiques : sujet d'actualité brûlante, s'il en est... Ainsi, les épluchures de carottes, les pelures d'oignons et autres crottes de lapin peuvent avoir une deuxième vie. En apprenant à les stocker et à les transformer, on profitera d'un nouveau produit générique: le compost.

 

            Source irremplaçable d'humus pour nos sols, il a aussi valeur d'engrais ; ce en quoi, il faut savoir l'employer avec discernement, afin qu'il ne rejoigne pas la liste, hélas trop longue, des polluants.

 

 

QU’EST-CE QUE L'HUMUS ?

 

            Le terme humus est souvent employé de façon erronée pour désigner l'ensemble des matières organiques du sol. En réalité, il n'en représente qu'une fraction évoluée. Schématiquement, on le représente comme un ensemble de molécules à haut poids moléculaire (de 500 à 50000, voire 500000 respectivement pour les acides fulviques, les acides humiques et l'humine).

 

            Son origine est exclusivement végétale : autant dire que les peaux de lapin, aussi nombreuses soient-elles, ne fourniront jamais l'humus dont rêve le jardinier.

 

 

A QUOI SERT L'HUMUS ?

 

Les composts peuvent assurer l'entretien ou le redressement du stock d'humus du sol; interventions justifiées par ses multiples rôles sur la fertilité globale, pour mémoire :

 

‑ cohésion et structuration des constituants solides,

 

‑ augmentation de la réserve en eau,

 

‑ source et stockage d'éléments nutritifs,

 

‑ support et stimulation de la vie microbienne,

 

‑ conservation des paysages et de la qualité des eaux (lutte contre l'érosion),

 

‑ amortissement des risques de pollution dans les sols et les nappes phréatiques (rétention des polluants métalliques ou organiques toxiques).

 

 

COMMENT SE FORME L'HUMUS ?

 

            La matière organique "fraîche" ne conserve pas longtemps son aspect initial. Elle se décompose à la surface (litière) ou à l'intérieur du sol sous l'action des micro-organismes (champignons, bactéries, ...) et en fonction des conditions climatiques (température, humidité), du type de sol (pH, aération) et de la nature de ses constituants.

 

            La majeure partie de la matière organique fraîche est transformée en molécules simples (sels minéraux), qui sont libérées dans l'atmosphère, absorbées par les plantes ou lessivées dans le sol.

 

            Le reliquat (soit 10 % environ) donne naissance à de l'humus, à l'issue d'un processus de polymérisation (ou condensation) des molécules simples.

 

 

LES MATIERES ORGANIQUES ONT-ELLES LES MEMES CARACTERISTIQUES?

 

            Les produits organiques peuvent être classés en deux catégories selon leur composition et leur degré d'évolution au moment de leur incorporation au sol :

 

‑ les produits organiques non transformés : représentés d'une part par les résidus de culture (pailles, racines, feuillage, ... ) et d'autre part par les engrais verts. Si les premiers représentent une fraction de la production photosynthétique d'une culture, les seconds sont spécialement cultivés pour être enfouis dans le sol.

 

‑ les produits organiques en cours d'évolution : représentés d'une part par les résidus de l'activité agricole (fumiers, lisiers,...) et d'autre part par les résidus industriels et les déchets de l'activité humaine (composts urbains, gadoues, tourbes, terreaux,...).

 

 

LES MATIERES ORGANIQUES ONT-ELLES LES MEMES PROPRIETES ?

 

            En fonction de leur origine et de leur composition, toutes les matières organiques n'ont pas la même valeur agronomique. Ainsi on peut encore distinguer :

 

‑ les produits riches en sucres solubles et en azote, qui offrent une décomposition rapide, à l'issue de laquelle il subsiste peu de composés humiques (engrais verts et résidus herbacés de culture, caractérisés par un faible rapport carbone / azote). Leur action s'apparente à celle des engrais organiques.

 

‑ les produits riches en cellulose et en lignine et relativement pauvres en azote, qui jouissent d'une décomposition lente et produisent en abondance de l'humus stable (pailles, fumiers pailleux, écorces de ligneux, caractérisés par un rapport carbone/azote assez élevé). Ceux‑là sont qualifiés d'amendements organiques, dont la fonction principale est d'améliorer les propriétés physico-chimiques du sol et accessoirement de libérer une fraction de leurs éléments nutritifs.

 

 

LISIER / FUMIER : QUELLE DISTINCTION ?

 

            Les lisiers sont des mélanges liquides de fèces et d'urine, plus ou moins enrichis en déchets de litières et d'aliments. Selon leur taux d'humidité, on les qualifie de liquides <13 % MS) ou de pailleux (<10 à 20 % MS). Leur richesse en azote fait qu'on les considère plutôt comme des fertilisants minéraux.

 

            Les fumiers sont beaucoup plus hétérogènes que les déjections animales (lisiers), en raison non seulement de la variabilité quantitative et qualitative des litières utilisées (pailles, sciures, fougères, ...), mais aussi des différents traitements qu'ils subissent avant épandage (utilisation à l'état brut, après stockage, après compostage). Aussi, on les classe selon leur origine (bovins, volailles, ovins, lapins, ...) et leur état (frais, pailleux, bien décomposé, ...).

 

            Dans sa forme traditionnelle, l'élevage du lapin produit surtout des fumiers. Pour une mère et sa portée, le volume journalier des déjections est estimé à 1 litre environ, formé de 40 % d'urine et 60 % de fèces. Par comparaison, la "production" d'une vache laitière de 650 kg atteint 50 litres (1/3 d'urine et 2/3 de fèces), soit un rapport de 1 à 50 (mais 1 à 20 seulement, exprimé en matière sèche).

 

 

QUELLE EST LA VALEUR AGRONOMIQUE DU FUMIER DE LAPIN ?

 

La composition des lisiers est caractérisée par une très grande variabilité, qui tient à de nombreuses disparités zootechniques (race, taille et âge des animaux, régime alimentaire, ...). L'origine et la proportion des litières ne faisant qu'accroître la fluctuation des fumiers...

 

Malgré leur imprécision, les données moyennes offrent l'avantage de fixer des ordres de grandeur, notamment à titre de comparaison. En règle générale, on considère que les excréments solides évacuent le phosphore et le calcium des aliments, tandis que les urines concentrent la majeure partie de l'azote et de la potasse. La richesse de l'alimentation explique celle des déjections, en sorte que les animaux à l'engraissement produisent les meilleurs fumiers.

 

Ci‑dessous, la composition de quelques lisiers (en pourcentage de la matière brute) :

 

 

 

 

Humidité

 

pH

H2 O

 

 

AZOTE

total (N)

 

PHOSPHORE

(P2O5)

 

POTASSE

(K2O)

 

MAGNESIUM

(MgO)

 

CALCIUM

(CaO)

 

VACHES LAITIERES

 

86 %

 

 

7,1

 

0,50

 

0,25

 

0,60

 

0,70

 

0,24

 

PORC A L'ENGRAIS

 

92 %

 

 

7,6

 

0,55

 

0,60

 

0,30

 

0,80

 

0,35

 

BREBIS

 

81 %

 

 

7,8

 

1,16

 

0,42

 

0,57

 

0,14

 

1,12

 

POULES PONDEUSES

 

77 %

 

 

7,1

 

1,05

 

1,04

 

0,72

 

3,00

 

4,05

 

LAPINS

 

74 %

 

 

8,5

 

0,85

 

1,35

 

0,75

 

3,50

 

2,15

 

 

La richesse minérale des déjections de lapins est évidente; elle dépasse très largement celle des animaux de plus grande taille. A cet égard, seules les fientes de volailles jouissent d'une concentration égale ou supérieure.

 

On remarquera que les excréments du lapin ont un caractère très basique (pH H2O : 8,5), qui s'explique surtout par leur richesse relative en CaO.

 

A priori, cette caractéristique doit favoriser la transformation ultérieure des litières en humus.

 

 

LE FUMIER DE LAPIN A-T-IL UNE EFFICACITE COMPARABLE A CELLE DES ENGRAIS ?

 

Les données relatives à la valeur agronomique des déjections de lapin sont rares, notamment sur le plan des équivalences-engrais. Néanmoins, en référence aux travaux de recherche menés pour d'autres productions animales (bovins, caprins, porcins, volailles, ...), on peut estimer que :

 

‑ La valeur du potassium, calcium et magnésium est équivalente à celle des engrais,

 

‑ La valeur du phosphore est proche de celle des engrais,

 

‑ La valeur de l'azote est beaucoup plus réduite. En outre, elle est délicate à cerner; son rythme de minéralisation étant sous l'influence du climat, du type de sol et du mode de stockage avant l'emploi.

 

Utiles pour raisonner la fertilisation des cultures, les données suivantes pourraient servir de valeurs-guides :

 

 

 

Azote

N

Phosphore

P2O5

Potasse

K2O

Magnésium

MgO

Calcium

CaO

Equivalence engrais

 

0,2 à 0,4

 

0,9

 

1

 

1

 

1

 

 

La production annuelle des déjections animales étant estimée à 20 fois le poids vif, représente 70 à 80 kg pour un lapin de race moyenne (190 à 220 g/jour).

 

 

 

Ainsi, en considérant la valeur agronomique rapportée à la matière sèche,

un lapin de quatre kilogrammes produit chaque année l'équivalent de

20 kg d'engrais 1-5-3+13 (N-P-K+Mg).

 

 

 

LE FUMIER DE LAPIN RISQUE-T-IL DE BRULER LES CULTURES ?

 

On dit de certains fumiers qu'ils brûlent les plantes. Ce phénomène, lié à une libération excessive d'ammoniac, dépend plus de la forme d'azote excrétée par les animaux que de la richesse azotée des déjections. Selon les espèces, les urines contiennent des composés ammoniacaux, de l'urée ou de l'acide urique. C'est ce dernier, présent chez les poissons, les reptiles et les oiseaux, qui est responsable des brûlures (au sein des fientes de volailles, l'acide urique est décelable par les taches blanchâtres). A contrario, les mammifères excrètent principalement de l'urée qui ne se révèle dangereuse pour les plantes qu'à forte dose...

 

 

FAUT‑IL TRAITER LES LITIERES AVEC DES PHOSPHATES ?

 

Cette pratique, héritée des méthodes de gestion des ruminants en stabulation, est vivement recommandée. A l'origine, elle est un moyen de pallier la pauvreté relative des fumiers en phosphore; cet élément étant retenu pour la constitution du squelette, du fœtus ou du lait. Le lapin semble en faire une moindre consommation puisque la concentration en phosphore de ses déjections est 4 à 6 fois supérieure a celle des bovins...

 

 

Pourtant, l'application de phosphates reste souhaitable :

 

‑ parce qu'il réduit les pertes en azote volatil (ammoniac),

 

‑ parce qu'il désodorise les fumiers,

 

‑ parce qu'il élimine des bactéries pathogènes responsables des maladies (action bactériostatique(1) ou bactéricide(2)),

 

‑ parce qu'il prépare la fermentation et l'humification ultérieure dans les composts ou dans les sols.

 

 

Dans la pratique, on utilise des engrais phosphatés en évitant les produits à base de chaux (CaO), parce qu'ils favorisent un dégagement d'azote ammoniacal particulièrement irritant pour les animaux. Ainsi, les Scories Thomas (12 % P2O5 et 50 % CaO) sont proscrites.

 

Dans certains engrais, le calcium est présent à l'état de phosphate monocalcique(3) et de sulfate de calcium (CaSO4), qui n'offrent pas les mêmes désagréments. A ce titre, le choix doit s'orienter vers les Superphosphates, avec une préférence pour la forme Enrichie ou Concentrée (25 à 36 % de P2O5 et 21 à 37 % CaSO4). Le Superphosphate Simple ou Normal, parfois conseillé, apporte davantage de calcium (16 à 24 % P2O5 et 38 à 50 % CaSO4).

 

La dose hebdomadaire recommandée pour une mère lapine varie de 70 à 120 grammes, suivant la richesse en phosphore de l'engrais retenu. Elle peut être modulée en fonction du taux d'occupation du clapier, de l'âge et du poids des animaux.... L'épandage sur la litière peut s'effectuer en deux passages (par exemple, 2 saupoudrages avec 50 grammes de Superphosphate Enrichi).

 

 

(1) ‑ se dit d'un produit qui stoppe le développement des bactéries sans les tuer.

 

(2) ‑ se dit d'un produit qui tue les bactéries.

 

(3) ‑ la forme hydratée s'écrit : Ca(H2PO4)2, H2O

 

 

LE FUMIER DE LAPIN CONTIENT-IL DES OLIGO-ELEMENTS ?

 

Plus de 90 % des métaux présents dans l'alimentation n'étant pas assimilés par les animaux, se retrouvent dans leurs déjections. L'usage systématique des compléments minéraux et des spécialités vétérinaires explique que les plus fortes concentrations d'oligo-éléments (zinc, cuivre, fer, manganèse, bore, molybdène, ... ) se rencontrent dans les systèmes intensifs d'élevage hors-sol. Parce que ce type d'amendement figure parmi les mieux pourvus en oligo-éléments, l'épandage régulier de fumier ou de lisier de lapin suffit largement à couvrir les besoins des cultures. Mieux encore, sa richesse relative en fer peut participer à la réduction des carences induites (chlorose ferrique du rosier, par exemple).

 

Ci-dessous, la composition de quelques lisiers (en gramme par tonne de matière brute) :

 

 

 

CUIVRE

(CU)

MANGANESE

(Mn)

ZINC

(Zn)

FER

(Fe)

VACHES LAITIERES

2

16

11

68

PORC A L’ENGRAIS

25

58

60

262

PORCELETS

65

58

144

276

POULES PONDEUSES

26

119

94

400

LAPINS

17

84

123

520

 

 

LE FUMIER DE LAPIN DOIT-IL ETRE PREPARE AVANT SON EPANDAGE ?

 

Sauf à le réaliser en sol sableux, avec un labour ou un bêchage dressé et sur des cultures tolérantes à la présence de matière organique fraîche, l'épandage direct de fumier frais n'est pas recommandé :

 

‑ Lorsqu'il est enfoui profondément dans une terre fine et / ou humide, il évolue très lentement en conditions anaérobies. Ce défaut d'oxygénation produit des substances toxiques pour les micro-organismes du sol et les racines des plantes.

 

‑ Quand il est riche en litière (paille, sciure), les micro-organismes appelés à le décomposer prélèvent l'azote du sol au détriment des plantes; celles-ci sont victimes d'un accident grave appelé - "faim d'azote" - pouvant aller jusqu'à la mort.

 

‑ Un séjour prolongé en tas, après un épandage d'automne, est également déconseillé parce qu'il entraîne des pertes massives d'éléments fertilisants (volatilisation de l'azote).

 

La meilleure technique reste sans doute la répartition régulière du fumier sur le terrain, suivie d'une incorporation superficielle. Elle est appelée "compostage(4) au sol".

 

Pour autant, elle ne s'impose pas comme unique méthode, qui peut être avantageusement remplacée par un "compostage en tas" :

 

‑ Dans ce procédé, la qualité du produit final dépend de la bonne proportion d'air et d'eau. A cet égard, la formation de "beurre noir" est caractéristique d'une mauvaise aération, tandis que l'apparition de "blanc" (mycélium de champignons) est le reflet d'un manque d'eau. De tels symptômes exigent respectivement un retournement du tas ou un bon arrosage(5). Dans la pratique, la hauteur du tas ne devrait pas excéder 1,50 m avec une humidité comprise entre 50 et 70 %(6).

 

 

COMMENT PEUT-ON CALCULER LES DOSES A APPLIQUER ?

 

Employée comme une matière fertilisante, la charge d'amendement dépend non seulement du rendement escompté de la culture et de la nature du sol, mais aussi des aléas climatiques... par essence, impossibles à quantifier.

 

En fonction de la composition moyenne du fumier de lapin et de son équivalence engrais en N-P-K, il est possible d'évaluer l'apport nécessaire pour couvrir les exportations végétales(7). Le recours au compost est recommandé, compte tenu de ses caractéristiques physiques (densité, fluidité, homogénéité) qui en facilitent l'application et de sa moindre agressivité vis-à-vis des cultures.

 

Dans la pratique, la dose initiale est calculée pour couvrir au moins l'un des besoins azoté, potassique ou phosphaté, dans la limite d'une masse annuelle exempte de toute nuisance environnementale(8) (60 à 80 t/ha soit 6 à 8 kg/m2), Le complément éventuel étant assuré par l'application d'engrais minéraux simples.

 

Bien entendu, il appartient à chacun d'adapter cette valeur-guide en fonction de ses propres observations, expérimentations ou données pédoclimatiques locales.

 

 

(4) Le compostage est une biodégradation contrôlée. Elle s'effectue normalement sur une période de 3 à 4 mois sous l'action d'une succession de micro-organismes diversifiés (bactéries, champignons). On distingue quatre étapes caractéristiques : montée en température (30 à 40 °C), phase chaude (60 à 70 °C), refroidissement, maturation (20 °C). L'apparition d'un produit très humifié et doté d'une odeur caractéristique ("terreau" de forêt) signe l'achèvement du processus de compostage.

 

(5) L'apport d'eau doit cesser dès qu'un écoulement se manifeste à la base du tas.

 

(6) L'humidité peut s'apprécier en pressant un échantillon dans la main. Celui-ci peut être trop humide (filet de liquide), trop sec (pas d'écoulement) ou convenable (quelques gouttes).

 

(7) Elles désignent les quantités d'éléments minéraux prélevés par les cultures pour satisfaire leurs besoins (rendement). La fertilisation ayant pour objectif de maintenir la capacité nutritive du sol, suppose de compenser non seulement les exportations végétales, mais aussi les pertes par lessivage, fixation, ...

 

 

COMMENT PEUT-ON RAISONNER LA FERTILISATION DES CULTURES AVEC DU FUMIER DE LAPIN ?

 

En se basant sur la composition minérale du fumier de lapin et de ses coefficients d’équivalence-engrais (cf. 2ème partie), il devient possible de mettre en œuvre une fertilisation organique des cultures, sous réserve qu’elle soit complémentée par des engrais minéraux (cf. 3ème partie).

 

Ci-dessous, une proposition de fertilisation organique et minérale pour quelques cultures conduites sur un sol à l’entretien (les apports organiques étant calculés pour satisfaire intégralement les besoins en phosphore) :

 

 

 

EXPORTATIONS VEGETALES ESTIMEES

DOSE

DE LISIER

OU DE FUMIER

PRECAUTIONS D’EMPLOI

COMPLEMENT

PAR VOIE D’ENGRAIS

POTAGER

(toutes cultures)

120 N

90 P

200 K

7,5 t/ha

(lisier pur)

23 t/ha

(fumier pailleux)

 

 

Aucunes

160 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 320 kg/ha

Nitrate de potasse

LEGUMES FEUILLES

(chicorée, scarole, laitue,

choux, poireau,...)

120 à 180 N

60 à 80 P

140 à 240 K

5 à 7 t/ha

(lisier pur)

15 à 21 t/ha

(fumier pailleux)

Pas d’apport

récent

(2 mois minimum

avant culture)

300 à 450 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 200 à 380 kg/ha

Sulfate de potasse

LEGUMES RACINES

(betterave, carotte,

pomme de terre,...)

70 à 110 N

90 à 135 P

220 à 270 K

7 à 11 t/ha

(lisier pur)

21 à 33 t/ha

(fumier pailleux)

Jamais d’apport

avant

l’implantation

des cultures

 

350 à 450 kg/ha

Nitrate de potasse

LEGUMES FRUITS

(courgette, tomate,

melon, aubergine,

concombre,...)

125 à 190 N

100 à 140 P

160 à 280 K

8 à 12 t/ha

(lisier pur)

24 à 36 t/ha

(fumier pailleux)

Apport possible

avant

le semis ou

la plantation

300 à 450 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 200 à 380 kg/ha

Sulfate de potasse

FRUITIERS à pépins

(pommier, poirier,...)

80 à 120 N

60 à 90 P

90 à 100 K

5 à 8 t/ha

(lisier pur)

15 à 24 t/ha

(fumier pailleux)

Apport

en plein

ou localisé

sur la ligne

150 à 240 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 100 kg/ha

Nitrate de potasse

FRUITIERS à noyaux

(abricotier, pêcher,

cerisier, prunier,...)

100 à 160 N

70 à 100 P

120 à 140 K

6 à 9 t/ha

(lisier pur)

18 à 27 t/ha

(fumier pailleux)

Apport

en plein

ou localisé

sur la ligne

180 à 300 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 160 kg/ha

Nitrate de potasse

PETITS FRUITS

(groseillier, cassis,

framboisier,...)

50 à 70 N

110 à 150 P

180 à 220 K

9 à 12,5 t/ha

(lisier pur)

27 à 38 t/ha

(fumier pailleux)

Eviter les excès

(sensibilisation au

froid, aux maladies,

à la coulure,...)

150 à 200 kg/ha

Nitrate de potasse

+ 70 à 100 kg/ha

Sulfate de potasse

VIGNE

40 à 60 N

20 à 25 P

50 à 70 K

1,6 à 2 t/ha

(lisier pur)

4,8 à 6 t/ha

(fumier pailleux)

Jamais d’apport

de fumier frais

(risque d’excès

d’azote)

75 à 120 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 80 à 120 kg/ha

Nitrate de potasse

ARBUSTES

D’ORNEMENT

50 à 70 N

15 à 25 P

40 à 60 K

1,5 à 2 t/ha

(lisier pur)

4,5 à 6 t/ha

(fumier pailleux)

15 à 20 t/ha (lisier pur)

ou 45 à 60 t/ha

(fumier pailleux)

avant plantation

140 à 190 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 60 à 90 kg/ha

Sulfate de potasse

ROSIERS

70 à 80 N

20 à 30 P

90 à 110 K

1,7 à 2,5 t/ha

(lisier pur)

5 à 7,5 t/ha

(fumier pailleux)

17 à 25 t/ha (lisier pur)

ou 50 à 75 t/ha

(fumier pailleux)

avant plantation

130 à 140 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 170 à 200 kg/ha

Nitrate de potasse

FLEURS

(estivales, vivaces)

50 à 70 N

80 à 100 P

130 à 160 K

6,5 à 8,3 t/ha

(lisier pur)

20 à 25 t/ha

(fumier pailleux)

Jamais d’apport

avant une

plantation

de bulbes

85 à 130 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 160 à 190 kg/ha

Sulfate de potasse

FLEURS

(annuelles et bisannuelles)

90 à 110 N

130 à 150 P

200 à 250 K

10,7 à 12,4 t/ha

(lisier pur)

32 à 37 t/ha

(fumier pailleux)

Jamais d’apport

avant une

plantation

de bulbes

160 à 210 kg/ha

Ammonitrate 33%

+ 240 à 320 kg/ha

Sulfate de potasse

 

 

Pour obtenir une dose en g/m2, il faut diviser, par 10, la dose exprimée en kg/ha ( exemple : 360 kg/ha = 36 g/m2).

 

Pour obtenir une dose en g/m2,  il faut multiplier, par 100, la dose exprimée en t/ha ( exemple : 8 t/ha = 800 g/m2 ).

 

 

Attention, les apports d’engrais doivent être obligatoirement fractionnés ( 2 à 3 applications ).

 

 

CONCLUSION (PROVISOIRE ?)

 

            Dans l’agriculture traditionnelle, l’apport de matière organique a longtemps constitué le seul moyen de conserver et d’améliorer la fertilité des sols. A partir des années 1950, l’utilisation croissante des engrais minéraux lui fait perdre son caractère indispensable, aidé en cela par la spécialisation des systèmes de production(9). D’ailleurs, force est de reconnaître que toutes les expérimentations sur le rendement des cultures, menées depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, ont montré la nette supériorité de la fertilisation minérale sur la fumure organique. Pourtant, avec une complémentation en NPK, cette dernière a toujours rivalisé avec les meilleurs engrais minéraux...

 

            Aujourd’hui, l’agriculture subit une nouvelle mutation qui n’est pas loin de ressembler à une tourmente. L’explosion des rendements(10) ne suffit plus à masquer la dégradation des sols, la pollution des nappes phréatiques, la médiocre qualité gustative de certains aliments,...

 

            Des solutions alternatives se font jour où sont abordées des notions de gestion du patrimoine, de respect de l’environnement, de fertilisation raisonnée, de rendement optimum...

 

            Dans ce paysage, le cuniculteur doit se sentir bienheureux, lui qui peut disposer des ‘’nobles’’ excréments de ses animaux. Ayant appris à les valoriser, il sait en user avec sagesse ; conscient qu’une fumure organique à l’excès est aussi dangereuse qu’un épandage irraisonné d’engrais ‘’chimique’’, puisque, nul ne l’ignore, c’est la dose qui fait le poison...

 

 

(9) Avec la disparition de la polyculture, le céréalier parvient difficilement à entretenir le stock d’humus de ses parcelles, alors même que l’éleveur ne trouve plus de débouché pour ses déjections animales.

 

(10) Nettement inférieur à 10 q/ha jusqu’en 1900, le rendement moyen du blé en France était de 16 q/ha en 1950. Depuis lors, il n’a cessé d’augmenter, passant de 33,8 q/ha en 1973 à 48,5 q/ha en 1980, pour atteindre 66 q/ha en 1993. A l’aube du nouveau millénaire, les meilleures parcelles produisent régulièrement plus de 100 q/ha...

 

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

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(8) En effet, on aurait tort de penser que le fait de substituer une fertilisation minérale par une fertilisation organique suffit à écarter les risques de pollution. La protection des nappes phréatiques et des eaux superficielles exige, dans tous les cas, le respect d'une dose optimum (capacité d'assimilation et de transformation par le milieu biologique).